POLÉMIQUE - Henri Proglio, l'administrateur de Véolia, chercherait à assurer ses arrières en cas d'arrivée de la gauche au pouvoir en mai...
Le chef de l'Etat a-t-il oeuvré pour imposer Jean-Louis Borloo à la tête de Véolia? L'hypothèse d'une éviction du PDG de Veolia Environnement, Antoine Frérot, au profit de l'ex-ministre, au terme d'une manoeuvre opérée avec l'aval de Nicolas Sarkozy, a déclenché ce lundi une vive polémique et enfoncé en Bourse le titre du groupe.
En pleine campagne présidentielle, toute l'opposition - gauche, centre et FN réunis - est montée au créneau pour fustiger «confusion d'intérêts»et «petits arrangements entre amis du Fouquet's», des accusations balayées comme «absurdes» par le président de la République.
«Il y a peut-être eu une erreur de casting» avec Frérot
Selon plusieurs médias, le patron d'EDF Henri Proglio, ancien PDG de Veolia resté administrateur, veut «la tête d'Antoine Frérot» et s'est entendu «en début de semaine dernière» sur son remplacement par Jean-Louis Borloo, ancien ministre de l'Ecologie et ex-numéro deux du gouvernement.
Henri Proglio aurait déjà commencé la tournée des autres administrateurs de Veolia. De source proche du conseil, sept d'entre eux soutiennent son projet, sept sont contre et trois encore indécis, que cherche à convaincre Alain Minc, autre proche de Nicolas Sarkozy. Au sein du groupe, «le moral est au plus bas», a déclaré à l'AFP un administrateur ayant requis l'anonymat, estimant qu'«il y a peut être eu une erreur de casting» avec le choix de Antoine Frérot et «des erreurs» dans sa gestion.
Officiellement, tout le monde reste muet. Ni Veolia Environnement, ni EDF, ni l'entourage de Jean-Louis Borloo n'ont fait de commentaires.
«J'ai déjà vu Borloo dans les locaux de Veolia il y a quelques mois»
Le nom de Jean-Louis Borloo n'est pas seul à circuler. Ceux du patron de la Caisse des dépôts, Augustin de Romanet, qui «n'a été ni contacté ni ne s'est porté candidat» selon son porte-parole, de Jacques Veyrat (ex-Louis Dreyfus) et de Daniel Bouton (ex-Société Générale) sont également cités.
Mais l'ancien ministre de l’Écologie et ex-numéro deux du gouvernement Fillon tient la corde. «J'ai déjà vu Borloo dans les locaux de Veolia il y a quelques mois», a indiqué à l'AFP un salarié du groupe sous couvert d'anonymat..
Putsch managérial
D'après Le Parisien, Henri Proglio chercherait à assurer ses arrières en cas d'arrivée de la gauche au pouvoir en mai. A la Bourse de Paris, l'action Veolia, qui a perdu plus de 60% de sa valeur depuis un an, chutait de plus de 4% en début d'après-midi. «Le marché sanctionne le fait que des administrateurs remettent en cause le PDG, donc le plan stratégique présenté en décembre dernier», a résumé un analyste sous couvert d'anonymat.
La nouvelle stratégie de Veolia est au cœur du débat. A l'origine dauphin de Henri Proglio, Antoine Frérot a pris depuis l'été 2011 le contrepied de son ancien patron, en recentrant le groupe pour le désendetter. Un putsch managérial chez Veolia poserait «des questions concernant la gouvernance et les interactions complexes entre la politique et les intérêts privés en France», résume un autre analyste.
Le prochain conseil d'administration de Veolia se tient le 29 février, à la veille de la présentation des résultats 2011 qui, selon Challenges, pourraient se solder par une perte de 200 millions d'euros.
Source :AFP
Statistiques: Posté de dreamer — lun 20 fév 12, 16:05 — Réponses 3 — Vus 8