[align=center]60 ans après Hiroshima, les nouvelles thèses des historiens
BOMBE A. Fallait-il anéantir Hiroshima et Nagasaki pour terminer la guerre?
Le Temps
Samedi 6 août 2005
Soixante ans après l'explosion de deux bombes atomiques sur les villes d'Hiroshima (6 août) et de Nagasaki (9 août), les dernières recherches des historiens réécrivent l'histoire des vainqueurs et des vaincus. La thèse traditionnelle veut que le président Truman, une fois en possession de la bombe nucléaire, n'ait pas eu d'autre option que de l'utiliser pour mettre fin à la guerre avec le Japon. Et éviter des millions de morts, côté soldats américains et civils japonais.
Pour Peter Kuznick, un historien de l'American University à Washington, les attaques contre Hiroshima et Nagasaki sont «des crimes contre l'humanité». Selon cet expert, l'administration Truman voulait en finir avant que l'Union soviétique ne puisse participer à une invasion du Japon, qui aurait créé un casse-tête géopolitique dans l'Asie d'après-guerre. Dans un ouvrage intitulé, La course avec l'ennemi, Tsuyoshi Hasegawa, professeur d'histoire à l'Université de Santa Barbara en Californie, explique aussi que l'entrée de l'Union soviétique dans la guerre du Pacifique, et non le bombardement d'Hiroshima et de Nagasaki, a été le facteur décisif dans la capitulation du Japon.
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