Comment l'esclavage devint une institution
Une main-d'oeuvre profitable
Jusqu'au début du XVIIIe siècle, les planteurs du Nouveau Monde emploient aussi bien des Européens (les «Bas rouges», engagés sous contrat pour plusieurs années) que des Africains. Les uns et les autres sont soumis aux mêmes règlements. Mais les engagés blancs ne supportent pas le climat et d'année en d'année, leur nombre régresse rapidement cependant que celui des Africains ne cesse de croître.
Lorsqu'à la fin du XVIIe siècle, les esclaves deviennent plus nombreux que les colons blancs, ces derniers commencent à élaborer des statuts juridiques contraignants en vue de se préserver des révoltes et... du mélange des races !
Interprétant la Bible de façon très abusive, les planteurs anglais voient dans les Africains les descendants de la race maudite de Cham (*). Ils justifient de la sorte un statut d'esclave en complète contradiction avec les idées politiques qui s'épanouissent alors en Europe.
Les planteurs des colonies anglaises qui deviendront plus tard les États-Unis se montrent au demeurant soucieux de bien traiter leurs esclaves. L'historien Pap Ndiaye écrit à leur propos : «Les maîtres appelaient leurs esclaves my people et nombre d'entre eux se considéraient comme des patriarches bienveillants, attentifs au bien-être et à la bonne conduite de leurs esclaves» (*). Mais le sentiment de leur supériorité en vient à instiller chez les Anglo-Saxons et les Français des Amériques un racisme viscéral à l'égard des Noirs.
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