Petits poèmes érotiques.

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Petits poèmes érotiques.

Message par andré » mar. 25 juil. 06, 19:33

[align=center]François De MALHERBE (1555-1628)[/align]



Sa langue était superbe, vigoureuse luxuriante. Sa poésie, malgré la hardiesse des mots qu'il choisit avec soin, est dépourvue de trivialité tant ses vers sont ciselés avec élégance. MALHERBE qui était capable de faire rimer des sonnets aussi licencieux que ceux de Mathurin De RÉGNIER, était un homme prévoyant. Il garda prudemment ses manuscrits cachés sous une pile de draps. Courageux, mais point téméraire, le poète : pension du Roi oblige !



[align=center]SONNET


Là ! Là ! pour le dessert, troussez moy ceste cotte,
Visten chemise et tout, qu'il n'y demeure rien
Qui ne puisse empescher de recognoistre bien
Du plus haut du nombril jusqu'au bas de la motte.

Là, sans vous renfroigner, venez que je vous frotte,
Et me laissez à part tout ce grave maintien :
Suis-je pas votre coeur ? Estes-vous pas le mien ?
C'est bien avecque moi qu'il faut faire la sotte !

- Mon coeur, il est bien vray, mais vous en faites trop :
Remettez-vous au pas et quittez ce galop.
- Ma belle, baisez-moi, c'est à vous de vous taire.

- Ma foi, cela vous gaste au milieu du repas...
- Belle, vous dites vray, mais se pourroit-il faire
De voir un si beau con, et ne le foutre pas ?

Sitôt que le sommeil, au matin, m'a quitté,
Le premier souvenir est du con de Nérée,
De qui la motte ferme et la barbe dorée
Esgale ma fortune à l'immortalité.

François de MALHERBE
[/align]
Modifié en dernier par andré le jeu. 19 oct. 06, 17:42, modifié 2 fois.
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Message par Opaline » mar. 25 juil. 06, 19:57

André a écrit :Sa langue était superbe, vigoureuse luxuriante.
Tout un programme ! :loveyes: :shame: !siffle! :mdr:

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Message par andré » mer. 02 août 06, 17:52

[align=center]Robbé De BEAUVESET (1714-1794)[/align]

Ce poète du XVIIIème siècle à un remarquable sens de la chute. Son goût prononcé, très tôt, pour la poésie érotique, le fit désigner, à l'é"poque, comme le "chantre du mal immonde" LOUIS XV à qui il avait eu le culot de s'attaquer, veut le faire arrêter. Mais l'imprudent Robbé, l'apprenant, substitue des vers apologiques aux vers incriminés par le roi. Si bien que ce dernier se fait rouler dans la farine, et verse (ce qui est un comble !) une pension coquette à Robbé, à condition qu'il brûle tous ses vers "orduriers". Ce qui fut fait sur le champ... Mais ce qu'ignorait LOUIS XV, c'est que le poète les connaissait par coeur... (Vous voyez ce que je veux dire). Spécialiste de l'épigramme, je vous en livre un plus que savoureux.

[align=center]ÉPIGRAMME

Un Directeur, suppôt des plus zélés,
Pour les autels des deux enfants ailés,
D'un vieux mari, à la gente soubrette,
Voulut planter l'antiphysique aigrette.
"La belle enfant, ça, dit-il, tourne-toi
Que pour varier je m'escrime en levrette.
Y gagneras un bon pouce de roi.
- Je le veux bien, dit la belle Angélique,
Mais n'allez pas à Vénus faire un vol
Et vous trompant par erreur jésuitique,
Ne prenez pas Saint Pierre pour Saint Paul.
- Ah, double impie ! à l'instant repart l'autre,
Dis-moi, prends-tu ton cul pour un apôtre ?
_____________________

LES PROMESSES D'UN VISAGE
de Charles BAUDELAIRE
Vers 1865.


J'aime, ô pâle beauté, tes sourcils surbaissés,
D'où semblent couler des ténèbres ;
Tes yeux, quoique très noirs, m'inspirent des pensers
Qui ne sont pas du tout funèbres.

Tes yeux, qui sont d'accord avec tes noirs cheveux,
Avec ta crinière élastique,
Tes yeux, languissamment, me disent : "Si tu eux,
Amant de la muse plastique.

"Suivre l'espoir qu'en toi nous avons excité,
Et tous les goûts que tu professes,
Tu pourras constater notre véracité
Depuis le nombril jusqu'aux fesses.

"Tu trouveras, au bout de deux seins bien lourds,
Deux larges médailles de bronze,
Et sous un ventre uni, doux comme du velours,
Bistré comme la peau d'un bonze,

"Une riche tison qui, vraiment, est la soeur
De cette énorme chevelure,
Souple et frisée, et qui t'égale en épaisseur,
Nuit sans étoiles, nuit obscure !".
______________________


* Orthographe rajeunie en français moderne par ANDRÉ
[/align]
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Message par andré » mar. 17 oct. 06, 17:55

LE BIEN VIENT EN DORMANT.

Sonnet de Jean-Baptiste Joseph WILLART de GRÉCOURT
(1683-1743) (Extrait de "Oeuvres 1746)


Pour éviter l'ardeur du plus grand jour d'été,
Chimène sur un lit dormait à demi-nue.
Dans un état si beau qu'elle eût même tenté
L'humeur la plus pudique et la plus retenue.

Sa jupe permettait de voir en liberté
Ce petit lieu charmant qu'elle cache à la vue,
Le centre de l'amour et de la volupté,
La cause du beau feu qui m'enflamme et me tue.

Mille objets ravissants, en cette occasion,
Bannissant mon respect et ma discrétion,
Me firent embrasser cette belle dormeuse.

Alors elle s'éveille à cet effort charmant,
Et s'écrie aussitôt : Ah ! que je suis heureuse !
Les biens, comme l'on dit, me viennent en dormant !
______________________

Voici deux poèmes érotiques de Guillaume APOLLINAIRE, incontestable "magicien" des mots qui chantent les parfums des fleurs ou ceux des aisselles de la femme, ou encore qui subliment la pointe rose des petits seins de Lou. " Le jupon" est extrait de ses petits morceaux poétiques, colorés d'érotisme, de vrais petits bijoux sensuels débordants de passion qu'il écrivit par centaines. Il les expédia du front, durant la guerre 14-18 à Louise de Coligny-Châtillon, qu'il appelait tendrement son "petit Lou"

LE JUPON

de Guillaume APOLLINAIRE

Bonjours Germaine Vous avez un beau jupon
Un beau jupon de reine et de reine cruelle
Que j'en tâte la soie une soie du Japon
Qu'orne un large volant d'ancienne dentelle.

Cette cloche de soie où le double battant
De vos jambes tinta le glas de mes caprices
J'en sonne ma Germaine le sein haletant
Et les mains appuyées sur vos hanches complices

Votre chambre ma cloche est un charmant clocher
Où mes mains sur la soie déchirent mes oreilles
Les partères gibet des jupons accrochés
Balancent des pendus soyeux qui m'émerveillent

Immobile comme un hibou la lampe veille
_____________________

LOU MA ROSE

Lou tu es ma rose
Ton derrière merveilleux n'est-ce pas la plus belle rose
Tes seins tes seins chéris ne sont-ce pas des roses
Et les roses ne sont-ce pas de jolis p'tits Lous
Qu' l'on fouette comme la brise
Fustige les fesses des roses dans le jardin
Abandonné
Lou ma rose ou plutôt mes roses
Tu m'as envoyé des feuilles de rose
Ô petite déesse
Tu crées les roses
Et tu fais les feuilles de roses
Roses
Petites femmes à poil qui se baladent
Gentiment
Elles se balancent en robe de satin
Sur des escarpolettes
Elles chantent le plus beau parfum le plus fort le plus doux
Lou ma rose ô ma perfection je t'aime
Et c'est avec joie que je risque de me piquer
En faveur de ta beauté
Je t'aime je t'adore je mordille tes feuilles roses

Rose reine des fleurs Lou reine des femmes
Je te porte au bout des doigts ô Lou ô rose
Au bout des doigts en te faisant menotte
Jusqu'à ce que tu t'évanouisses
Comme s'évanouit le parfum
Des roses
Je t'embrasse ô Lou je t'adore.

Il signait : "GUI".
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Message par Raoul Volfoni » mar. 17 oct. 06, 19:14

André j'apprécie tes poèmes qui sont les créations de grands poètes masculins. Mais puisque l'on est dans la parité, pourquoi pas des poèmes de Louise Labbé dit la belle cordière comme je vis je meurs.

Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
J'ai chaud extrême en endurant froidure :
La vie m'est et trop molle et trop dure.
J'ai grands ennuis entremêlés de joie.

Tout à un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j'endure ;
Mon bien s'en va, et à jamais il dure ;
Tout en un coup je sèche et je verdoie.

Ainsi Amour inconstamment me mène ;
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être au haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.
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Je ne dis jamais de mensonges, sauf quand je lis la presse à voix haute. (Jean Yanne)

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Message par andré » mar. 17 oct. 06, 21:17

D'abord, je tiens à te remercier, vivement, Raoul VOLFONI, pour avoir posté ce magnifique et tendre poème de Louise Labbé. Je partage tout à fait ton avis en ce qui concerne la parité, qu'il s'agisse du domaine poétique qui nous intéresse, que dans la vie de notre société. J'ai d'ailleurs, depuis quelques temps déjà, dans un autre forum, initié plusieurs topics, l'un consacré aux "meilleurs poèmes des femmes poètes", l'autre étant une sorte de dictionnaire des femmes poètes du monde entier. Un énorme travail de recherche sur lequel je planche depuis plus d'un an.

Bien entendu qu'il y aura, ici-même, des poèmes légers où figureront des femmes poètes telles que Mme de LAUVERGNE, Michèle BENOIT, Marie Antoinette de HELLE, ou encore Mme de VILLEDIEU, pour ne citer que les principales qui se sont exercées dans la gamme du lyrisme érotique, jusqu'à la hantise charnelle la plus éperdue. Et ce, dans des compositions parfois très anciennes et "inédites". Je vous prépare quelques beaux petits couplets dans un panorama aussi divers que pittoresque.

Un topic à suivre donc, mais sur lequel je n'ai pas l'exclusivité, et où tout poème érotique sera le bienvenu, en évitant, bien entendu de tomber dans le vulgaire ou le grossier, cela s'entend.

Excellente fin de soirée RAOUL

CARPE DIEM

Chaleureuse amitié poétique.

ANDRÉ
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Message par andré » jeu. 19 oct. 06, 10:55

Louise LABÉ (1526-1565)


"La Belle Cordière" avait le feu au tambour, comme on dit. Mariée depuis 10 ans à un cordier très riche, elle n'avait pas attendu d'être veuve pour se glisser entre les bras d'Olivier de Magny qui était tombé raide dingue de la mignonne. Dans une "Ode à sire Aymon", Olivier se paye d'ailleurs carrément la tirelire du cocu, ce qui peut laisser rêveur sur la réputation et les moeurs de la coquine. L'oeuvre poétique de l'amoureuse Lyonnaise comprend "Le Débat de Folie et d'Amour" (1555) : Un dialogue en prose, vingt-quatre sonnets et trois élégies. (Elle savait de quoi elle parlait !).

Ses poésies exsudent la sensualité et la passion incandescente qui l'habitent. Son oeuvre tout entière est d'ailleurs consacrée à l'amour charnel, principalement dans les sonnets, qui demeurent les plus sublimes de notre langue.


SONNET

O beaux yeux bruns, ô regars destournez,
O chaus soupirs, ô larmes espandues,
O noires nuits vainement atendues,
O jours luisans vainement retournez :

O tristes pleins, ô désirs obstinez,
O tems perdu, ô peines déspendues,
O mile morts en mile rets tendues,
O pires maus contre moy destinez.

O ris, ô front, cheveus, bras, mains et doigts :
O lut pleintif, viole, archet et voix :
Tant de flambeaux pour ardre une femelle !

De toy me plein, que tant de feus portant,
En tant d'endrois d'ieus mon coeur tatant,
N'en est sur toy volé quelque étincelle.

____________________________________


POUR LA VEUVE ET SA FILLE.

(Mis en français moderne par André)

Je cherche dans Paris un enfant de famille
Qui n'ait point le renom de vivre en débauché,
Pour décharger mes bras d'une assez belle fille,
Que je crains, comme moi, sujette à un péché ;

L'on tient l'Extravagant pour être un bon parti,
Ma fille, allons donc voir si la mine en est bonne,
Ou seulement s'il montre avoir un bon outil,
Car je parle pour vous comme pour ma personne.

ANONYME. (1631)
______________________________


MEUNIÈRE

Le vent lève son cotillon,
Et la farine la parfume ;
Elle montre ses mollets ronds,
Sa nuque grasse et ses tétons,
Et les yeux des ruliers s'allument.
"Meunier !... Meunier !... Tu est cocu !..."
Car le soir, ni vu ni connu,
Tandis que ton moulin tourne au vent de galerne,
Dans ses draps rudes, frais lavés,
Sur son corps caressé par les valets de ferme,
Je goûte la saveur douce et tiède du blé.

Louis Charles ROYER (1928)
____________________
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Message par Opaline » jeu. 19 oct. 06, 11:53

Merci André !extra! :kiss:

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Message par tamagar » jeu. 19 oct. 06, 12:10

je reste avec l'élégance de "Le bien vient en dormant".

André, je suis toujours contente et surprise de savoir combien tu travailles comme poète ! bravo à toi !
L'amitié est un cadeau qu'on se fait à soi-même.

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Message par andré » jeu. 19 oct. 06, 12:13

5 VOTES à 12H.
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Message par andré » mar. 07 nov. 06, 10:55

ÉPIGRAMME
de François de MAYNARD
Vers 1620

C'est bien pour me rompre la tête
Que de me prêcher tous les jours
La vertu de l'amour honnête,
Dont Platon a fait un discours.

Pour moi de qui le vit lubrique
Toujours raide comme un bâton,
Ne demande rien que pratique,
Je foutrais et vous et Platon.



LES BELLES JAMBES
d'Alexis PIRON
Vers 1730


Colin poussé d'amour folâtre,
Regardait à son aise, un jour,
Les jambes plus blanches qu'albâtre
De Rose, objet de son amour.
Tantôt il s'adresse à la gauche ;
Tantôt la droite le débauche.
Je ne sais plus, dit-il laquelle regarder ;
Une égale beauté fait un combat entr'elles.
Ah ! lui dit Rose, ami, sans plus tarder,
Mettez-vous entre deux pour finir leurs querelles.
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Message par zadig » mar. 07 nov. 06, 11:59

Ceste fillette ( Jean Molinet..+ 1507 )

Ceste fillette à qui le tétin poinct,
Qui est tant gente et a les yeulx si vers,
Ne lui soyez ne rude ne pervers,
Mais la traictez doulcement et à poinct.
Despouillez vous et chemise et pourpoinct
Et la gectez sur ung lict à l'envers,
Ceste fillette.

Après cela si vous estes en poinct,
Accolez la de long et de travers,
Et si elle a les deux genoulx ouvers,
Donnez dedans et ne l'espargnez poinct,
Ceste fillette.
" Rèverie !...O cigare invisible du sage ..."

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Message par zadig » mar. 07 nov. 06, 12:58

Un jour Robin... ( Clément Marot )

Un jour Robin vint Margot empoigner,
En lui monstrant l'outil de son ouvraige,
Et sur le champ la voulut besogner;
Mais Margot dit : " Vous me feriez oultraige,
Il est trop gros et long à l'advantaige "
- Bien, dit Robin,tout en vostre fendasse
Ne le mettray " ; et soudain il l'embrasse,
Et la moytié seulement y transporte.
" Ah! dit Margot, en faisant la grimace,
Mettez y tout ; aussi bien je suis morte."


Du même :

De Robin et de Catin...

Un jour d'yver, Robin tout esperdu
Vint à Catin présenter sa requeste,
Pour desgeler son chose morfondu
Qui ne pouvoit quasi lever la teste;
Incontinent, Catin fut toute preste.
Robin aussi prend courage et s'accroche.
On se remue, on se joue, on se hoche,
Puis quand ce vint au naturel debvoir:
" Ah! dit Catin, le grand desgel approche !"
- Voyre dit il, car il s'en va pleuvoir !"
" Rèverie !...O cigare invisible du sage ..."

V.Hugo

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Message par andré » mer. 08 nov. 06, 9:37

Bernard de la MONNOYE (1641-1728)

Philologue français et poète érudit, Bernard de la Monnoye fut élu à l’unanimité à l’Académie française. Pourtant, le ton de ses poésies la plupart gaillardes, mais qui étaient très prisées à la fin du XVIIème siècle, revêt nettement, déjà, la couleur libertine de celui qui s’annonce. On y apprend, entre autres, que la hardiesse des « nanas » au bal n’avait rien à envier à dcelle des filles d’aujourd’hui !
CHOU POUR CHOU

Lise en un bal, s’étant démis la hanche,
Macé le jeune, aussitôt fut mandé.
Bon r’habilleur. Lise était drue et blanche,
Macé dispos, gaillard et peu vidé.
Il vit l’endroit, l’objet meut la puissance,
D’où l’on peut bien juger en conséquence,
Que travaillant sur un si beau sujet,
Pas ne manqua d’être ému par l’objet.
Or, quand la hanche en état fut remise,
Le gars voulut prendre congé de Lise.
« Que vous faut-il, lui dit-elle, Macé ?
- Rien, chou pour chou, répond le bon apôtre.
Je vous ai, Lise, un membre redressé
Vous avez su m’en redresser un autre. »
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Message par andré » mar. 14 nov. 06, 12:07

RUE JOUBERT

Maurice DEKOBRA, 1928.

Viens avec moi, petit, viens goûter aux névroses
Qu'on achète cent francs chez Monsieur Casimir.
Allons lui demander si la brunette en rose,
Si Mignon est en mains, ou s'apprête à mourir.

Le patron sans écaille, aux gros yeux blancs d'alose,
Entr'ouvrira pour toi le peignoir bleu saphir
De la Belle aux yeux las, qui sait trouver des choses,
Des choses dont on garde un amer souvenir.

Tu monteras, ingambe, et vibrant d'allégresse,
palpé dans le couloir par l'énorme négresse,
Qui jauge le désir à l'ampleur de la main.

Et sur le lit, Mignon, que la corvée irrite,
Posant sa nuque hostile au bord du traversin,
Te dira simplement : "Tiens, mon chéri, fais vite."

(In - Luxures. 1929)
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