Petits poèmes érotiques.

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andré
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Message par andré » mer. 15 nov. 06, 19:10

DEMI-VIERGE

Maurice DEKOBRA

Jeune fille élevée au Couvent des Oiseaux,
Viens chez moi me montrer ton audace timide,
Ton vice qui s'observe et tes actes que guide
La crainte de froisser le pli de ton manteau.

On peut, en écartant avec un geste lent
La chaste jarretelle au seuil de la chemise,
Livrer la fleur cachée à la tendre expertise
D'un amateur qui sait tous les rites galants.

À quoi bon exiger le saut du Rubicon ?
Pourquoi prendre la rose au devant du balcon,
Quand l'autre, plus petite, à sa corolle ouverte ?

Cache donc simplement ton minois dans tes mains,
Tandis que ton séant s'offre à ma tige experte
Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain.
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Message par Lorelei » mer. 15 nov. 06, 20:54

waow André, c'est chaud ! !extra!
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Opaline
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Message par Opaline » mer. 15 nov. 06, 21:00

Certainement en référence au livre de Marcel Prévost : Les demi-vierges

La préface est ici :

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Message par andré » jeu. 16 nov. 06, 8:59

Ces poèmes sont extraits du recueil poétique de Maurice DEBROKA (1885 - 1973) intitulé "Strophes libertines du Chevalier Naja, publié chez Priape, en 1921. Je ne pourrais dire s'il s'agit d'un clin d'oeil au livre de Marcel Prevost (1862-1941) ou d'un pur hasard. Vu les dates de naissance des deux auteurs, c'est fort possible. Je n'ai pas lu DEBROKA en prose, je possède seulement son livre de poèmes cité ci-dessus. RENÉE-JEANNE MIGNARD m'a dit qu'elle ne conservait pas un souvenir impérissable de ses oeuvres écrites en prose. Actuellement, je recherche son autre recueil Luxures qui est ouvrage poétique. Je vais vous soumettre, aujourd'hui, un autre de ses petits poèmes libertins, assez chaud, comme dit LORELEI, mais dans une rime excellente et dans une langue riche où l'érotisme n'est jamais grossier, et dont Robert DESNOS disait : "L'érotisme est une science individuelle", sans constituer un défi à la morale et aux usages. Car nous avons bien affaire, ici, à de la véritable poésie, et point n'est besoin d'invoquer le grand exemple de RABELAIS, pour saisir que la gaudriole, la gauloiserie et toutes ses formes de comique sexuel en général, vont souvent infiniment plus loin que leur signification immédiate. Quand ces poèmes sont écrits par de vrais poètes, le ton léger et hardi n'est qu'un simple prétexte, car il s'agit alors d'exprimer sur un mode tantôt badin et tantôt provocant ce que d'autres avaient exprimé sous une forme plus solennelle ou plus grave, voire, parfois, plus académique.

BISOUS À VOUS DEUX DU MARSEILLAIS

ANDRÉ
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Message par Opaline » jeu. 16 nov. 06, 9:25

Ce que j'ai pu lire de Maurice Debroka ce ne sont que des romans à l'eau de rose, bien éloignés du livre de Marcel Prévost

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Message par andré » jeu. 16 nov. 06, 9:57

Opaline a écrit :Ce que j'ai pu lire de Maurice Debroka ce ne sont que des romans à l'eau de rose, bien éloignés du livre de Marcel Prévost
Maurice PREVOST, je connaîs, et ta remarque qui va dans le sens de RENÉE-JEANNE, me confirment que je n'ai pas perdu grand chose à ne pas avoir lu du DEBROKA. Il doit y avoir le jour et la nuit...
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Message par tamagar » jeu. 16 nov. 06, 11:15

attention à l'addiction !!!! :mdr: :mdr:
bien employé, Opaline ?
:mrgreen:
L'amitié est un cadeau qu'on se fait à soi-même.

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Message par Opaline » jeu. 16 nov. 06, 11:20

Emploi de bon aloi chère Tamagar ;-)

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Message par andré » ven. 17 nov. 06, 18:43

Etienne JODELLE

TOUCHE DE MAIN MIGNONNE

Touche de main mignonne, fretillarde,
Sur l'Instrument le plus doux en amour,
Qui peut chasser la plaintive clamour,
Sous un accord de plaisance gaillarde,

Et, au tenter d'une ruse pillarde,
Pince et blandit mainte corde à l'entour,
En l'animant d'agile brusque tour,
Par la vertu de sa voix babillarde.

Assez, assez, pour jouir à plaisir
Et commencer me tente le desir:
Tiens la mesure, ou sur mon Luth fredonne

Les doux accords des accordants débats;
Ce temps pendant, du pouvoir que me donne
Le long repos, je fournirai le bas.
_____________________

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Message par andré » sam. 18 nov. 06, 12:17

Né en 1638 , fils d’un tailleur d’habits, Claude Le Petit fut élevé au Collège des Jésuites de Clermont à Paris et fit des études de droit. Dans sa jeunesse, il voyagea à travers l’Europe pendant plusieurs années dans le but, d’après les Mémoires de Jean Rou, de fuir la police. Claude Le Petit aurait poignardé et tué, après querelle, un frérot Augustin.

De retour à Paris, il vécut de sa plume lorsqu’en août 1662, la police saisit chez les imprimeurs Eustache et Pierre Rebuffé des feuillets jugés licencieux pour l'époque.

Découverts par la police, les feuillets du jeune poète Claude Le Petit furent brûlés. Néanmoins, un manuscrit confié par Le Petit à un hypothétique baron germanique, M. de Schildebeck, ou des copies de pièces sauvées des flammes, permirent en 1663 une édition du Bordel des Muses à Leyden. L’unique exemplaire de cette édition détenu par la Bibliothèque Nationale a disparu au XIXe siècle. Cependant, grâce aux copies levées par deux bibliophiles, Edouard Tricotel, huissier et Alfred Bégis, syndic de Faillite, Frédéric Lachèvre édita en 1918 Les Œuvres libertines de Claude Le Petit.

En quelques jours, Claude Le Petit fut condamné au bûcher place de Grève pour l’exemple car il attaquait la religion et surtout il ironisait sur les relations de la reine douairière avec Mazarin. Son ami, le poète François Colletet (1628-1680) écrivit dans ses Mémoires :

- « Ce jourd’hui premier jour de septembre fust bruslé en place de Grève, à Paris, après avoir eu le poing coupé, fait amende honorable devant Nostre-Dame de Paris esté étranglé Claude Petit, advocat en Parlement, auteur de L’Heure du Berger, et de L’Escole de l’Interest pour avoir fait un livre intitulé : Le Bordel des Muses, escrit l’Apologie de Chausson, le Moyne renié et autres compositions de vers et de prose pleine d’impiétés et de blasphèmes, contre l’honneur de Dieu, de la Vierge et de l’Estat. Il estoit âgé de 23 ans et fut fort regretté des honnestes gens à cause de son bel esprit qu’il eust peu employer à des choses plus dignes de lecture. »

Dans les sonnet suivants, et notamment dans celui intitulé "Aux Précieuses" contenu dans son Bordel des Muses, sans citer nommément des Dames, Claude Le Petit interpelle les Précieuses Ridicules. Celles-ci sont mises en scène en 1659 par Molière qui dénonce davantage leurs ridicules excès que la préciosité, née vers 1610 à l’Hôtel de Rambouillet, en réaction aux manières négligées de la Cour d’Henri IV. La recherche de l’élégance des comportements et du langage est pervertie par la mode de l’affectation, du galimatias et des mignardises cités par le Grand Dictionnaire des Précieuses ou la Clef de la langue des Ruelles (1660) de Somaize. Dans ce sonnet « Aux Précieuses », l’allusion aux femmes à femmes se trouve dans le dernier vers où le livre de Charles Petit pourrait donner aux femmes, les plus froides ou les plus intellectuelles, autant de plaisir qu’un « godemichi », instrument que la tradition prête aux dépravées et aux lesbiennes.


Claude LE PETIT (1638-1664)

SONNET

Courtisans de Priape et du Père Bacchus,
Vigoureux officiers de nocturnes patrouilles,
Vénérables fouteurs d’inépuisable couilles,
Experts dépuceleurs, artisans de cocus.

Et vous garces à chienne, croupions invaincus,
Quoi de nos braquemarts vous faites des quenouilles,
Dame du Putanisme, agréables gargouilles,
Vous, lâches empaleurs et chaussonneurs de crus.

Venez tous au bordel de ces Muses lubriques :
L’esprit qui prend plaisir au discours satyriques
Déchargera sans doute, entendant ces accords.

Ce livre fleurira sans redouter les flammes.
On souffle icy des lieux pour le plaisir des corps,
On en souffrira bien pour le plaisir des âmes.

(In : "Bordel des Muses ou les 9 pucelles putains")

_________________________

AUX PRÉCIEUSES

SONNET

Courtisanes d’honneur, putains spirituelles,
De qui tous les péchés sont des péchés d’esprit,
Qui n’avez du plaisir qu’en couchant par escrit,
Et qui n’aimez les lits qu’à causes des ruelles ;

Vous chez qui la nature à des fleurs éternelles,
Précieuses du temps, mes chères sœurs en Christ,
Puisque l’occasion si justement vous rit,
Venez dans ce bordel vous divertir, mes belles.

Si l’esprit a son vit aussi bien que le corps,
Vostre âme y sentira des traits et des transports
A faire descharger la femme la plus froide ;

Et si le corps enfin est par l’amour fléchi,
Ce livre en long roulé, bien égal et bien roide,
Vaudra bien un godemichi.

(In : "Bordel des Muses ou les 9 pucelles putains")


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Message par Opaline » sam. 18 nov. 06, 12:28

Polissons comme je les aime :loveyes: :grin:

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Message par andré » sam. 18 nov. 06, 20:45

Mais nous les aimons tous, ma chère OPALINE. Il n'y a qu'à voir le nombre de visiteurs qui viennent se rincer l'oeil sur ce topic !

:mdr: :mdr: :mdr:
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Message par Lorelei » sam. 18 nov. 06, 20:53

Seulement les membres André, le café Voltaire et ton forum ne sont pas lisibles par les invités :grin:
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Message par andré » dim. 19 nov. 06, 12:18

Quand je parlais des "visiteurs" je sous-entendais "nos membres" bien entendu. Mais comme ce topic est assez récent : 155 lectures cela montre que nos fidèles adhérents, bien qu'ils n'en postent pas eux mêmes, ne semblent pas hostiles au sujet. Il faut dire que nous évitons d'y faire figurer le vulgaire, et que les auteurs sélectionnés sont, pour la plupart, de grands noms de la poésie, et que, même à leur époque, ce genre était fort apprécié quand la plume y décrit ses "petites légèretés" avec tant d'élégance. ;-)

Excellent dimanche LORELEI.

ANDRÉ
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Message par andré » lun. 20 nov. 06, 17:12

[align=center]

Chevalier de PARNY (1753-1814)


LE CABINET DE TOILETTE.


Voici le cabinet charmant
où les grâces font leur toilette.
Dans cette amoureuse retraite
j' éprouve un doux saisissement.
Tout m' y rappelle ma maîtresse,
tout m' y parle de ses attraits,
je crois l' entendre, et mon ivresse
la revoit dans tous les objets.
Ce bouquet, dont l' éclat s' efface,
toucha l' albâtre de son sein ;
il se dérangea sous ma main,
et mes lèvres prirent sa place.
Ce chapeau, ces rubans, ces fleurs,
qui formoient hier sa parure,
de sa flottante chevelure
conservent les douces odeurs.
Voici l' inutile baleine
où ses charmes sont en prison.
J' aperçois le soulier mignon
que son pied remplira sans peine.
Ce lin, ce dernier vêtement...
il a couvert tout ce que j' aime ;
ma bouche s' y colle ardemment,
et croit baiser dans ce moment
les attraits qu' il baisa lui-même.
Cet asile mystérieux
de Vénus sans doute est l' empire.
Le jour n' y blesse point mes yeux ;
plus tendrement mon cœur soupire ;
l' air et les parfums qu' on respire
de l' amour allument les feux.
Parois, ô maîtresse adorée !
J' entends sonner l' heure sacrée
qui nous ramène les plaisirs ;
du temps viens connaître l' usage,
et redoubler tous les désirs
qu' a fait naître ta seule image.


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