Petits poèmes érotiques.

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Re: Petits poèmes érotiques.

Message par andré » jeu. 12 mars 09, 7:04

Philippe DESPORTES

Je ne refuse point qu'en si belle jeunesse
De mille et mille amants vous soyez la maîtresse,
Que vous n'aimiez partout, et que, sans perdre temps,
Des plus douces faveurs ne les rendiez contents :
La beauté florissante est trop soudain séchée
Pour s'en ôter l'usage, et la tenir cachée.
Mais je crève de rage et supporte au-dedans
Des glaçons trop serrés et des feux trop ardents,
Quand en dépit de moi vous faites que je sache
Le mal qui n'est point mal lorsque bien on le cache.

M'est-ce pas grand regret quand, sans le rechercher,
Fuyant pour n'en rien voir, on me le fait toucher ?
On me le dit par force, et ce qui plus me tue,
On le crie en la cour, au palais, en la rue !
J'en entends le succès dès qu'il est advenu.
Si vous faites un pas, votre coche est connu,
Vos pages, vos laquais, et ces lieux ordinaires
Qui vous servent de temple aux amoureux mystères.

Pour n'en connaître rien, fussé-je aveugle et sourd !
Ou bien las ! que plutôt le commun bruit qui court
Ne vient-il à moi seul, sans que la renommée
L'éventant çà et là vous rende diffamée ?
Si seul je le savais que je serais content !
Le mal qu'on dit de vous ne m'irait dépitant,
Et lisant de mes yeux votre faute notoire
Pour me réconforter je n'en voudrais rien croire...

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Message par andré » ven. 13 mars 09, 9:55

Charles D'Espinay (1531-1591)

SONNET

Heureux ce soir où je tâtais la cuisse,
Et l'embonpoint de toi douce Maîtresse,
Pour la faveur et friande caresse
Qui se rendit à mon vouloir propice.

Penseriez-vous qu'on du appeler vice
Tous ces moyens que l'Amour nous adresse,
Quand de chercher le loyer il nous presse
Qu'a mérité un fidèle service ?

Vous souvient-il par une douce feinte
Que me disiez avoir été contrainte
Laisser couler un peu ma main ardente,

Montrant à l'heure un espoir que j'avais
De retarder encore quelques fois
Si douce peau, dont ma main se contente ?

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Message par andré » dim. 15 mars 09, 19:30

Théophile GAUTIER

À UNE ROBE ROSE

Que tu me plais dans cette robe
Qui te déshabille si bien,
Faisant jaillir ta gorge en globe,
Montrant tout nu ton bras païen !
Frêle comme une aile d'abeille,
Frais comme un cœur de rose-thé,
Son tissu, caresse vermeille,
Voltige autour de ta beauté.
De l'épiderme sur la soie
Glissent des frissons argentés,
Et l'étoffe à la chair renvoie
Ses éclairs roses reflétés.
D'où te vient cette robe étrange
Qui semble faite de ta chair,
Trame vivante qui mélange
Avec ta peau son rose clair ?
Est-ce à la rougeur de l'aurore,
A la coquille de Vénus,
Au bouton de sein près d'éclore,
Que sont pris ces tons inconnus ?

Ou bien l'étoffe est-elle teinte
Dans les roses de ta pudeur ?
Non ; vingt fois modelée et peinte,
Ta forme connaît sa splendeur.
Jetant le voile qui te pèse,
Réalité que l'art rêva,
Comme la princesse Borghèse
Tu poserais pour Canova.
Et ces plis roses sont les lèvres
De mes désirs inapaisés,
Mettant au corps dont tu les sèvres
Une tunique de baisers.

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Message par andré » lun. 16 mars 09, 11:05

Théophile GAUTIER

FÊTE DE NUIT

A Paulwski tout est prestige:
Jardin, musique; mais le soir
Le rhume à son aise y voltige,
Prenant son aile pour mouchoir.

La fraîcheur tombant de la nue
Met une perle à tous les nez;
Gluck tousse, Mozart éternue
Dans les cuivres enchefrenés.

La chandelle humide et flasque
Débande sous l'archet mouillé,
Et la peau du tambour de basque
Plisse comme un vieux cul mouillé.

Au banc où siègent les coquettes
Si quelque désir vous guidait,
Poussez hardiment vos conquêtes:
Chaque banquette est un bidet.
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Message par andré » mar. 17 mars 09, 11:41

Théodore Hannon

TON CORPS D’ÉPHÈBE

Ton corps d’éphèbe, ô femme vraie,
Affole tous mes sens troublés
Avec ses allures d’ivraie
Que le vent ploie au cœur des blés.

J’aime son ostéologie
Où s’insèrent des nerfs d’acier
Et des muscles dont l’énergie
Ferait envie au carnassier !

Alléchante minceur du buste
Qui semble celui d’un enfant…
Or, comme un jonc preste et robuste
Il se redresse triomphant,

Il se cambre en ses clavicules
Et sa poitrine a pour fleurons
Deux seins aiguisés, - minuscules
Comme la pointe des citrons !

Vers toi montent, ô ma garçonne,
Tous mes rêves mauvais sujets
Car ta prunelle désarçonne
Les plus orthodoxes projets.

S’il fallait, ma folle, ma sage,
Qu’un nouvel Adam se perdît,
Le vieux serpent dans ton corsage
Cueillerait le fruit interdit !

Du grand vice la flamme éclaire
Des longs yeux indisciplinés
Et les sept péchés, pour me plaire,
En toi se sont enracinés.

Chez les Grecs ta forme inédite
Eut tenté maint fier pétrisseur,
Corps païen que l’Hermaphrodite
Choisirait pour frère – ou pour sœur !

Fi de la graisse lourde et veule
Aux sédiments envahisseurs !
Fi de la graisse ! la bégueule
Etouffe les contours osseurs.

Elle émousserait tous les angles,
Honneur de ton corps tant fêté,
Maigreurs dans lesquelles tu sangles
Pittoresquement ta beauté.

Le flot débordant et rebelle
Nivellerait des creux bien chers
Aux baisers dont la ribambelle
Vient papillonner sur tes chairs.

Enfin, sur ta virile hanche,
Ta poitrine au sceau virginal
Et ta gorge, idéale planche,
Iraient s’enfler du sein banal.

Reste maigre, ô ma maigrelette !
Conserve à mon culte d’ancien
Cette élégance de squelette
Où chaque sexe a mis du sien.

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Message par andré » mer. 18 mars 09, 11:36

Edmond HARAUCOURT

LA JEUNE

J'ai rêvé d'une vierge impécable, aux yeux froids,
Qui d'un bond, émergeant des moiteurs de sa couche,
Vient accrocher le poids de son corps à ma bouche
Et pointe sur mon coeur le roc de ses seins droits.

Longtemps, pieuse et chaste, elle a porté la croix
De l'orgueil vertueux que nul désir ne touche ;
Mais voilà que le rut s'est éveillé, farouche,
Et la chair en révolte a réclamé ses droits...

Elle plaque à ma peau la peau d'un ventre ferme,
Et furieusement crispée, elle m'enferme
Dans l'effort ingénu de sa lubricité.

Ses canines d'enfant mordent ma chair de mâle...
A moi, toute ! Et la fleur de sa nubilité,
Pourpre, s'épanouit sous l'onde baptismale.

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Message par andré » jeu. 19 mars 09, 8:29

Philippe DESPORTES

VILLANELLE

Rosette, pour un peu d'absence
Votre cœur vous avez changé ;
Et moi, sachant cette inconstance,
Le mien autre part j'ai rangé.
Jamais plus beauté si légère
Sur moi tant de pouvoir n'aura.
Nous verrons, volage bergère,
Qui premier s'en repentira.

Tandis qu'en pleurs je me consume,
Maudissant cet éloignement,
Vous, qui n'aimez que par coutume,
Caressiez un nouvel amant
Jamais légère girouette
Au vent sitôt ne se vira
Nous verrons, bergère Rosette,
Qui premier s'en repentira.

Où sont tant de promesses saintes,
Tant de pleurs versés en partant ?
Est-il vrai que ces tristes plaintes
Sortissent d'un cœur inconstant ?
Dieux, que vous êtes mensongère,
Maudit soit qui plus vous croira
Nous verrons, volage bergère,
Qui premier s'en repentira.

Celui qui a gagné ma place
Ne peut vous aimer tant que moi,
Et celle que j'aime vous passe
De beauté, d'amour et de foi.
Gardez bien votre amitié neuve ;
La mienne plus ne variera :
Et puis nous verrons à l'épreuve
Qui premier s'en repentira.

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Message par andré » ven. 20 mars 09, 9:52

Marc Papillon de LASPHRISE


Quand viendra l'heureux jour que je sacrifierai
Mon corps sur votre autel que saint DESIR dédie,
Que j'épendrai mon sang en mémoire infinie
D'avoir par une erreur si longtemps soupiré ?


Quand viendra l'heureux jour que je vous offrirai
Un bénit cierge ardent avec cérémonie,
Etant à deux genoux près de vous accomplie,
Afin d'avoir pitié de mon coeur martyrisé ?


Hé ! quand serai-je orné dans votre sacré temple,
Servant vos déités que dévot je contemple ?
Quand accepterez-vous ma chère oblation*,


Pour fidèle témoin de mes peines souffertes ?
Mais quand en recevant mes divines offertes
Aurai-je de vos mains la bénédiction ?


* offrande à Dieu

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Message par andré » sam. 21 mars 09, 10:34

Augusta Holmès (1847-1903)

SÉRÉNADE PRINTANIÈRE

Hier comme aujourd'hui, ce soir comme demain,
Je t'adore !
Quand je vois ton regard, quand je frôle ta main,
C'est l'aurore !
Qui donc nous avait dit que le monde est méchant,
Que l'on souffre,
Que la vie est un pont qui tremble, se penchant
Sur un gouffre ?
Où donc sont les ennuis, les erreurs, les dangers,
Les désastres ?
Avril gazouille et rit dans les tendres vergers
Fleuris d'astres !
Le sombre hiver a fui ; le radieux printemps
Nous délivre.
Viens mêler à mes pleurs tes baisers haletants ;
Je veux vivre !
Nos coeurs sont confondus, nos âmes pour toujours
Sont unies ;
Nous avons épelé le livre des amours
Infinies !
Et je ne vois plus rien que l'éclair de tes yeux
Pleins de fièvres...
Viens ! je veux soupirer les suprêmes aveux
Sur tes lèvres !...

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Message par andré » dim. 22 mars 09, 9:57

VictorHUGO

SARA LA BAIGNEUSE

Sara, belle d'indolence,
Se balance
Dans un hamac, au-dessus
Du bassin d'une fontaine
Toute pleine
D'eau puisée à l'Ilyssus;

Et la frêle escarpolette
Se reflète
Dans le transparent miroir,
Avec la baigneuse blanche
Qui se penche,
Qui se penche pour se voir.

Chaque fois que la nacelle,
Qui chancelle,
Passe à fleur d'eau dans son vol,
On voit sur l'eau qui s'agite
Sortir vite
Son beau pied et son beau col.

Elle bat d'un pied timide
L'onde humide
Où tremble un mouvant tableau,
Fait rougir son pied d'albâtre,
Et, folâtre,
Rit de la fraîcheur de l'eau.

Reste ici caché : demeure !
Dans une heure,
D'un œil ardent tu verras
Sortir du bain l'ingénue,
Toute nue,
Croisant ses mains sur ses bras.

Car c'est un astre qui brille
Qu'une fille
Qui sort d'un bain au flot clair,
Cherche s'il ne vient personne,
Et frissonne,
Toute mouillée au grand air.

Elle est là, sous la feuillée,
Éveillée
Au moindre bruit de malheur;
Et rouge, pour une mouche
Qui la touche,
Comme une grenade en fleur.

On voit tout ce que dérobe
Voile ou robe;
Dans ses yeux d'azur en feu,
Son regard que rien ne voile
Est l'étoile
Qui brille au fond d'un ciel bleu.

L'eau sur son corps qu'elle essuie
Roule en pluie,
Comme sur un peuplier;
Comme si, gouttes à gouttes,
Tombaient toutes
Les perles de son collier.

Mais Sara la nonchalante
Est bien lente
A finir ses doux ébats;
Toujours elle se balance
En silence,
Et va murmurant tout bas

« Oh ! si j'étais capitane,
Ou sultane,
Je prendrais des bains ambrés,
Dans un bain de marbre jaune,
Près d'un trône,
Entre deux griffons dorés !

« J 'aurais le hamac de soie
Qui se ploie
Sous le corps prêt à pâmer;
J'aurais la molle ottomane
Dont émane un parfum qui fait aimer.

« Je pourrais folâtrer nue,
Sous la nue,
Dans le ruisseau du jardin,
Sans craindre de voir dans l'ombre
Du bois sombre
Deux yeux s'allumer soudain.

« Il faudrait risquer sa tête
Inquiète,
Et tout braver pour me voir,
Le sabre nu de l'heiduque,
Et l'eunuque
Aux dents blanches, au front noir !

« Puis, je pourrais, sans qu'on presse
Ma paresse,
Laisser avec mes habits
Traîner sur les larges dalles
Mes sandales
De drap brodé de rubis. »

Ainsi se parle en princesse,
Et sans cesse
Se balance avec amour,
La jeune fille rieuse,
Oublieuse
Des promptes ailes du jour.

L'eau, du pied de la baigneuse
Peu soigneuse,
Rejaillit sur le gazon,
Sur sa chemise plissée,
Balancée
Aux branches d'un vert buisson.

Et cependant des campagnes
Ses compagnes
Prennent toutes le chemin.
Voici leur troupe frivole
Qui s'envole
En se tenant par la main.

Chacune, en chantant comme elle,
Passe, et mêle
Ce reproche à sa chanson :
Oh ! la paresseuse fille
Qui s'habille
Si tard un jour de moisson !

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Message par andré » lun. 23 mars 09, 7:25

Guillaume de LORIS

LE ROMAN DE LA ROSE

Elle était blanche comme un lys,
Le teint, le front clairs et polis,
La chair tendre comme rosée
Et simple comme une épousée:
Taille grêle, ensemble charmant,
Sans fard et sans déguisement,
Car elle n'avait, je vous jure,
Besoin d'atours ni de parure.
Ses blonds cheveux étaient si longs
Qu'ils venaient battre ses talons,
Bien faits son nez, ses yeux, sa bouche.
Moult grand' douceur au coeur me touche
(M'assiste Dieu!) quand je revois
Tous ses charmes comme autrefois!
N'était si belle femme au monde!
Bref, elle était jeunette et blonde,
Au regard doux, sade et plaisant,
Au corps rondelet, svelte et gent.

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Re: Petits poèmes érotiques.

Message par andré » mar. 24 mars 09, 11:02

Guillaume De CABESTAN

Le jour que je vous vis, Dame, pour la première fois,
Quand il vous plut de me laisser vous voir,
Tout mon coeur quitta autres pensées,
Et fut ferme en vous tout mon vouloir :
Ainsi vous m'avez mis, Dame, au coeur le désir
Avec un doux sourire et un simple regard ;
Moi-même et tout ce qui existe me fîtes oublier.

Car la grande beauté et la conversation avenante
Et le dit courtois et l'amoureux plaisir
Que vous me sûtes faire dérobèrent si bien le sens
Que depuis lors, Dame, je ne puis l'avoir ;
A vous l'octroie, à qui mon fidèle coeur crie merci
Pour exalter votre prix et l'honorer ;
A vous je me rends, que mieux on ne peut aimer.

Car je vous aime, Dame, si fidèlement
Qu'une autre aimer, Amour ne me donne pouvoir,
Mais il me permet ue je courtise une autre gentiment,
Par qui je crois de moi la cruelle douleur écarter ;
Puis quand je pense à vous qui me donnez la joie,
Tout autre amour j'oublie et abandonne,
Avec vous je reste, qui m'êtes au coeur plus chère.

Et qu'il vous souvienne, s'il vous plait, de la bonne promesse
Que vous me fîtes lors de la séparation,
Dont j'ai le coeur jusqu'ici gai et joyeux
Pour la bonne attente que me mandez de garder :
J'en ai grande joie quoique le mal s'aggrave,
Et j'en urai, quand il vous plaira, encore,
Bonne Dame, car je vis dans l'espoir.

Et nulle souffrance ne me donne épouvante,
Pourvu que je croie dans ma vie en avoir
De vous, Dame, quelque récompense ;
Mais les souffrances me font joie et plaisir
Pour cela seulement que, je le sais, Amour assure,
Que fidèle amant doit à grands torts pardonner
Et subir gentiment les souffrances pour gagner.

Ah ! si elle venait, Dame, l’heure où je voie
Que par pitié me veuilliez tant honorer
Que seulement ami me daigniez appeler.

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Message par andré » mer. 25 mars 09, 11:56

Jean LORRAIN

KYTHERÉ

Droite et foulant aux pieds des croupes de dauphins,
Kytheré, fille amère en trahisons féconde,
Secoue en perles d'or et de sang sur le monde
Sa toison d'astre en feu qu'elle étreint à deux mains ;

Et de sa nuque fauve à ses aisselles blondes
Ses cheveux roux, tordus entre ses doigts divins,
Couleut en ruisseaux d'or sur ses hanches profondes,
Allumant des clartés aux pointes de ses seins.

Debout dans la splendeur de ses cheveux d'aurore,
La fille amère rit et son rire sonore
De rut et de folie embrase l'univers ;

Et tandis qu'elle rit, montrant ses dents de nacre,
Des soudaines rougeurs de meurtre et de massacre
Montent, comme une flamme, au fond de ses yeux verts.

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Re: Petits poèmes érotiques.

Message par andré » jeu. 26 mars 09, 10:58

François De LOUVENCOURT

O sein plus blanc que ne sont ces oiseaux
Qui vont chantant sur les bords de Méandre,
Beau sein pour qui je trouve que Léandre
Eu bien cent fois retraversé les eaux.

Oeil plus flammeux que ces astres jumeaux
Qu'on voit leurs rais si clairement étendre ;
Bel oeil, vrai nid où mille Amours nouveaux
Tous les matins vont leur naissance prendre.

Et vous tétons fermement arrondis :
Si je n'avais les doigts tant engourdis,
Si je pouvais chanter ainsi qu'Homère,

Sein, tu serais un pur étang de lait,
Oeil un soleil, et toi, mont jumelet,
Un vrai Parnasse au mignon de Cythère.

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Message par andré » ven. 27 mars 09, 19:34

André CHENIER

L'AMOUR ET LE BERGER

Loin des bords trop fleuris de Gnide et de Paphos,
Effrayé d'un bonheur ennemi du repos,
J'allais, nouveau pasteur, aux champs de Syracuse
Invoquer dans mes vers la nymphe d'Aréthuse,
Lorsque Vénus, du haut des célestes lambris,
Sans armes, sans carquois, vint m'amener son fils.
Tous deux ils souriaient : " Tiens, berger, me dit-elle,
Je te laisse mon fils, sois son guide fidèle ;
Des champêtres douceurs instruis ses jeunes ans ;
Montre-lui la sagesse, elle habite les champs. "
Elle fuit. Moi, crédule à cette voix perfide,
J'appelle près de moi l'enfant doux et timide.
Je lui dis nos plaisirs et la paix des hameaux ;
Un dieu même au Pénée abreuvant des troupeaux ;
Bacchus et les moissons ; quel dieu, sur le Ménale,
Forma de neuf roseaux une flûte inégale.
Mais lui, sans écouter mes rustiques leçons,
M'apprenait à son tour d'amoureuses chansons :
La douceur d'un baiser et l'empire des belles ;
Tout l'Olympe soumis à des beautés mortelles ;
Des flammes de Vénus Pluton même animé ;
Et le plaisir divin d'aimer et d'être aimé.
Que ses chants étaient doux ! je m'y laissai surprendre.
Mon âme ne pouvait se lasser de l'entendre.
Tous mes préceptes vains, bannis de mon esprit,
Pour jamais firent place à tout ce qu'il m'apprit.
Il connaît sa victoire, et sa bouche embaumée
Verse un miel amoureux sur ma bouche pâmée.
Il coula dans mon cœur ; et, de cet heureux jour,
Et ma bouche et mon coeur n'ont respiré qu'amour.

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