Petits poèmes érotiques.

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Re: Petits poèmes érotiques.

Message par andré » sam. 21 mars 09, 10:34

Augusta Holmès (1847-1903)

SÉRÉNADE PRINTANIÈRE

Hier comme aujourd'hui, ce soir comme demain,
Je t'adore !
Quand je vois ton regard, quand je frôle ta main,
C'est l'aurore !
Qui donc nous avait dit que le monde est méchant,
Que l'on souffre,
Que la vie est un pont qui tremble, se penchant
Sur un gouffre ?
Où donc sont les ennuis, les erreurs, les dangers,
Les désastres ?
Avril gazouille et rit dans les tendres vergers
Fleuris d'astres !
Le sombre hiver a fui ; le radieux printemps
Nous délivre.
Viens mêler à mes pleurs tes baisers haletants ;
Je veux vivre !
Nos coeurs sont confondus, nos âmes pour toujours
Sont unies ;
Nous avons épelé le livre des amours
Infinies !
Et je ne vois plus rien que l'éclair de tes yeux
Pleins de fièvres...
Viens ! je veux soupirer les suprêmes aveux
Sur tes lèvres !...

La poésie se nourrit aux sources de la prose et s'embellit au concerto des mots.

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Re: Petits poèmes érotiques.

Message par andré » dim. 22 mars 09, 9:57

VictorHUGO

SARA LA BAIGNEUSE

Sara, belle d'indolence,
Se balance
Dans un hamac, au-dessus
Du bassin d'une fontaine
Toute pleine
D'eau puisée à l'Ilyssus;

Et la frêle escarpolette
Se reflète
Dans le transparent miroir,
Avec la baigneuse blanche
Qui se penche,
Qui se penche pour se voir.

Chaque fois que la nacelle,
Qui chancelle,
Passe à fleur d'eau dans son vol,
On voit sur l'eau qui s'agite
Sortir vite
Son beau pied et son beau col.

Elle bat d'un pied timide
L'onde humide
Où tremble un mouvant tableau,
Fait rougir son pied d'albâtre,
Et, folâtre,
Rit de la fraîcheur de l'eau.

Reste ici caché : demeure !
Dans une heure,
D'un œil ardent tu verras
Sortir du bain l'ingénue,
Toute nue,
Croisant ses mains sur ses bras.

Car c'est un astre qui brille
Qu'une fille
Qui sort d'un bain au flot clair,
Cherche s'il ne vient personne,
Et frissonne,
Toute mouillée au grand air.

Elle est là, sous la feuillée,
Éveillée
Au moindre bruit de malheur;
Et rouge, pour une mouche
Qui la touche,
Comme une grenade en fleur.

On voit tout ce que dérobe
Voile ou robe;
Dans ses yeux d'azur en feu,
Son regard que rien ne voile
Est l'étoile
Qui brille au fond d'un ciel bleu.

L'eau sur son corps qu'elle essuie
Roule en pluie,
Comme sur un peuplier;
Comme si, gouttes à gouttes,
Tombaient toutes
Les perles de son collier.

Mais Sara la nonchalante
Est bien lente
A finir ses doux ébats;
Toujours elle se balance
En silence,
Et va murmurant tout bas

« Oh ! si j'étais capitane,
Ou sultane,
Je prendrais des bains ambrés,
Dans un bain de marbre jaune,
Près d'un trône,
Entre deux griffons dorés !

« J 'aurais le hamac de soie
Qui se ploie
Sous le corps prêt à pâmer;
J'aurais la molle ottomane
Dont émane un parfum qui fait aimer.

« Je pourrais folâtrer nue,
Sous la nue,
Dans le ruisseau du jardin,
Sans craindre de voir dans l'ombre
Du bois sombre
Deux yeux s'allumer soudain.

« Il faudrait risquer sa tête
Inquiète,
Et tout braver pour me voir,
Le sabre nu de l'heiduque,
Et l'eunuque
Aux dents blanches, au front noir !

« Puis, je pourrais, sans qu'on presse
Ma paresse,
Laisser avec mes habits
Traîner sur les larges dalles
Mes sandales
De drap brodé de rubis. »

Ainsi se parle en princesse,
Et sans cesse
Se balance avec amour,
La jeune fille rieuse,
Oublieuse
Des promptes ailes du jour.

L'eau, du pied de la baigneuse
Peu soigneuse,
Rejaillit sur le gazon,
Sur sa chemise plissée,
Balancée
Aux branches d'un vert buisson.

Et cependant des campagnes
Ses compagnes
Prennent toutes le chemin.
Voici leur troupe frivole
Qui s'envole
En se tenant par la main.

Chacune, en chantant comme elle,
Passe, et mêle
Ce reproche à sa chanson :
Oh ! la paresseuse fille
Qui s'habille
Si tard un jour de moisson !

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Message par andré » lun. 23 mars 09, 7:25

Guillaume de LORIS

LE ROMAN DE LA ROSE

Elle était blanche comme un lys,
Le teint, le front clairs et polis,
La chair tendre comme rosée
Et simple comme une épousée:
Taille grêle, ensemble charmant,
Sans fard et sans déguisement,
Car elle n'avait, je vous jure,
Besoin d'atours ni de parure.
Ses blonds cheveux étaient si longs
Qu'ils venaient battre ses talons,
Bien faits son nez, ses yeux, sa bouche.
Moult grand' douceur au coeur me touche
(M'assiste Dieu!) quand je revois
Tous ses charmes comme autrefois!
N'était si belle femme au monde!
Bref, elle était jeunette et blonde,
Au regard doux, sade et plaisant,
Au corps rondelet, svelte et gent.

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Message par andré » mar. 24 mars 09, 11:02

Guillaume De CABESTAN

Le jour que je vous vis, Dame, pour la première fois,
Quand il vous plut de me laisser vous voir,
Tout mon coeur quitta autres pensées,
Et fut ferme en vous tout mon vouloir :
Ainsi vous m'avez mis, Dame, au coeur le désir
Avec un doux sourire et un simple regard ;
Moi-même et tout ce qui existe me fîtes oublier.

Car la grande beauté et la conversation avenante
Et le dit courtois et l'amoureux plaisir
Que vous me sûtes faire dérobèrent si bien le sens
Que depuis lors, Dame, je ne puis l'avoir ;
A vous l'octroie, à qui mon fidèle coeur crie merci
Pour exalter votre prix et l'honorer ;
A vous je me rends, que mieux on ne peut aimer.

Car je vous aime, Dame, si fidèlement
Qu'une autre aimer, Amour ne me donne pouvoir,
Mais il me permet ue je courtise une autre gentiment,
Par qui je crois de moi la cruelle douleur écarter ;
Puis quand je pense à vous qui me donnez la joie,
Tout autre amour j'oublie et abandonne,
Avec vous je reste, qui m'êtes au coeur plus chère.

Et qu'il vous souvienne, s'il vous plait, de la bonne promesse
Que vous me fîtes lors de la séparation,
Dont j'ai le coeur jusqu'ici gai et joyeux
Pour la bonne attente que me mandez de garder :
J'en ai grande joie quoique le mal s'aggrave,
Et j'en urai, quand il vous plaira, encore,
Bonne Dame, car je vis dans l'espoir.

Et nulle souffrance ne me donne épouvante,
Pourvu que je croie dans ma vie en avoir
De vous, Dame, quelque récompense ;
Mais les souffrances me font joie et plaisir
Pour cela seulement que, je le sais, Amour assure,
Que fidèle amant doit à grands torts pardonner
Et subir gentiment les souffrances pour gagner.

Ah ! si elle venait, Dame, l’heure où je voie
Que par pitié me veuilliez tant honorer
Que seulement ami me daigniez appeler.

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Message par andré » mer. 25 mars 09, 11:56

Jean LORRAIN

KYTHERÉ

Droite et foulant aux pieds des croupes de dauphins,
Kytheré, fille amère en trahisons féconde,
Secoue en perles d'or et de sang sur le monde
Sa toison d'astre en feu qu'elle étreint à deux mains ;

Et de sa nuque fauve à ses aisselles blondes
Ses cheveux roux, tordus entre ses doigts divins,
Couleut en ruisseaux d'or sur ses hanches profondes,
Allumant des clartés aux pointes de ses seins.

Debout dans la splendeur de ses cheveux d'aurore,
La fille amère rit et son rire sonore
De rut et de folie embrase l'univers ;

Et tandis qu'elle rit, montrant ses dents de nacre,
Des soudaines rougeurs de meurtre et de massacre
Montent, comme une flamme, au fond de ses yeux verts.

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Message par andré » jeu. 26 mars 09, 10:58

François De LOUVENCOURT

O sein plus blanc que ne sont ces oiseaux
Qui vont chantant sur les bords de Méandre,
Beau sein pour qui je trouve que Léandre
Eu bien cent fois retraversé les eaux.

Oeil plus flammeux que ces astres jumeaux
Qu'on voit leurs rais si clairement étendre ;
Bel oeil, vrai nid où mille Amours nouveaux
Tous les matins vont leur naissance prendre.

Et vous tétons fermement arrondis :
Si je n'avais les doigts tant engourdis,
Si je pouvais chanter ainsi qu'Homère,

Sein, tu serais un pur étang de lait,
Oeil un soleil, et toi, mont jumelet,
Un vrai Parnasse au mignon de Cythère.

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Message par andré » ven. 27 mars 09, 19:34

André CHENIER

L'AMOUR ET LE BERGER

Loin des bords trop fleuris de Gnide et de Paphos,
Effrayé d'un bonheur ennemi du repos,
J'allais, nouveau pasteur, aux champs de Syracuse
Invoquer dans mes vers la nymphe d'Aréthuse,
Lorsque Vénus, du haut des célestes lambris,
Sans armes, sans carquois, vint m'amener son fils.
Tous deux ils souriaient : " Tiens, berger, me dit-elle,
Je te laisse mon fils, sois son guide fidèle ;
Des champêtres douceurs instruis ses jeunes ans ;
Montre-lui la sagesse, elle habite les champs. "
Elle fuit. Moi, crédule à cette voix perfide,
J'appelle près de moi l'enfant doux et timide.
Je lui dis nos plaisirs et la paix des hameaux ;
Un dieu même au Pénée abreuvant des troupeaux ;
Bacchus et les moissons ; quel dieu, sur le Ménale,
Forma de neuf roseaux une flûte inégale.
Mais lui, sans écouter mes rustiques leçons,
M'apprenait à son tour d'amoureuses chansons :
La douceur d'un baiser et l'empire des belles ;
Tout l'Olympe soumis à des beautés mortelles ;
Des flammes de Vénus Pluton même animé ;
Et le plaisir divin d'aimer et d'être aimé.
Que ses chants étaient doux ! je m'y laissai surprendre.
Mon âme ne pouvait se lasser de l'entendre.
Tous mes préceptes vains, bannis de mon esprit,
Pour jamais firent place à tout ce qu'il m'apprit.
Il connaît sa victoire, et sa bouche embaumée
Verse un miel amoureux sur ma bouche pâmée.
Il coula dans mon cœur ; et, de cet heureux jour,
Et ma bouche et mon coeur n'ont respiré qu'amour.

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pascale

Re: Petits poèmes érotiques.

Message par pascale » ven. 27 mars 09, 20:51

Monsieur André, bonsoir et merci pour ces douces et chaudes lectures.

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Message par andré » sam. 28 mars 09, 11:35

pascale a écrit :Monsieur André, bonsoir et merci pour ces douces et chaudes lectures.
Je me suis toujours refusé à l'image de cette poésie rébarbative dans laquelle on a trop tendance à la situer. Mettre l'humour dans la poésie ou un brin de gaillardise permet de se rendre compte qu'elle est une littérature à part entière, et que tous ces "morceaux" qu'on ne nous apprend pas à l'école, bien entendu, grace au Net, peut lui redonner une seconde jeunesse, et, qui sait, peut être à la faire apprécier et aimer aussi davantage.

Un grand merci pour cet encouragement qui m'a beaucoup touché.

Excellent week-end. Et ma plus chaleureuse amitié poétique.

ANDRÉ
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Re: Petits poèmes érotiques.

Message par andré » sam. 28 mars 09, 11:35

MALLEVILLE

LA BELLE MATINEUSE

Le silence régnait sur la terre et sur l'onde ;
L'air devenait serein et l'Olympe vermeil,
Et l'amoureux Zéphyre affranchi du sommeil
Ressuscitait les fleurs d'une haleine féconde.

L'Aurore déployait l'or de sa tresse blonde
Et semait de rubis le chemin du Soleil ;
Enfin ce dieu venait au plus grand appareil
Qu'il soit jamais venu pour éclairer le monde,

Quand la jeune Philis au visage riant,
Sortant de son palais plus clair que l'Orient,
Fit voir une lumière et plus vive et plus belle.

Sacré flambeau du jour, n'en soyez point jaloux !
Vous parûtes alors aussi peu devant elle
Que les feux de la nuit avaient fait devant vous.

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Message par andré » lun. 30 mars 09, 11:05

Antoine De TORCHE (1635-1675)

Depuis cet heureux jour que vous futes ma femme,
Et que l'amour conclut un hymen entre nous,
Je sens je ne sais quoi dans l'âme
Qui me fait soupirer comme un mari jaloux.

Mais, charmante beauté dont mon âme est ravie,
En goûtant les plaisirs d'un commerce innocent,
Qu'il ne vous prenne point envie
De vous plaindre de moi comme d'un impuissant.

Si vous ne recevez qu'une joie imparfaite,
Je sais former des vœux pour vos charmans appas,
Et pour vous rendre satisfaite,
Je voudrais bien avoir ce que vous n'avez pas.

En esprit, en attraits, en mérite, en naissance,
Il est bon avec vous d'avoir tous ces rapports,
Ici le trop de ressemblance
Arrête nos desseins, et nos plus doux transports.

Pour trop vous ressembler, bien souhait je murmure
Ressembler car pour combler de biens notre société,
Il eut fallu que la Nature
Eut mis entre nous deux quelque inégalité.

Privez de doux plaisirs que l'Hymen se propose,
Nous allons endurer un tourment sans égal ;
Et sans une métamorphose,
Ma foi, je ne voy point de remède à ce mal.

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Message par andré » mar. 31 mars 09, 10:08

Jean RICHEPIN

TU DORS… ?

Tu dors ? Ce n'est pas vrai, folle, tu fais semblant
Tu sais bien que ton corps est plus rose et plus blanc
Quand il se laisse aller à cette nonchalance
Dans le hamac de soie où ma main te balance,
Tu sais que la langueur tranquille du sommeil
Te rend la peau plus fraîche et le sang plus vermeil,
Et que tes deux tétins, tandis que tu reposes,
Sont deux bouquets de lis et deux boutons de roses ;
Tu sais que tous ces fruits dont ta chair me régale,
Je ne puis les flairer sans avoir la fringale ;
Car tu sens mon désir dont le regard flamboie
Planer sur ton sommeil comme un oiseau de proie.

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Message par andré » mer. 01 avr. 09, 9:41

Théophile GAUTIER

À BOURGUEREAU

Dans un bosquet plein de mystère
La Baigneuse de Bouguereau,
Posant comme pour un clystère,
Montre son c.. au bord de l’eau.

L’attitude n'est pas vulgaire ;
Elle développe un contour
Commode pour l’apothicaire
Et plus commode pour l’Amour !

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Re: Petits poèmes érotiques.

Message par andré » jeu. 02 avr. 09, 11:25

Jean RICHEPIN

DECLARATION

L'amour que je sens, l'amour qui me cuit,
Ce n'est pas l'amour chaste et platonique,
Sorbet à la neige avec un biscuit ;
C'est l'amour de chair, c'est un plat tonique.

Ce n'est pas l'amour des blondins pâlots
Dont le rêve flotte au ciel des estampes.
C'est l'amour qui rit parmi des sanglots
Et frappe à coups drus l'enclume des tempes.

C'est l'amour brûlant comme un feu grégeois.
C'est l'amour féroce et l'amour solide.
Surtout ce n'est pas l'amour des bourgeois.
Amour de bourgeois, jardin d'invalide.

Ce n'est pas non plus l'amour de roman,
Faux, prétentieux, avec une glose
De si, de pourquoi, de mais, de comment.
C'est l'amour tout simple et pas autre chose.

C'est l'amour vivant. C'est l'amour humain.
Je serai sincère et tu seras folle,
Mon coeur sur ton coeur, ma main dans ta main.
Et cela vaut mieux que leur faribole !

C'est l'amour puissant. C'est l'amour vermeil.
Je serai le flot, tu seras la dune.
Tu seras la terre, et moi le soleil.
Et cela vaut mieux que leur clair de lune !




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Message par andré » ven. 03 avr. 09, 9:39

Lucie DELARUE-MARDRUS

PORTRAIT

Une clarté blanche en des habits sombres,
Des traits durs raillés par une douceur
D'yeux bleus, de cheveux presque sans couleur,
Ma garce blonde,

Des ordres jetés d'une voix de songe,
Une ouche fraîche au rire rouillé,
Un regard pervers mais jamais souillé
Par le mensonge,

Au rythme dansant de hanches flexibles
Un vice natif qui pleure et qui rit,
Impudique rêve et dernier grand cri
Vers l'impossible,

Un désir tout prêt pour toutes les belles
Ne pouvant finir qu'en se contentant,
Vérité d'un coeur qui, d'être inconstant,
Est seul fidèle,

Une coupe froide en laquelle abonde
Tout ce vin brûlant d'intime anarchie,
- Ma joie et mon mal, ma mort et ma vie,
Ma garce blonde !

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