Petits poèmes érotiques.

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Robert Angot l'EPERONNIÈRE (1581- 1640)


SERMENT OENIGMATIQUE DE MARION

Lève la main, tout à cette heure,

Gilet t'a t'il fait cette enfant?

Ce fut, Monsieur, je vous assure

Un méchant aveugle en passant.

Lors qu'à son instante requête

Je l'eu mis dedans son chemin,

Ce traître, de cul, et de tête,

Me fît cet enfant un matin.

Hé, comment ce pouvait-il faire,

Qu'un aveugle t'ait fait putain,

Ce lui fut chose aisée à faire,

Puis que je le pris par la main.
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Sire de CHAMBLEY (1856 - 1941)


ADAM ET ÈVE

Et tous deux s'étonnaient de tant de différence
Dans les formes du corps et les tons de la peau.
Adam la trouvait belle ; Eve le trouvait beau.

Ils se taisaient, mais ils raisonnaient en revanche.

Adam reprit enfin: « Comme vous êtes blanche !
Pourquoi Dieu vous a-t-il mis des cheveux si long ?
Les miens sont courts et noire et les vôtres tout blonds
C'est vraiment très joli, ces lourdes tresses blondes ...

Eve
Vous trouvez?

Adam
Très joli ... Mais ces machines rondes,
Là, sur votre poitrine, à quoi cela sert-il ?

Eve
Je n'en sais rien. Mais vous, au-dessous du nombril,
Qu'est-ce que vous portez dans cette touffe noire,
Sur ce double coussin ?

Adam
Je m'en sers ... après boire.

Eve
Seulement ? cela doit vous gêner pour marcher ?

Adam
Pas trop ... on s'habitue.

Eve
Est-ce qu'on peut toucher ?

Adam
Si vous le désirez ...

Eve
Je suis si curieuse.

Alors, vous permettez ? ...
Eve blanche et rieuse,
Avança doucement ses petits doigts rosés,
Puis, s'arrêtant soudain : « Je n'ose pas !

Adam
Osez!
Est-ce qu'il vous fait peur ?

Eve
Peur? Oh ! non : je suis brave.
Tiens ! c'est tout rouge au bout. On dirait une rave.
C'est pour le protéger, sans doute, cette peau ?
Ce n'est pas laid du tout.

Adam
Oh ... ce n'est pas très beau.

Eve
Mais si : c'est très gentil. »

Et les mignons doigts roses
Allaient, couraient, venaient, faisaient de courtes poses,
Comme des papillons voltigeant sur des fleurs.

« Oh mais, regardez donc. Il a pris des couleurs.
Comme c'est drôle! Il est plus grand que tout à l'heure.
Il se dresse, il frémit. Ciel ! une larme : il pleure ! »
Eve essuya la larme à ses cheveux dorés.

Eve
« Il pleure, il pleure encore ! Est-ce que vous souffrez ?

Adam
Au contraire.

Eve
Oh, monsieur Adam ! il est énorme,
Maintenant ! il n'a plus du tout la même forme.
C'est très raide et très dur ... A quoi peut-il servir ? »

Adam lui répondit, dans un profond soupir :
« Est-ce que vous croyez qu'il sert à quelque chose ?

Eve
Je n'en suis pas très sure : au moins, je le suppose.
Vous m'avez dit tantôt: « Dieu fait bien ce qu'il fait. »
Toute chose a son but si ce monde est parfait.

Adam
Oui, si Dieu m'avait dit ce qu'il veut que j'en fasse
De ce ... Mais vous, comment ? ...

Eve
Moi, je n'ai que la place.
C'est peut-être un oubli : Voyez.

Adam
Je ne vois rien.

Eve
Non, pas là, maladroit ! Ici .. regardez bien.

Adam
C'est juste ! On vous a même arraché la racine !
La fosse est toute fraîche ... Est-ce que la voisine
Communique ? ... Pour voir, si j'y mettais mon doigt ?

Eve
Mettez ce qu'il faudra.

Adam
Diable ! C'est bien étroit ! »

Il glissa sous la femme une main caressante ...
Eve bondit, l'oeil clos, la croupe frémissante,

Les seins tendus, les poings crispés dans ses cheveux
Tout son être frémit d'un long frisson nerveux.
Et le soupir mourut entre ses dents serrées.

« Encore » ! Elle entrouvrit ses deux cuisses cambrées,
Et le premier puceau vint tomber dans ses bras!

« Encore ! Cherche encore ! Oui. Tant que tu voudras. »

Comme il croisait ses mains sous deux épaules blanches
Adam sentit deux pieds se croiser sur ses hanches.
Leurs membres innocents s'enlaçaient, s'emmêlaient.

S'ils avaient pu savoir, au moins, ce qu'ils voulaient :
O pucelage ! Alors, presque sans le comprendre,
Tous deux en même temps, d'une voix faible en tendre,
Murmurèrent: « Je t'aime. » Et le premier baiser
Vint, en papillonnant, en riant, se poser
Et chanter doucement sur leurs lèvres unies.

Dieu, pour les ignorants, créa deux bons génies :
L'instinct et le hasard. Or, au bout d'un instant,
Eve avait deviné ce qui l'intriguait tant.

Avez-vous jamais vu le serpent que l'on chasse ?
De droite à gauche, errant, affolé, tête basse,
En avant, en arrière, il va sans savoir où.

Il s'élance ; il recule, il cherche ; il veut un trou,
Un asile où cacher sa fureur écumante.

Il cherche: il ne voit rien, et son angoisse augmente.
Mais, lorsqu'il aperçoit l'abri qu'il a rêvé,
Il entre et ne sort plus. Adam avait trouvé !

Un cri, puis des soupirs: l'homme a compris la femme.
Les deux corps enlacés semblaient n'avoir qu'une âme.
Il se serraient, il se tordaient, ils bondissaient.
Les chairs en feu frottaient les chairs, s'électrisaient.

Les veines se gonflaient. Les langues acérées
Cherchaient une morsure entre les dents serrées,
Des nerfs tendus en fous, des muscles contractés,
Des élans furieux, des bonds de volupté ...

Plus fort ! Plus vite ! Enfin, c'est la suprême éteinte,
Le frisson convulsif ...
Eve alanguie, éteinte,
Se pâme en un soupir et fléchit sur ses reins !
Ses yeux cherchent le ciel ; son coeur bat sous ses seins.
Son beau corps souple, frêle, et blanc comme la neige,
S'arrondit, s'abandonne au bras qui la protège.

Adam, heureux et las, se couche à son côté.
Puis, tous deux, lourds, le sein doucement agité
Comme s'ils écoutaient de tendres harmonies,
Rêvent, dans la langueur des voluptés finies.

Mais Eve: « Dieu, vois-tu, ne fait rien sans raisons,
Dieu fait bien ce qu'il fait ... Viens là ! Recommençons ... »
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Paul ÉLUARD
(1895-1952)

L'A.B.C. DE LA RÉCITANTE

Je compte sur mes yeux un et deux dira-t-elle
Pour voir ce que doit voir l'affalée que je suis
Couchée et nue et chaude au pied du haut miroir
Et mouillée comme un nouveau-né je me pourlèche

Je compte sur mes doigts un deux trois dira-t-elle
La multiplication de mes soupirs profonds
Le sac de mes désirs s'entrouvre sur le lit
Et j'ai le plein soleil dedans avec mon rouge

Je compte sur mon sexe et mes fesses pour tendre
Un piège au plus prudent et à la plus prudente
J'ai du goût pour chacun mais je me tiens en moi
Tapie comme l'alcool dans la main d'un ivrogne

Mes aspects sont variés j'ai des poils j'ai des plumes
Et l'écorce d'un arbre augmente ma peau brune
J'ai de la terre au creux de ma faim je me love
Comme un fleuve sans eau où les baigneurs se noient

Mes talents sont nombreux je sais signer la bête
Et m'alléger d'aurore tout comme une alouette
Je sais faire pleurer les plus indifférents
Et rire bêtement ceux qui se croient malins

J'ai des griffes des crocs j'ai des lèvres d'écaille
Et des lèvres de soie et de miel et de glu
Pour enrober l'azur et sa salive fade
Ma langue sur les bords de la chair se dévoue

Je caresse mes fruits débordants de science
Qui donc pourrai régner hors de mon cœur total
Je sais tout et j'apprends à oublier je tresse
Une énorme couronne à mon ventre à mon sang.
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Allez je m'y mets aussi... Je me suis livré à ce petit sonnet de l'érotisme poétique comme beaucoup de poètes, je pense. En l'occurence, je me suis inspiré d'un sonnet de RONSARD, et j'ai fait en sorte de l'écrire dans le langage "chatié" de l'époque. :mdr: Vous vous souvenez tous de "Quand vous serez bien vieille". Bien entendu la moralité a un peu changé... vu le contexte.


QUAND VOUS ETIEZ PUCELLE, AU SOIR CETTE CHANDELLE...

Quand vous étiez pucelle, au soir cette chandelle...
Allongée sur le lit, lascive et l'enfilant,
Disiez ces vers paillards en vous émerveillant :
"Bougie me célébrait, jouissance était belle!"

Lors, vous n'aurez, perverse, à cette envie nouvelle,
Déjà prise au labeur et jamais sommeillant,
Ajouter vos soupirs d'un désir réveillant
Ce plaisir bénissant de la picque immortelle.

Terre à terre je suis, un fantôme dispos,
Par les ombres d'orgie, et qu'un vit au repos
N'attend que la toison rupine et accroupie.

Regrettant que bougie cire avec grand dédain
Cette motte gourmande échappant à ma main,
À mon rigide luth qui votre lobe envie.

ANDRÉ

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Henri CANTEL (1825-1878)


LE CLITORIS

Le clitoris en fleur, que jalousent les roses,
Aspire sous la robe, à l'invincible amant ;
Silence, vent du soir ! taisez-vous, cœurs moroses !
Un souffle a palpité sous le blanc vêtement.

Béatrix, Héloïse , Eve, Clorinde , Elvire ,
Héroïnes d'amour, prêtresses de l'art pur,
Chercheuses d'infini, cachez-vous de l'azur !

D'astre en astre montez, aux accents de la lyre
Loin des soupirs humains ; plus haut, plus haut encor,
Volez, planez, rêvez parmi les sphères d'or !

Le printemps fait jaillir les effets hors des causes ;
La lune irrite, ô mer ! ton éternel tourment,
Et le désir en flamme ouvre amoureusement
Le clitoris en fleur qui jalouse les roses


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Béroalde de VERVILLE (1556-1629)

SONNET

Maintenant que l'Amour renaît heureusement
Et qu'à ce beau printemps il commande qu'on plante
D'un Mai long et dressé la désirable plante
Il faut suivre l'arrêt de son commandement.

J'ai un Mai long et gros et fort également,
Poussant devers le haut une verdeur plaisante,
Qui frissonne sa cime en tout temps verdoyante
Et qui se peut planter assez facilement.

Ma dame, permettez que l'on m'ouvre la porte,
Et je le planterai sur la petite motte
Qui de votre maison remarque le milieu;

Je le mettrai tout droit dessous votre croisée
Où en petits frisons la terre relevée
Fait l'endroit plus plaisant qui soit en tout le lieu.
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Jeanne-Marie GUYON (1648-1717)

ÔTEZ LA ROUILLE ET IL SE FORMERA UN VASE TRÈS PUR. l

Hélas ! mon coeur est plein de rouille,
Que cause ma propriété :
Si j'ai de vos dons, je les souille ;
Mettez-le, Mon Seigneur, dans votre vérité.

Ah ! faites-le passer sous la meule avec l'eau ;
N'épargnez point les coups, mais lavez son ordure ;
Non, ce n'est pas assez ; formez-en un nouveau
Qui n'ait plus rien de l'humaine nature.

Vous avez un moyen qui me paraît plus court :
Mettez-le dans votre fournaise,
Daignez le consumer du feu de votre amour ;
Il fera plus d'effet que la plus forte braise.

Mes yeux fourniront assez d'eau
Pour laver mon coeur infidèle :
Mais, ô divin Amour, sans ce sacré fourneau
Il pourra contracter des souillures nouvelles.
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Henri CANTEL (1825 - 1878)

BERTHA

Je connais ta beauté de la nuque à l’orteil.
Bertha ! J’ai respiré ta chevelure blonde,
Léché tes yeux mi-clos, sucé ta gorge ronde,
Baisé tes dents qu’entoure un sourire vermeil.

J’ai bu même emporté par d’amoureuses fièvres,
Le sang pus de ton cou par le peigne blessé,
Et ma langue savante a souvent caressé
Le bouton qui frémit entre tes quatre lèvres.

L’un dans l’autre perdus, nous n’avons pas goûté
Tous les secrets brûlants de l’âcre volupté :
Nous avons dans nos jeux oublié quelque chose.

Tourne-moi le trésor de tes reins assouplis,
Couche-toi maintenant : sur tes trente-deux plis
Mon baiser veut lascif, faire feuille de rose.
___________________________


VOLUPTE

Léona l'entoura de ses jambes, baisa
Ses yeux, sa chevelure et sa langue vermeille.
La vierge, dont le cœur en souriant s'éveille,
A ces souffles de feu par degrés s'embrasa.
Suçant les boutons durs de sa gorge pointue,
La louve sur son corps promenait tous ses doigts ;
On eût dit qu'elle avait vingt lèvres à la fois...
Aline se pâmait à ce jeu qui la tue.
- " Ouvre ta cuisse blanche et ronde, mon enfant ;
Ton clitoris, blotti dans sa toison dorée,
Veut les tendres fureurs d'un baiser triomphant ! "
Ivre de volupté, mais non désaltérée,
Léona savourant son virginal trésor,
A la coupe d'amour, le soir, buvait encor.

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Gabriel MONTOYA (1868 - 1914)

QUI VEUT VOYAGER LOIN...

Quelle épice as-tu donc mangée
Pour être folle de ton Corps
A ce point, méchante enragée
Que je me trouve à bout d'accords ?

Fi la vilaine qui demande
Encore, encore et sans répit,
Comme fait une enfant gourmande
Avec des larmes de dépit…

D'où crois-tu que vienne ma force
Et ma vigueur pour ces Combats ?
J'ai brûlé ma dernière amorce
A toujours donner branle-bas…

Mais toi de plus en plus sereine,
Par l'escarmouche mise en goût,
M'offrant ta croupe de Sirène
Tu sembles dire " Eh quoi, c'est tout ?

Déjà fatigué !... Je commence…
En route, en Rut pour le record…
Allons, verse-moi ta semence
A flots pressés, j'en veux encor… ! "

Zut, pour le coup, je me récuse,
Je ne puis après dix assauts,
Comme on verse du Syracuse
Répandre mon Foutre à pleins seaux…

Songe à chaque goutte qui tombe,
Que de cadavres innocents
Je précipite dans la tombe…
Vois mes remors, Chère et consens

Que j'interrompe la Harangue
Où je succombe terrassé…
Vaut-il pas mieux avec ma langue
Finir ce que j'ai commencé ?



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Gabriel MONTOYA (1868 - 1914)

QUI VEUT VOYAGER LOIN...

Quelle épice as-tu donc mangée
Pour être folle de ton Corps
A ce point, méchante enragée
Que je me trouve à bout d'accords ?

Fi la vilaine qui demande
Encore, encore et sans répit,
Comme fait une enfant gourmande
Avec des larmes de dépit…

D'où crois-tu que vienne ma force
Et ma vigueur pour ces Combats ?
J'ai brûlé ma dernière amorce
A toujours donner branle-bas…

Mais toi de plus en plus sereine,
Par l'escarmouche mise en goût,
M'offrant ta croupe de Sirène
Tu sembles dire " Eh quoi, c'est tout ?

Déjà fatigué !... Je commence…
En route, en Rut pour le record…
Allons, verse-moi ta semence
A flots pressés, j'en veux encor… ! "

Zut, pour le coup, je me récuse,
Je ne puis après dix assauts,
Comme on verse du Syracuse
Répandre mon Foutre à pleins seaux…

Songe à chaque goutte qui tombe,
Que de cadavres innocents
Je précipite dans la tombe…
Vois mes remors, Chère et consens

Que j'interrompe la Harangue
Où je succombe terrassé…
Vaut-il pas mieux avec ma langue
Finir ce que j'ai commencé ?



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Émile DEBRAUX (1833)

LE PETIT CHAT

Enfin dans ta chambre chérie
Ayant pénétré malgré toi,
Ta gentille ménagerie
Hier a paru devant moi.
Ton musée, aimable Rosine,
Sans doute n’est pas sans éclat :
Mais le plus joli, ma cousine,
C’est, à coup sur, ton petit chat.

Tu te plains de ce que naguère
Négligeant tes jeunes appas,
Avant mon départ pour la guerre,
De toi je ne m’occupais pas.
Sur le minet d’une voisine,
Si j’ai commis doux attentat,
C’est qu’en ces temps là, ma cousine,
Tu n’avais pas de petit chat.

Pour nous charmer à l’improviste,
En vain tu cachais ces trésors,
Moi, curieux naturaliste,
Pour les voir j’ai doublé d’efforts,
Mais voir est trop peu, j’imagine,
Voir n’amène aucun résultat ;
Ah ! permets-moi, chère cousine,
De caresser ton petit chat

Tu souffres que sur sa parure
Je promène un doigt empressé,
Mais tu veux que de sa fourrure
Le duvet ne soit point froissé.
Vas, ne crains rien pour son hermine,
Mon doigt est fort et délicat,
Vois, il fait faire ma cousine,
Le gros dos à ton petit chat.

Toujours désireux de te plaire,
Ah ! sans lui vouloir aucun mal,
Que j’aimerais à satisfaire,
Ce petit gourmand d’animal.
Si d’un coup de griffe assassine
Je n’avais peur qu’il me payât.
Sois franche et bonne ma cousine,
Dis-moi mord-il ton petit chat ?

Dès qu’entre ses lèvres de rose
Minet sent mon doigt friponner,
Vois le petit gueux comme il ose
Le serrer et l’emprisonner
.
Je veux de son ardeur mutine
Punir le petit scélérat,
Dis-moi sans peine ma cousine,
Fait-on pleurer ton petit chat ?

Quelle délicatesse extrême !
A peine si je l’ai foulé,
Et pour deux coups, forts légers même,
Déjà ses larmes ont coulé.
Mais pour cela chère Rosine
Ne vas pas me faire sabbat,
Car tu jouissais ma cousine
Lorsque pleurais ton petit chat.
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Gustave NADAUD (1820-1893)


M'AIMEZ-VOUS ?

Vous êtes si jolie !
Laissez-moi
Vous regarder, Julie,
Sans effroi;
Vos regards, que j'appelle,
Sont si doux !
Je vous aime, cruelle;
M'aimez-vous ?

Vos cheveux que je presse,
Sont si longs !
Vos bras, que je caresse,
Sont si ronds !
Et vos petits doigts roses,
Entre nous,
Promettent tant de choses...
M'aimez-vous ?

Col blanc, taille mignonne,
Que d'appas !
Vous devez être bonne,
N'est -ce pas ?
Laissez tomber ces voiles
Si jaloux...
Ciel ! je vois les étoiles !
M'aimez-vous ?

Ce beau sein sur ma bouche,
Qu'il est pur !
Ce bouton que je touche,
Qu'il est dur !
Ah ! laissez-moi descendre
Au-dessous;
Laissez-moi vous surprendre...
M'aimez-vous ?

Richesses inconnues
Je vous vois !
Vos beautés toutes nues
Sont à moi !
Poussons, poussons, ma mie,
Les verrous ;
Je souffle la bougie...
M' aimez-vous ?
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Isaac du RYER (1570-1634

sonnet du GÂTEAU DES ROIS

(mis en français moderne par André)

Votre amour est semblable à un gâteau des Rois,
Lequel en plusieurs parts se coupe et se divise,
Vous n'en chérissez pas seulement deux ni trois,
Mais un nombre infini, dont chacun vous divise.

Et comme à un valet arrive quelquefois
Le morceau désiré là où la fève est mise,
Le plus lourdaud de tous dont vous avez fait le choix
A rencontré la fève en votre grâce acquise.

C'est lui qui maintenant possède votre coeur,
De vos fières rigueurs le superbe vainqueur,
De quoi ne ne puis m'abstenir de rire.

Ne pouvant deviner qui vous l'a fait élire,
Ni qui vous fait aimer ce sot si ardamment,
Si ce n'est le récit de son gros instrument.
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THÉOPHILE GAUTIER

SOLITUDE

Je bande trop. De ma culotte
Je sors mon vit qui décalotte
Son champignon
Etre à midi, seul dans sa chambre,
En tête à tête avec son membre,
C’est du guignon !

Mon jacquemart me bat le ventre ;
Dans quelque chose il faut que je rentre,
Cul, bouche ou con.
Mais je ne vois pas ma voisine
Lançant son œillade assasine
De son balcon.

En vain Coco dresse sa huppe :
Dans la maison pas une jupe,
Pas un bonnet.
Le pine au poing, pose équivoque,
A défaut de con je t’invoque,
Veuve poignet !

Grande Vénus masturbatrice,
Solitaire consolatrice
Des amoureux
Puisque je manque des maîtresse
Accorde au moins à ma détresse
Tes plaisirs creux.

Prête moi cette main adroite
Qui sait, d’une caresse étroite, saisir l’engin
Et fait jouer la pompe à sperme
Entre les doigts referme
Comme un vagin.

Enseigne-moi je suis novice,
Ce jeu que Tissot nomme vice,
Ce jeu caché
Que Cupidon enfant pratique,
Epointant sa flèche érotique
Loin de Psyché.

Les pieds appuyés au chambranle,
Lentement d’abord je me branle,
Et puis presto :
Je développe mon extase,
Ponçant mon pilier de la base
Au chapiteau.

Mais la Chimère ouvre la porte.
Une femme entre, à gorge forte,
A reins puissants,
Qui retroussant chemise et cotte
Met sous mon nez sa grosse motte
Aux crins frissants ;

Puis souriante se retourne
Et ne sachant par où j’enfourne
M’offre son cu.
Rubens, il faut que tu confesses
Par la ronde ampleur de ces fesses
Ton art vaincu !

Mais je l’empoigne par les hanches
Et j’écarte ses cuisses blanches
De mon genou ;
Déjà ma pine triomphante
De l’abricot forçant la fente
Y fait son trou.

Serrant le cul, haussant la croupe,
Les pieds en l’air comme en un groupe
De Clodion,
Elle absorbe toute ma pine
Et retrouve de Messaline
Le tordion.

Un flot de liqueur prostatique,
Du temple mouillant le portique,
Ecume au bord ;
Sous le choc du vit qui la pousse
Elle crie à chaque secousse :
Oh ! va plus fort !

Les yeux noyés de plaisir pâle
Jusqu’à la garde elle s’empale,
Comme autrefois
Du Dieu Priape au fond d’un antre
Les filles s’enfonçaient au ventre
L’outil de bois.

Je la transperce d’outre en outre.
Le spasme arrive ; un jet de foutre,
Un jet brûlant,
Parcourt mon dard comme une lave,
Jaillit, retombe, et de sa bave
Poisse mon gland.

Quand j’ai bien égoutté mon tube,
Je vois s’envoler le succube
Aux beaux seins nus,
Je deviens flasque, je débande,
Et je regrette mon offrande,
Fausse Vénus.

Sur mes doigts en nappes s’épanche
Déjà froide la liqueur blanche ;
Tout est fini,
Et j’offre pour ton microscope
Le résultat de ma syncope
Spallanzani !





La poésie se nourrit aux sources de la prose et s'embellit au concerto des mots.

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andré
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Albert GLATIGNY ((1839-1873)

À LOUISE CALLIPYGE

Ce n'est point votre soeur, marquises et comtesses,
Celle qui dans mes sens fait couler le désir ;
Le robuste idéal de mon charnel loisir,
C'est une grosse fille avec de grosses fesses.

Elle a le corps poilu comme aux rudes faunesses
Et des yeux grands ouverts distillant le plaisir.
Mais dans sa belle chair, le meilleur à saisir
C'est son cul souple et dur, si frais sous les caresses ;

Plus frais qu'en juin la source et qu'aux près le matin,
Quand il vient en levrette avec un jeu mutin
Au ventre s'adapter d'harmonieuse manière ;

Et rien alors n'est plus gai pour le chevaucheur
Que de voir, dans un cadre ondoyant de blancheur,
Le joyeux va-et-vient de l'énorme derrière...
La poésie se nourrit aux sources de la prose et s'embellit au concerto des mots.

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