Charles Baudelaire

Image Partageons sur les livres, les auteurs littéraires, les poètes, les philosophes, etc.
Répondre
Opaline
Docteur Honoris Causa
Docteur Honoris Causa
Messages : 65402
Enregistré le : lun. 16 mai 05, 12:15

Charles Baudelaire

Message par Opaline » lun. 18 mai 09, 8:25

Un site entièrement dédié à la vie et à l’œuvre de ce grand poète du XIXe siècle. Au fil des pages vous en apprendrez davantage sur les étapes de sa vie, les personnes qui ont peuplé son univers, sa famille, ses amis et même ses ennemis ainsi que sur la manière dont il était perçu par ses contemporains ; vous découvrirez également une œuvre qui va bien au-delà des seules Fleurs du Mal, une œuvre critique colossale qui nous permet de découvrir les mœurs musicales, picturales et littéraires de toute une époque, des essais, des nouvelles…

Image

Antinea

Re: Charles Baudelaire

Message par Antinea » lun. 18 mai 09, 8:46

Des Fleurs du mal ................ ( c'est quoi La font ? Dans la dernière strophe )
La Géante




Du temps que la nature en sa verve puissante
Concevait chaque jour des enfants monstrueux,
J'eusse aimé vivre auprès d'une jeune géante,
Comme aux pieds d'une reine un chat voluptueux.

J'eusse aimé voir son corps fleurir avec son âme
Et grandir librement dans ses terribles jeux ;
Deviner si son cœur couve une sombre flamme
Aux humides brouillards qui nagent dans ses yeux ;

Parcourir à loisir ses magnifiques formes ;
Ramper sur le versant de ses genoux énormes,
Et parfois en été, quand les soleils malsains,

Lasse, la font s'étendre à travers la campagne,
Dormir nonchalamment à l'ombre de ses seins,
Comme un hameau paisible au pied d'une montagne.

pascale

Re: Charles Baudelaire

Message par pascale » lun. 18 mai 09, 8:49

C est celui qui j adore !!!

La chevelure

Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure !
Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir !
Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir !

La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique !
Comme d'autres esprits voguent sur la musique,
Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum.

J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l'ardeur des climats ;
Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève !
Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts :

Un port retentissant où mon âme peut boire
A grands flots le parfum, le son et la couleur ;
Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire,
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur.

Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse
Dans ce noir océan où l'autre est enfermé ;
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse,
Infinis bercements du loisir embaumé !

Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues,
Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond ;
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m'enivre ardemment des senteurs confondues
De l'huile de coco, du musc et du goudron.

Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde !
N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal

Opaline
Docteur Honoris Causa
Docteur Honoris Causa
Messages : 65402
Enregistré le : lun. 16 mai 05, 12:15

Re: Charles Baudelaire

Message par Opaline » lun. 18 mai 09, 8:51

Antinea a écrit :Des Fleurs du mal ................ ( c'est quoi La font ? Dans la dernière strophe )
les soleils malsains...la font s'étendre à travers la campagne,

Avatar du membre
Le Huron
Avec les Anges
Avec les Anges
Messages : 18096
Enregistré le : mar. 21 nov. 06, 12:04
Localisation : 06

Re: Charles Baudelaire

Message par Le Huron » lun. 18 mai 09, 8:59

Comme je suis un incorrigible amoureux de LA femme, ma préfèrée depuis toujours, c'est LES BIJOUX !
Et pour mapropre sensibilité, ça reste un des plus beaux poëmes de la langue française !




Les bijoux


La trés-chère était nue, et, connaissant mon coeur,
Elle n'avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l'air vainqueur
Qu'ont dans leurs jours heureux les esclaves des Mores.
Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j'aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.

Elle était donc couchée et se laissait aimer,
Et du haut du divan elle souriait d'aise
A mon amour profond et doux comme la mer,
Qui vers elle montait comme vers sa falaise.

Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,
D'un air vague et rêveur elle essayait des poses.
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses.

Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l'huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux claivoyants et sereins;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vignes.

S'avancaient, plus calins que les Anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal
Où calme et solitaire, elle s'était assise.

Je croyais voir unis pour un nouveau dessin
Les hanches de l'Antiope au buste d'un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun le fard était superbe!

...Et la lampe s'étant résignée à mourir,
Comme le foyer seul illuminait la chambre,
Chaque fois qu'il poussait un flamboyant soupir,
Il inondait de sang cette peau couleur d'ambre!
Le plus difficile pour un homme politique, c'est d'avoir la mémoire pour se souvenir de ce qu'il ne faut pas dire
Coluche

Avatar du membre
Lorelei
Administration
Administration
Messages : 84112
Enregistré le : lun. 16 mai 05, 11:50
Contact :

Re: Charles Baudelaire

Message par Lorelei » sam. 21 nov. 15, 10:21

ENIVREZ-VOUS

Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!

Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise.

(In Les petits poèmes en prose)
"On reconnait le degré de civilisation d'un peuple à la manière dont il traite les animaux" Gandhi

Avatar du membre
haddock
Conseil Régional
Conseil Régional
Messages : 11345
Enregistré le : lun. 07 nov. 11, 15:06

Re: Charles Baudelaire

Message par haddock » sam. 21 nov. 15, 18:23

Déjà avoir l'envie de s'enivrer est enivrante.. :yes:

Bravo Charles ! :clap2: !dance!

Avatar du membre
haddock
Conseil Régional
Conseil Régional
Messages : 11345
Enregistré le : lun. 07 nov. 11, 15:06

Re: Charles Baudelaire

Message par haddock » sam. 21 nov. 15, 18:27

Ça me rappelle une chanson de Chelon ( "créer")
il y a ces mots, qui disent un peu comme Baudelaire..

Que ce soit en vers ou en prose
Crier
Dans la pierre ou le marbre rose
Tailler
Dans le bonheur ou la souffrance
Aimer
C'est notre seule délivrance
Créer
...
Qu'on vous honore ou vous condamne
Osez
Qu'on vous bénisse ou qu'on vous damne
Créez




https://www.youtube.com/watch?v=4hLBY4YeGZY

Répondre

Retourner vers « Le café des lettres et de la philo »