Pierre Alechinsky

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Opaline
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Pierre Alechinsky

Message par Opaline » sam. 11 juin 05, 9:42

Belge, né à Bruxelles en 1927. Il étudie de 1944 à 1948 l’illustration du livre et la typographie à l’École Nationale Supérieure d’Architecture et des Arts Décoratifs ( La Cambre). Commence ensuite à peindre en 1947 et entre au groupe Jeune Peinture belge (Louis van lint, jan Cox, Marc Mendelson…) Dès 1949, participe activement à CoBrA (Appel, Dotremont, Jom…). Dans une maison communautaire, Les Ateliers du Marais ( de Heusch, Olyff, Reinhoud, Strebelle..), Pierre Alechinsky instaure pour CoBrA un Centre de Recherches et d’acceuil. En 1951, s’installe à Paris pour expérimenter de nouvelles techniques de gravure à L’Atelier 17 dirigé par Stanley William Hayter. À Kyoto en 1955, il tourne un film documentaire : Calligraphie Japonaise. Depuis les années soixante, fréquents séjours à New York. En 1965, Central Park : peinture inaugurale, dite à « remarques marginales », l’image principale soudain entourée de dessins. André Breton invite PIERRE ALECHINSKY à la Xie Exposition internationale du Surréalisme : L’Ecart Absolu. Dans ses peintures, dessins et gravures, il confronte — au retour d’un voyage au Mexique — le heaume du gilles de Binche à une éruption volcanique. 1966 : Prix de la Triennale de la gravure en Belgique ; Prix de la Biennale internationale de la gravure (Valdagno, Italie 1968). Prix Andrew W. Mellon pour l’ensemble de son œuvre, Pittsburgh 1977. entre à la Galerie Aimé Maeght qui deviendra Galerie Lelong.
A Print Retrospective au Museum of Modern Art, New York 1981. Grand Prix national des Arts et lettres, Paris 1984. Peinture murale au Ministère de la Culture, Paris 1985. Margin and Center : rétrospective de ses peintures à bordures au Salomon R. Guggenheim Museum, New York 1987. Le jardin fragile, 1993 : peinture murale de l’Assemblée nationale. Zoek de zeven : grandes laves émaillées en regard d’un poème mural d’Hugo Claus au RUCA (Centre Universitaire), Anvers 1995. Rétrospective à la Galerie nationale du jeu de Paume, Paris 1998, et Genève au cabinet des Estampes. Pensées de pinceau : mural en hommage à Asger Jorn au Silkeborg Kunstmuseum (Danemark).
En préparation : Les impressions de Pierre Alechinsky, Bibliothèque nationale de France, Paris 2005.


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Opaline
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Message par Opaline » sam. 11 juin 05, 9:43

"Les impressions de Pierre Alechinsky", gaucher "dé-contrarié"


PARIS (AFP) -vendredi 10 juin 2005, 19h50 - "Formé à l'architecture du livre", Pierre Alechinsky, expose jusqu'au 4 septembre 200 images gravées ou lithographiées, dans un langage à la fois délirant et contenu, à la Bibliothèque de France.

Peintre mondialement connu et reconnu, icône du mouvement non conformiste Cobra (1948-1951), sa rétrospective "Les impressions de Pierre Alechinsky" retrace près de soixante années de son oeuvre imprimée entre 1946 et 2005.

On y voit des bonnets de bouffon à grelots, des colimaçons et des tireurs de langue, des entrelacs, des signes calligraphiques ponctuer des pages de poésie, de Guillaume Apollinaire à Jean Tardieu, d'Yves Bonnefoy à Wallasse Ting.

Tout un vocabulaire drolatique, primesautier, ironique, contestataire, bref d'"esprit farceur" comme le qualifiait Ionesco, aussi éloigné que possible des conventions, sauf pour celles qui lui sont dictées par la précision du livre.

"Je suis un peintre qui vient de l'imprimerie, rappelle-t-il. J'ai étudié l'illustration du livre et la typographie à l'Ecole nationale d'architecture et des arts décoratifs de La Cambre, à Bruxelles, de 1944 à 1948".

"L'écriture, l'imprimerie m'ont toujours intéressé, mais ça vient aussi d'un handicap, confie-t-il à l'AFP : je suis un gaucher contrarié. Je peins de la main gauche, qui a le plus de dextérité. Et j'écris de la main droite".

"Mais comme l'écriture de gaucher contrarié a tendance à aller dans le sens inverse, l'imprimerie, qui fonctionne comme un miroir, la rétablit à l'endroit et je suis alors un gaucher +dé-contrarié+".

La période Cobra - acronyme constitué par les premières lettres de COpenhague, BRuxelles et Amsterdam, d'où les principaux artistes, Christian Dotremont, Asger Jorn ou Karel Appel étaient originaires - ouvre le parcours.

"Nous avons lutté fortement contre l'abstraction pure et contre un art politique imbécile : le réalisme socialiste des Soviétiques après la guerre, qui avait une énorme influence sur la situation à Paris, sur une élite soi-disant bien pensante et édifiante, à base des lendemains qui chantent".

En 1951, Alechinsky quitte Bruxelles - il y est né en 1927 - et s'installe à Paris, travaille la gravure expérimentale à L'Atelier 17, expose en 1954 à la Galerie-librairie Nina Dausset, s'initie au maniement du pinceau chinois.

Eau-forte, lithographie, dessin sur tapuscrit de Michel Butor ou de Roger Caillois, linogravure, phototypie, aquarelle appliquée, tout l'art de l'estampe et de l'illustration se décline, en contrepoint ou en surajout d'un texte.

"Quand on travaille avec un écrivain, il faut trouver des stratagèmes d'accompagnement, ne pas illustrer comme on le faisait pour Jules Verne, en créant une sorte de pléonasme par rapport au texte. Eviter la redondance".

L'inspiration? "Tout peut être inspirant, même des vieux papiers. J'ai trouvé dans un fonds de grenier de notaire une série de factures provenant de la succession d'un grand propriétaire viticole du Saint-Emilion : un bonheur!"

"Où l'on apprend que M. Dubois est atteint d'une grippe, que sa femme va à la pharmacie acheter un port de farine de moutarde, qu'il ne sent pas très bon, qu'elle achète donc de l'Eau de Cologne, mais ça n'a pas marché".

"Car on trouve bientôt la facture d'un cercueil capitonné, la location d'un pardessus avec brassard, le duplicata de l'ouverture sans effraction d'un coffre-fort. Puis la vie reprend : on commande chez un lithographe les prochaines étiquettes des bouteilles".

(BnF, site François Mitterrand, Quai François Mauriac, Paris 13e. Du mardi au samedi de 10h à 19h, le dimanche de 12h à 19h. Entrée libre).

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