Noah est très sensible

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Lorelei
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Message par Lorelei » lun. 15 août 05, 13:05

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Yannick Noah : “Je suis extrêmement sensible et c’est très bien”

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Il est comme on l’imaginait, sympa sans affectation, avec une voix et des gestes pleins de douceur. Il connaît bien “Psychologies” et sait que les interviews sont plus intimes qu’habituellement. D’accord pour tout, même pour la séance photo qui n’était pas vraiment prévue. « Je dois juste aller chercher mes filles à l’école à 16 h 30. Mais c’est à côté, j’en ai pour cinq minutes. »

Psychologies : Pour devenir le meilleur du monde, vous avez dû, à 11 ans, quitter votre pays, le Cameroun, et vos parents. Quels souvenirs gardez-vous de cette rupture ?
Yannick Noah : D’abord un grand soulagement. J’ai 11 ans, je vais enfin être peinard sans mes parents, je suis un grand. Et j’arrive à la pension, à Nice, et je redeviens un petit garçon qui a le mal de son pays, de sa maison, qui découvre l’hiver, qui pleure sous ses draps tous les soirs et qui écrit à sa maman deux fois par jour. Au bout de trois mois, j’étais devenu un vrai grand.

Une vie d’enfant champion, c’est une vie de contraintes. Quelle est la récompense ? Qu’on vous aime quand vous gagnez ?
On fait une espèce de transfert. Les gens qui vous applaudissent sont ceux qui vous aiment, et on cherche à gagner parce que quand on gagne on est aimé. C’est très simple. J’étais un joueur émotif qui jouait beaucoup pour le public. Après la balle de match, là, on se prend de l’amour. Et quand on perd, on ressent une immense solitude. Plus tard, on se rend compte que ce n’est pas ça l’amour, qu’on a tout mélangé, mais il faut aller au bout. Je pensais que j’allais connaître le vrai amour en gagnant un grand tournoi, que j’allais savoir ce qu’était le bonheur. Donc, quand ça m’est arrivé à Roland-Garros, en 1983, la première chose que je me suis fait, c’est une petite dépression. C’était ça, le bonheur ? C’est décevant.

Comment vous êtes-vous sorti de cette déprime ?
Je suis parti. Je suis allé prendre l’air à New York. [Il rit.] Et j’ai changé ma perception de l’amour. J’ai rencontré Cecilia rapidement, on s’est mariés très vite, et on a eu des enfants tout de suite.

On vous retrouve en France capitaine de l’équipe des garçons, et là, vous semblez avoir découvert la sérénité. Qu’est-ce qui s’est passé ?
Cecilia, les enfants, la vie de famille… mais aussi la découverte du yoga. Quand j’ai décidé de traverser l’Atlantique en voilier, un ami m’a offert deux livres : “Autobiographie d’un yogi” et “Le Livre tibétain de la vie et de la mort”. J’ai lu ça au milieu de l’océan, alors forcément, c’est rentré profond.

Vous pratiquez toujours le yoga ?
Je fais du yoga, j’allume des bougies, je fais de la méditation, je jeûne… [Il rit.]

Pourquoi le jeûne ?
Au départ, je voulais me nettoyer. Mais comme je pratique un jeûne assez long, à la fois très dur et très riche, forcément il y a des réactions. Je me suis aperçu que ça éveillait beaucoup de sens et que j’en avais vraiment besoin. Je le fais deux fois par an.

Vous vous considérez comme bouddhiste ?
Non, je prends des bouts de tout.

Vous prenez aussi des bouts africains ?
Les bouts africains, c’est beaucoup de réincarnation et l’importance du karma. Au Cameroun, d’où je viens, il n’y a pas d’écrits, mais j’entendais les anciens parler de réincarnation.

Vous y croyiez quand vous étiez enfant ?
Non, je croyais qu’ils étaient fous !

Quand est-ce que vous y avez cru ?
J’y ai cru… j’y ai vraiment cru quand j’ai eu un signe personnel… voilà.

Vous me parlez de méditation, de yoga mais pas de sport. Vous n’avez plus besoin de sport ?
J'ai choisi d’habiter ici parce qu’il y a une forêt et je cours tous les jours.

Mais il n’y a pas de court de tennis ?
Non. Mes enfants ne jouent pas et moi je ne joue plus. S’il y avait un court de tennis dans le jardin, ça me rappellerait trop le boulot ! [Il éclate de rire.] Mais j’ai besoin de transpirer, dans la forêt ou dans ma salle de gym.

Pourquoi avez-vous si bien réussi votre vie professionnelle, votre vie sociale et tellement mal votre vie affective ?
C’est une bonne question… Je pense qu’en fait ma vie affective n’est pas si ratée que ça et que ma réussite n’est pas si importante que ça. Quand je suis ici, autour d’une table, assis avec Isabelle, ma nouvelle compagne, qui est enceinte, Cecilia et tous mes enfants, je me dis que tout va bien. Et j’espère que Heather va pouvoir organiser sa vie pour aussi profiter de tout ça à nouveau. Il n’y a pas de raison qu’on ne s‘entende pas tous. Ce n’est pas écrit quelque part. J’ai pu préserver les enfants, je suis très fier de leur sourire.

Vous en avez un cinquième en route. Pourquoi est-ce que vous faites autant d’enfants ?
Il faut demander aux mamans pourquoi elles veulent des enfants avec moi ! [Il rit.] J’aime les enfants. Ma priorité, c’est de me retrouver avec eux et leur donner de l’amour. Pendant un moment, j’ai eu des soucis avec l’amour, mais j’ai travaillé dessus, et aujourd’hui je pense pouvoir assurer, donner de l’amour aux petits gamins et le faire bien.

Vos enfants sont contents d’avoir un papa chanteur ?
Ils sont contents d’avoir un papa heureux.

Retrouvez l'ensemble de l'interview de Yannick Noah dans le numéro de mars 2004 de Psychologies magazine.
Hélène Mathieu (Psycologies) mars 2004
Modifié en dernier par Lorelei le lun. 15 août 05, 20:28, modifié 1 fois.
"On reconnait le degré de civilisation d'un peuple à la manière dont il traite les animaux" Gandhi

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Gabé-nelly
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Message par Gabé-nelly » lun. 15 août 05, 20:19

tout à fait de ton avis Lorelei
il est parfait cet homme là ... :razz:
".. étanche, sans vanité, passionné par ce qu’il faisait, intelligent, compétent…Le temps vous aide à voir mieux qu’il y a parfois plus de gloire à perdre avec Tabarly qu’à gagner avec les autres.ODK"

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