le français en Amérique Latine

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nadia
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le français en Amérique Latine

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Enquête Regard sur le français en Amérique Latine

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Depuis des siècles, la France a tissé des liens politiques, culturels et sociaux très divers avec chacun des pays qui composent le vaste échiquier qui s’étend du Rio Bravo à la Patagonie. Les élites nationales ont contribué à bâtir autour de la France un prestige qui reste toujours présent dans les populations latino-américaines.

Retour en force du français

Souvent rattachée au monde des arts en général, la langue française a longtemps joui d’un statut favorable. Détrônée par l’anglais à partir du 19e siècle, elle suscite aujourd’hui un regain d’intérêt qui serait dû à une percée de la technologie et des savoir-faire français, belges et québécois. D’autres facteurs exercent également une influence non négligeable. Tout d’abord, une part de plus en plus importante des populations montre un refus d’une certaine homogénéisation culturelle, majoritairement véhiculée par la langue anglaise. Désormais, l’enrichissement culturel passe inévitablement par l’ouverture à d’autres langues et cultures autochtones ou étrangères, au premier rang desquelles se trouvent la culture et la langue françaises, avec les valeurs qu’elles diffusent. Ensuite, la mondialisation, le développement du tourisme, les rencontres scientifiques, où l’Europe joue un rôle de plus en plus actif, sont aussi des éléments à considérer dans l’analyse. Enfin, le décloisonnement académique de l’étude de la langue et la vulgarisation des nouvelles technologies contribuent certainement à créer une image moins élitiste de l’apprentissage du français.

Finalement, le dynamisme et la qualité des professionnels de la langue, l’énergie des associations et leurs actions, avec l’appui précieux des institutions de la francophonie (et la tenue de rassemblements internationaux comme les SEDIFRALE, sont des atouts qui permettent d’assurer un avenir au français, malgré les avatars des crises économiques…

Des situations contrastées

Il n’existe pas en Amérique latine de situation homogène pour le français. Elle varie souvent, même à l’intérieur d’un seul pays, comme c’est le cas de l’Argentine. Dans ce grand pays fédéraliste, le français a joui d’un statut privilégié dans le passé, pour stagner, voire régresser, par la suite. De nos jours, des signes nous permettent de dire que cette langue reprend peu à peu son ancienne allure. Cependant, dans certaines provinces, à la suite d’une crise économique impitoyable et de mesures arbitraires, il n’est pratiquement plus présent dans le système éducatif. Le monde associatif travaille de façon acharnée à tous les niveaux d’enseignement en vue d’accorder au français la place qui lui revient.

Au Chili, le français reprend finalement sa place dans le système à la suite de la réforme éducative récente. Les aléas de la politique ont voulu que la situation de cette langue soit des plus instables ces dernières années.

En Uruguay, le français garde une situation plutôt stable et jouit d’un statut de langue optionnelle dans les centres de langues ; il est présent dans le primaire avec des cours de sensibilisation et reste optionnel dans le secondaire privé ; des cours de français de spécialité se développent dans certaines facultés. Comme l’Argentine, l’Uruguay possède une tradition culturelle où le français a gardé un grand prestige.

Dans ce géant du Sud qu’est le Brésil, le développement de la langue française reste très inégal selon la province : la région privilégiée est le Sud-ouest, notamment à Rio et à Sao Paulo, où se trouvent les grands noyaux populaires. Dans le Nord, il progresse dans les États de l’Amapa et du Para, avec l’influence évidente des échanges avec la Guyane. Ailleurs, il se heurte à l’étude de l’espagnol et de l’anglais, très forts concurrents. Les 24 associations qui composent la Fédération brésilienne sont très dynamiques.

Au Pérou, l’effort concerté des représentants de la francophonie et des professeurs de toutes les institutions ont permis une nette amélioration de l’enseignement du français ces dernières années ; la tenue avec succès des dernières SEDIFRALE à Lima a permis de porter un regard optimiste sur la situation du français dans ce pays.

En Bolivie, le français, sans accuser de recul important, ne montre pourtant pas de progrès. Certains indices permettent d’affirmer qu’il est impératif de revitaliser cet enseignement et d’entreprendre des actions osées dans le monde associatif au niveau des formations et de la visibilité de l’action des enseignants.

Au Paraguay il existe des signes qui permettent d’assurer un envol de l’enseignement du français ; les derniers changements politiques seraient encourageants pour le monde éducatif dans ce pays et des progrès sont à attendre dans le domaine de l’enseignement des langues.
La place du français en Équateur n’est pas près de montrer d’avancée importante ; il y garde son statut de deuxième ou troisième langue. Cependant, en Colombie il existe une tradition plus solide de l’apprentissage du frnçais. Il est vrai que les incertitudes et les tensions sociales que vit ce pays portent atteinte aux progrès concernant le développement de l’étude de la langue et le renforcement du monde associatif.

Au Venezuela, le français possède sans conteste le statut de deuxième langue étrangère. Il est étudié au baccalauréat public et privé et son étude au niveau universitaire est diversifiée. Il existe des centres importants de recherches dans les universités et les institutions pédagogiques.

Dans les de la fédération centraméricaine (Panama, Costa Rica, Nicaragua, Honduras, El Salvador, Guatemala) le français progresse de façon positive. Bien que le Costa Rica soit le pays où le statut du français est le plus solide, des institutions ponctuelles accordent une importance croissante à la présence de la langue française dans les cursus, notamment au niveau supérieur. Le Centre culturel et de coopération pour l’Amérique centrale de San José s’est montré très actif dans cette région en menant des actions de formation importantes, notamment dans le domaine du FOS. La création d’une fédération centraméricaine de professeurs est une heureuse initiative pour dynamiser cet enseignement dans la région.

Le Mexique possède, lui aussi, une vaste tradition dans l’enseignement du français et dispose d’un réseau d’institutions de prestige. Espérons pourtant que le renforcement du monde associatif aidera au retour en force du français en vue de le placer aux premiers rangs de l’enseignement et de la recherche latino-américaine.

Le français dans les Grandes Antilles montre des signes de progrès. En République Dominicaine, succès et grand défi, il fait partie des programmes d’études dans le système éducatif. Il existe un bon nombre d’enseignants travaillant dans le primaire et le secondaire, ainsi que dans d’autres institutions. Il serait important de les intégrer dans une association forte… À Cuba, il existe la volonté de diffuser encore davantage la langue française, qui jouit d’un statut de deuxième langue étrangère après l’anglais. Son insertion dans le système éducatif général à une échelle plus large devra se faire progressivement dans les années à venir. L’insertion massive de cette langue dans d’autres systèmes parallèles de formation (tourisme, monde scientifique et culturel, cours à la télévision…) permet d’être optimiste…

Dans le reste de la Caraïbe anglophone, le français se pratique en fonction des économies locales, notamment dans les domaines du tourisme et de l’hôtellerie, mais sa place reste fragile car il doit suivre la fluctuation des clientèles et concurrencer les langues allemande, espagnole et japonaise, très présentes dans les îles.

Des partenaires proches

Les Antilles françaises et leurs institutions jouent un rôle important dans la formation continue des enseignants de français car elles développent des échanges fructueux avec plusieurs pays de la Caraïbe et de l’Amérique centrale. Par ailleurs, les initiatives du Québec, en tant que membre important de la francophonie, sont venues diversifier et enrichir les formations des professeurs latino-américains.

La Commission pour l’Amérique latine et la Caraïbe (COPALC) de la FIPF regroupe les professeurs et les chercheurs qui réalisent leur travail en français dans toute la région latino-américaine et la Caraïbe. Grands centres urbains, petites villes de province, contrées froides des Andes, paysages tropicaux, déserts du Sud et volcans centraméricains : avec des accents différents, des couleurs distinctes, des physionomies variées, les enseignants de français, souvent dans des conditions adverses, sont fiers de réaliser leur travail.
Felino Martinez Alvarez, membre du Comité Exécutif de la COPALC-FIPF, avec l’apport- des associations membres de la COPALC
w.fdlm.org

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