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 Petits poèmes érotiques. 
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Message Petits poèmes érotiques.
[align=center]François De MALHERBE (1555-1628)[/align]



Sa langue était superbe, vigoureuse luxuriante. Sa poésie, malgré la hardiesse des mots qu'il choisit avec soin, est dépourvue de trivialité tant ses vers sont ciselés avec élégance. MALHERBE qui était capable de faire rimer des sonnets aussi licencieux que ceux de Mathurin De RÉGNIER, était un homme prévoyant. Il garda prudemment ses manuscrits cachés sous une pile de draps. Courageux, mais point téméraire, le poète : pension du Roi oblige !



[align=center]SONNET


Là ! Là ! pour le dessert, troussez moy ceste cotte,
Visten chemise et tout, qu'il n'y demeure rien
Qui ne puisse empescher de recognoistre bien
Du plus haut du nombril jusqu'au bas de la motte.

Là, sans vous renfroigner, venez que je vous frotte,
Et me laissez à part tout ce grave maintien :
Suis-je pas votre coeur ? Estes-vous pas le mien ?
C'est bien avecque moi qu'il faut faire la sotte !

- Mon coeur, il est bien vray, mais vous en faites trop :
Remettez-vous au pas et quittez ce galop.
- Ma belle, baisez-moi, c'est à vous de vous taire.

- Ma foi, cela vous gaste au milieu du repas...
- Belle, vous dites vray, mais se pourroit-il faire
De voir un si beau con, et ne le foutre pas ?

Sitôt que le sommeil, au matin, m'a quitté,
Le premier souvenir est du con de Nérée,
De qui la motte ferme et la barbe dorée
Esgale ma fortune à l'immortalité.

François de MALHERBE
[/align]

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Dernière édition par andré le Jeu 19 Oct 06, 18:42, édité 2 fois.

Mar 25 Juil 06, 20:33
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André a écrit:
Sa langue était superbe, vigoureuse luxuriante.


Tout un programme ! :loveyes: :shame: !siffle! :mdr:

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Mar 25 Juil 06, 20:57
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[align=center]Robbé De BEAUVESET (1714-1794)[/align]

Ce poète du XVIIIème siècle à un remarquable sens de la chute. Son goût prononcé, très tôt, pour la poésie érotique, le fit désigner, à l'é"poque, comme le "chantre du mal immonde" LOUIS XV à qui il avait eu le culot de s'attaquer, veut le faire arrêter. Mais l'imprudent Robbé, l'apprenant, substitue des vers apologiques aux vers incriminés par le roi. Si bien que ce dernier se fait rouler dans la farine, et verse (ce qui est un comble !) une pension coquette à Robbé, à condition qu'il brûle tous ses vers "orduriers". Ce qui fut fait sur le champ... Mais ce qu'ignorait LOUIS XV, c'est que le poète les connaissait par coeur... (Vous voyez ce que je veux dire). Spécialiste de l'épigramme, je vous en livre un plus que savoureux.

[align=center]ÉPIGRAMME

Un Directeur, suppôt des plus zélés,
Pour les autels des deux enfants ailés,
D'un vieux mari, à la gente soubrette,
Voulut planter l'antiphysique aigrette.
"La belle enfant, ça, dit-il, tourne-toi
Que pour varier je m'escrime en levrette.
Y gagneras un bon pouce de roi.
- Je le veux bien, dit la belle Angélique,
Mais n'allez pas à Vénus faire un vol
Et vous trompant par erreur jésuitique,
Ne prenez pas Saint Pierre pour Saint Paul.
- Ah, double impie ! à l'instant repart l'autre,
Dis-moi, prends-tu ton cul pour un apôtre ?
_____________________

LES PROMESSES D'UN VISAGE
de Charles BAUDELAIRE
Vers 1865.


J'aime, ô pâle beauté, tes sourcils surbaissés,
D'où semblent couler des ténèbres ;
Tes yeux, quoique très noirs, m'inspirent des pensers
Qui ne sont pas du tout funèbres.

Tes yeux, qui sont d'accord avec tes noirs cheveux,
Avec ta crinière élastique,
Tes yeux, languissamment, me disent : "Si tu eux,
Amant de la muse plastique.

"Suivre l'espoir qu'en toi nous avons excité,
Et tous les goûts que tu professes,
Tu pourras constater notre véracité
Depuis le nombril jusqu'aux fesses.

"Tu trouveras, au bout de deux seins bien lourds,
Deux larges médailles de bronze,
Et sous un ventre uni, doux comme du velours,
Bistré comme la peau d'un bonze,

"Une riche tison qui, vraiment, est la soeur
De cette énorme chevelure,
Souple et frisée, et qui t'égale en épaisseur,
Nuit sans étoiles, nuit obscure !".
______________________


* Orthographe rajeunie en français moderne par ANDRÉ
[/align]

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Mer 02 Aoû 06, 18:52
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[center]LE BIEN VIENT EN DORMANT.

Sonnet de Jean-Baptiste Joseph WILLART de GRÉCOURT
(1683-1743) (Extrait de "Oeuvres 1746)


Pour éviter l'ardeur du plus grand jour d'été,
Chimène sur un lit dormait à demi-nue.
Dans un état si beau qu'elle eût même tenté
L'humeur la plus pudique et la plus retenue.

Sa jupe permettait de voir en liberté
Ce petit lieu charmant qu'elle cache à la vue,
Le centre de l'amour et de la volupté,
La cause du beau feu qui m'enflamme et me tue.

Mille objets ravissants, en cette occasion,
Bannissant mon respect et ma discrétion,
Me firent embrasser cette belle dormeuse.

Alors elle s'éveille à cet effort charmant,
Et s'écrie aussitôt : Ah ! que je suis heureuse !
Les biens, comme l'on dit, me viennent en dormant !
______________________

Voici deux poèmes érotiques de Guillaume APOLLINAIRE, incontestable "magicien" des mots qui chantent les parfums des fleurs ou ceux des aisselles de la femme, ou encore qui subliment la pointe rose des petits seins de Lou. " Le jupon" est extrait de ses petits morceaux poétiques, colorés d'érotisme, de vrais petits bijoux sensuels débordants de passion qu'il écrivit par centaines. Il les expédia du front, durant la guerre 14-18 à Louise de Coligny-Châtillon, qu'il appelait tendrement son "petit Lou"

LE JUPON

de Guillaume APOLLINAIRE

Bonjours Germaine Vous avez un beau jupon
Un beau jupon de reine et de reine cruelle
Que j'en tâte la soie une soie du Japon
Qu'orne un large volant d'ancienne dentelle.

Cette cloche de soie où le double battant
De vos jambes tinta le glas de mes caprices
J'en sonne ma Germaine le sein haletant
Et les mains appuyées sur vos hanches complices

Votre chambre ma cloche est un charmant clocher
Où mes mains sur la soie déchirent mes oreilles
Les partères gibet des jupons accrochés
Balancent des pendus soyeux qui m'émerveillent

Immobile comme un hibou la lampe veille
_____________________

LOU MA ROSE

Lou tu es ma rose
Ton derrière merveilleux n'est-ce pas la plus belle rose
Tes seins tes seins chéris ne sont-ce pas des roses
Et les roses ne sont-ce pas de jolis p'tits Lous
Qu' l'on fouette comme la brise
Fustige les fesses des roses dans le jardin
Abandonné
Lou ma rose ou plutôt mes roses
Tu m'as envoyé des feuilles de rose
Ô petite déesse
Tu crées les roses
Et tu fais les feuilles de roses
Roses
Petites femmes à poil qui se baladent
Gentiment
Elles se balancent en robe de satin
Sur des escarpolettes
Elles chantent le plus beau parfum le plus fort le plus doux
Lou ma rose ô ma perfection je t'aime
Et c'est avec joie que je risque de me piquer
En faveur de ta beauté
Je t'aime je t'adore je mordille tes feuilles roses

Rose reine des fleurs Lou reine des femmes
Je te porte au bout des doigts ô Lou ô rose
Au bout des doigts en te faisant menotte
Jusqu'à ce que tu t'évanouisses
Comme s'évanouit le parfum
Des roses
Je t'embrasse ô Lou je t'adore.

Il signait : "GUI".
[/center]

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Mar 17 Oct 06, 18:55
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André j'apprécie tes poèmes qui sont les créations de grands poètes masculins. Mais puisque l'on est dans la parité, pourquoi pas des poèmes de Louise Labbé dit la belle cordière comme je vis je meurs.

Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
J'ai chaud extrême en endurant froidure :
La vie m'est et trop molle et trop dure.
J'ai grands ennuis entremêlés de joie.

Tout à un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j'endure ;
Mon bien s'en va, et à jamais il dure ;
Tout en un coup je sèche et je verdoie.

Ainsi Amour inconstamment me mène ;
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être au haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.

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Je ne dis jamais de mensonges, sauf quand je lis la presse à voix haute. (Jean Yanne)


Mar 17 Oct 06, 20:14
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D'abord, je tiens à te remercier, vivement, Raoul VOLFONI, pour avoir posté ce magnifique et tendre poème de Louise Labbé. Je partage tout à fait ton avis en ce qui concerne la parité, qu'il s'agisse du domaine poétique qui nous intéresse, que dans la vie de notre société. J'ai d'ailleurs, depuis quelques temps déjà, dans un autre forum, initié plusieurs topics, l'un consacré aux "meilleurs poèmes des femmes poètes", l'autre étant une sorte de dictionnaire des femmes poètes du monde entier. Un énorme travail de recherche sur lequel je planche depuis plus d'un an.

Bien entendu qu'il y aura, ici-même, des poèmes légers où figureront des femmes poètes telles que Mme de LAUVERGNE, Michèle BENOIT, Marie Antoinette de HELLE, ou encore Mme de VILLEDIEU, pour ne citer que les principales qui se sont exercées dans la gamme du lyrisme érotique, jusqu'à la hantise charnelle la plus éperdue. Et ce, dans des compositions parfois très anciennes et "inédites". Je vous prépare quelques beaux petits couplets dans un panorama aussi divers que pittoresque.

Un topic à suivre donc, mais sur lequel je n'ai pas l'exclusivité, et où tout poème érotique sera le bienvenu, en évitant, bien entendu de tomber dans le vulgaire ou le grossier, cela s'entend.

Excellente fin de soirée RAOUL

CARPE DIEM

Chaleureuse amitié poétique.

ANDRÉ

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Mar 17 Oct 06, 22:17
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Louise LABÉ (1526-1565)


"La Belle Cordière" avait le feu au tambour, comme on dit. Mariée depuis 10 ans à un cordier très riche, elle n'avait pas attendu d'être veuve pour se glisser entre les bras d'Olivier de Magny qui était tombé raide dingue de la mignonne. Dans une "Ode à sire Aymon", Olivier se paye d'ailleurs carrément la tirelire du cocu, ce qui peut laisser rêveur sur la réputation et les moeurs de la coquine. L'oeuvre poétique de l'amoureuse Lyonnaise comprend "Le Débat de Folie et d'Amour" (1555) : Un dialogue en prose, vingt-quatre sonnets et trois élégies. (Elle savait de quoi elle parlait !).

Ses poésies exsudent la sensualité et la passion incandescente qui l'habitent. Son oeuvre tout entière est d'ailleurs consacrée à l'amour charnel, principalement dans les sonnets, qui demeurent les plus sublimes de notre langue.


SONNET

O beaux yeux bruns, ô regars destournez,
O chaus soupirs, ô larmes espandues,
O noires nuits vainement atendues,
O jours luisans vainement retournez :

O tristes pleins, ô désirs obstinez,
O tems perdu, ô peines déspendues,
O mile morts en mile rets tendues,
O pires maus contre moy destinez.

O ris, ô front, cheveus, bras, mains et doigts :
O lut pleintif, viole, archet et voix :
Tant de flambeaux pour ardre une femelle !

De toy me plein, que tant de feus portant,
En tant d'endrois d'ieus mon coeur tatant,
N'en est sur toy volé quelque étincelle.

____________________________________



Robbé De BEAUVESET (1714-1794)

Ce poète du XVIIIème siècle à un remarquable sens de la chute. Son goût prononcé, très tôt, pour la poésie érotique, le fit désigner, à l'é"poque, comme le "chantre du mal immonde" LOUIS XV à qui il avait eu le culot de s'attaquer, veut le faire arrêter. Mais l'imprudent Robbé, l'apprenant, substitue des vers apologiques aux vers incriminés par le roi. Si bien que ce dernier se fait rouler dans la farine, et verse (ce qui est un comble !) une pension coquette à Robbé, à condition qu'il brûle tous ses vers "orduriers". Ce qui fut fait sur le champ... Mais ce qu'ignorait LOUIS XV, c'est que le poète les connaissait par coeur... (Vous voyez ce que je veux dire). Spécialiste de l'épigramme, je vous en livre un plus que savoureux.

ÉPIGRAMME

Un Directeur, suppôt des plus zélés,
Pour les autels des deux enfants ailés,
D'un vieux mari, à la gente soubrette,
Voulut planter l'antiphysique aigrette.
"La belle enfant, ça, dit-il, tourne-toi
Que pour varier je m'escrime en levrette.
Y gagneras un bon pouce de roi.
- Je le veux bien, dit la belle Angélique,
Mais n'allez pas à Vénus faire un vol
Et vous trompant par erreur jésuitique,
Ne prenez pas Saint Pierre pour Saint Paul.
- Ah, double impie ! à l'instant repart l'autre,
Dis-moi, prends-tu ton cul pour un apôtre ?
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ÉPIGRAMME

par Laus de BOISSY (1787
Extrait de "Autant en emporte le vent ou Recueil de Pièces un peu...un peu... on le verra bien."
(Editions Cazin. Paris)


Un Florentin auprès de sa maîtresse,
Un certain jour, par goût de changement,
Pour attaquer la forteresse,
S'apprêtait à poser le mineur * par devant.
La donzelle surprise, arrête court mon homme ;
Quoi ! (dit-elle) par-là ! mon cher, y pensez-vous ?
Ah ! (reprit-il) rassurez-vous ;
Plus d'un chemin conduit à Rome.
__________________________


POUR LA VEUVE ET SA FILLE.

(Mis en français moderne par André)

Je cherche dans Paris un enfant de famille
Qui n'ait point le renom de vivre en débauché,
Pour décharger mes bras d'une assez belle fille,
Que je crains, comme moi, sujette à un péché ;

L'on tient l'Extravagant pour être un bon parti,
Ma fille, allons donc voir si la mine en est bonne,
Ou seulement s'il montre avoir un bon outil,
Car je parle pour vous comme pour ma personne.

ANONYME. (1631)
______________________________


MEUNIÈRE

Le vent lève son cotillon,
Et la farine la parfume ;
Elle montre ses mollets ronds,
Sa nuque grasse et ses tétons,
Et les yeux des ruliers s'allument.
"Meunier !... Meunier !... Tu est cocu !..."
Car le soir, ni vu ni connu,
Tandis que ton moulin tourne au vent de galerne,
Dans ses draps rudes, frais lavés,
Sur son corps caressé par les valets de ferme,
Je goûte la saveur douce et tiède du blé.

Louis Charles ROYER (1928)
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Jeu 19 Oct 06, 11:55
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Merci André !extra! :kiss:

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je reste avec l'élégance de "Le bien vient en dormant".

André, je suis toujours contente et surprise de savoir combien tu travailles comme poète ! bravo à toi !

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Jeu 19 Oct 06, 13:10
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Jeu 19 Oct 06, 13:13
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ÉPIGRAMME
de François de MAYNARD
Vers 1620

C'est bien pour me rompre la tête
Que de me prêcher tous les jours
La vertu de l'amour honnête,
Dont Platon a fait un discours.

Pour moi de qui le vit lubrique
Toujours raide comme un bâton,
Ne demande rien que pratique,
Je foutrais et vous et Platon.



LES BELLES JAMBES
d'Alexis PIRON
Vers 1730


Colin poussé d'amour folâtre,
Regardait à son aise, un jour,
Les jambes plus blanches qu'albâtre
De Rose, objet de son amour.
Tantôt il s'adresse à la gauche ;
Tantôt la droite le débauche.
Je ne sais plus, dit-il laquelle regarder ;
Une égale beauté fait un combat entr'elles.
Ah ! lui dit Rose, ami, sans plus tarder,
Mettez-vous entre deux pour finir leurs querelles.

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Mar 07 Nov 06, 12:55
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Ceste fillette ( Jean Molinet..+ 1507 )

Ceste fillette à qui le tétin poinct,
Qui est tant gente et a les yeulx si vers,
Ne lui soyez ne rude ne pervers,
Mais la traictez doulcement et à poinct.
Despouillez vous et chemise et pourpoinct
Et la gectez sur ung lict à l'envers,
Ceste fillette.

Après cela si vous estes en poinct,
Accolez la de long et de travers,
Et si elle a les deux genoulx ouvers,
Donnez dedans et ne l'espargnez poinct,
Ceste fillette.

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Mar 07 Nov 06, 13:59
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Un jour Robin... ( Clément Marot )

Un jour Robin vint Margot empoigner,
En lui monstrant l'outil de son ouvraige,
Et sur le champ la voulut besogner;
Mais Margot dit : " Vous me feriez oultraige,
Il est trop gros et long à l'advantaige "
- Bien, dit Robin,tout en vostre fendasse
Ne le mettray " ; et soudain il l'embrasse,
Et la moytié seulement y transporte.
" Ah! dit Margot, en faisant la grimace,
Mettez y tout ; aussi bien je suis morte."


Du même :

De Robin et de Catin...

Un jour d'yver, Robin tout esperdu
Vint à Catin présenter sa requeste,
Pour desgeler son chose morfondu
Qui ne pouvoit quasi lever la teste;
Incontinent, Catin fut toute preste.
Robin aussi prend courage et s'accroche.
On se remue, on se joue, on se hoche,
Puis quand ce vint au naturel debvoir:
" Ah! dit Catin, le grand desgel approche !"
- Voyre dit il, car il s'en va pleuvoir !"

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" Rèverie !...O cigare invisible du sage ..."

V.Hugo


Mar 07 Nov 06, 14:58
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[center]Bernard de la MONNOYE (1641-1728)

Philologue français et poète érudit, Bernard de la Monnoye fut élu à l’unanimité à l’Académie française. Pourtant, le ton de ses poésies la plupart gaillardes, mais qui étaient très prisées à la fin du XVIIème siècle, revêt nettement, déjà, la couleur libertine de celui qui s’annonce. On y apprend, entre autres, que la hardiesse des « nanas » au bal n’avait rien à envier à dcelle des filles d’aujourd’hui !
[/center]

[center]CHOU POUR CHOU

Lise en un bal, s’étant démis la hanche,
Macé le jeune, aussitôt fut mandé.
Bon r’habilleur. Lise était drue et blanche,
Macé dispos, gaillard et peu vidé.
Il vit l’endroit, l’objet meut la puissance,
D’où l’on peut bien juger en conséquence,
Que travaillant sur un si beau sujet,
Pas ne manqua d’être ému par l’objet.
Or, quand la hanche en état fut remise,
Le gars voulut prendre congé de Lise.
« Que vous faut-il, lui dit-elle, Macé ?
- Rien, chou pour chou, répond le bon apôtre.
Je vous ai, Lise, un membre redressé
Vous avez su m’en redresser un autre. »
[/center]

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Mer 08 Nov 06, 11:37
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[center]RUE JOUBERT

Maurice DEKOBRA, 1928.

Viens avec moi, petit, viens goûter aux névroses
Qu'on achète cent francs chez Monsieur Casimir.
Allons lui demander si la brunette en rose,
Si Mignon est en mains, ou s'apprête à mourir.

Le patron sans écaille, aux gros yeux blancs d'alose,
Entr'ouvrira pour toi le peignoir bleu saphir
De la Belle aux yeux las, qui sait trouver des choses,
Des choses dont on garde un amer souvenir.

Tu monteras, ingambe, et vibrant d'allégresse,
palpé dans le couloir par l'énorme négresse,
Qui jauge le désir à l'ampleur de la main.

Et sur le lit, Mignon, que la corvée irrite,
Posant sa nuque hostile au bord du traversin,
Te dira simplement : "Tiens, mon chéri, fais vite."

(In - Luxures. 1929)
[/center]

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Mar 14 Nov 06, 14:07
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[center]DEMI-VIERGE

Maurice DEKOBRA

Jeune fille élevée au Couvent des Oiseaux,
Viens chez moi me montrer ton audace timide,
Ton vice qui s'observe et tes actes que guide
La crainte de froisser le pli de ton manteau.

On peut, en écartant avec un geste lent
La chaste jarretelle au seuil de la chemise,
Livrer la fleur cachée à la tendre expertise
D'un amateur qui sait tous les rites galants.

À quoi bon exiger le saut du Rubicon ?
Pourquoi prendre la rose au devant du balcon,
Quand l'autre, plus petite, à sa corolle ouverte ?

Cache donc simplement ton minois dans tes mains,
Tandis que ton séant s'offre à ma tige experte
Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain.
[/center]

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Mer 15 Nov 06, 21:10
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waow André, c'est chaud ! !extra!

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Mer 15 Nov 06, 22:54
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Certainement en référence au livre de Marcel Prévost : Les demi-vierges

La préface est ici :

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Mer 15 Nov 06, 23:00
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Ces poèmes sont extraits du recueil poétique de Maurice DEBROKA (1885 - 1973) intitulé "Strophes libertines du Chevalier Naja, publié chez Priape, en 1921. Je ne pourrais dire s'il s'agit d'un clin d'oeil au livre de Marcel Prevost (1862-1941) ou d'un pur hasard. Vu les dates de naissance des deux auteurs, c'est fort possible. Je n'ai pas lu DEBROKA en prose, je possède seulement son livre de poèmes cité ci-dessus. RENÉE-JEANNE MIGNARD m'a dit qu'elle ne conservait pas un souvenir impérissable de ses oeuvres écrites en prose. Actuellement, je recherche son autre recueil Luxures qui est ouvrage poétique. Je vais vous soumettre, aujourd'hui, un autre de ses petits poèmes libertins, assez chaud, comme dit LORELEI, mais dans une rime excellente et dans une langue riche où l'érotisme n'est jamais grossier, et dont Robert DESNOS disait : "L'érotisme est une science individuelle", sans constituer un défi à la morale et aux usages. Car nous avons bien affaire, ici, à de la véritable poésie, et point n'est besoin d'invoquer le grand exemple de RABELAIS, pour saisir que la gaudriole, la gauloiserie et toutes ses formes de comique sexuel en général, vont souvent infiniment plus loin que leur signification immédiate. Quand ces poèmes sont écrits par de vrais poètes, le ton léger et hardi n'est qu'un simple prétexte, car il s'agit alors d'exprimer sur un mode tantôt badin et tantôt provocant ce que d'autres avaient exprimé sous une forme plus solennelle ou plus grave, voire, parfois, plus académique.

BISOUS À VOUS DEUX DU MARSEILLAIS

ANDRÉ

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Ce que j'ai pu lire de Maurice Debroka ce ne sont que des romans à l'eau de rose, bien éloignés du livre de Marcel Prévost

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Opaline a écrit:
Ce que j'ai pu lire de Maurice Debroka ce ne sont que des romans à l'eau de rose, bien éloignés du livre de Marcel Prévost


Maurice PREVOST, je connaîs, et ta remarque qui va dans le sens de RENÉE-JEANNE, me confirment que je n'ai pas perdu grand chose à ne pas avoir lu du DEBROKA. Il doit y avoir le jour et la nuit...

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attention à l'addiction !!!! :mdr: :mdr:
bien employé, Opaline ?
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Emploi de bon aloi chère Tamagar ;-)

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Jeu 16 Nov 06, 13:20
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Etienne JODELLE

TOUCHE DE MAIN MIGNONNE

Touche de main mignonne, fretillarde,
Sur l'Instrument le plus doux en amour,
Qui peut chasser la plaintive clamour,
Sous un accord de plaisance gaillarde,

Et, au tenter d'une ruse pillarde,
Pince et blandit mainte corde à l'entour,
En l'animant d'agile brusque tour,
Par la vertu de sa voix babillarde.

Assez, assez, pour jouir à plaisir
Et commencer me tente le desir:
Tiens la mesure, ou sur mon Luth fredonne

Les doux accords des accordants débats;
Ce temps pendant, du pouvoir que me donne
Le long repos, je fournirai le bas.
_____________________


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Ven 17 Nov 06, 20:43
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Né en 1638 , fils d’un tailleur d’habits, Claude Le Petit fut élevé au Collège des Jésuites de Clermont à Paris et fit des études de droit. Dans sa jeunesse, il voyagea à travers l’Europe pendant plusieurs années dans le but, d’après les Mémoires de Jean Rou, de fuir la police. Claude Le Petit aurait poignardé et tué, après querelle, un frérot Augustin.

De retour à Paris, il vécut de sa plume lorsqu’en août 1662, la police saisit chez les imprimeurs Eustache et Pierre Rebuffé des feuillets jugés licencieux pour l'époque.

Découverts par la police, les feuillets du jeune poète Claude Le Petit furent brûlés. Néanmoins, un manuscrit confié par Le Petit à un hypothétique baron germanique, M. de Schildebeck, ou des copies de pièces sauvées des flammes, permirent en 1663 une édition du Bordel des Muses à Leyden. L’unique exemplaire de cette édition détenu par la Bibliothèque Nationale a disparu au XIXe siècle. Cependant, grâce aux copies levées par deux bibliophiles, Edouard Tricotel, huissier et Alfred Bégis, syndic de Faillite, Frédéric Lachèvre édita en 1918 Les Œuvres libertines de Claude Le Petit.

En quelques jours, Claude Le Petit fut condamné au bûcher place de Grève pour l’exemple car il attaquait la religion et surtout il ironisait sur les relations de la reine douairière avec Mazarin. Son ami, le poète François Colletet (1628-1680) écrivit dans ses Mémoires :

- « Ce jourd’hui premier jour de septembre fust bruslé en place de Grève, à Paris, après avoir eu le poing coupé, fait amende honorable devant Nostre-Dame de Paris esté étranglé Claude Petit, advocat en Parlement, auteur de L’Heure du Berger, et de L’Escole de l’Interest pour avoir fait un livre intitulé : Le Bordel des Muses, escrit l’Apologie de Chausson, le Moyne renié et autres compositions de vers et de prose pleine d’impiétés et de blasphèmes, contre l’honneur de Dieu, de la Vierge et de l’Estat. Il estoit âgé de 23 ans et fut fort regretté des honnestes gens à cause de son bel esprit qu’il eust peu employer à des choses plus dignes de lecture. »

Dans les sonnet suivants, et notamment dans celui intitulé "Aux Précieuses" contenu dans son Bordel des Muses, sans citer nommément des Dames, Claude Le Petit interpelle les Précieuses Ridicules. Celles-ci sont mises en scène en 1659 par Molière qui dénonce davantage leurs ridicules excès que la préciosité, née vers 1610 à l’Hôtel de Rambouillet, en réaction aux manières négligées de la Cour d’Henri IV. La recherche de l’élégance des comportements et du langage est pervertie par la mode de l’affectation, du galimatias et des mignardises cités par le Grand Dictionnaire des Précieuses ou la Clef de la langue des Ruelles (1660) de Somaize. Dans ce sonnet « Aux Précieuses », l’allusion aux femmes à femmes se trouve dans le dernier vers où le livre de Charles Petit pourrait donner aux femmes, les plus froides ou les plus intellectuelles, autant de plaisir qu’un « godemichi », instrument que la tradition prête aux dépravées et aux lesbiennes.


[center]Claude LE PETIT (1638-1664)

SONNET

Courtisans de Priape et du Père Bacchus,
Vigoureux officiers de nocturnes patrouilles,
Vénérables fouteurs d’inépuisable couilles,
Experts dépuceleurs, artisans de cocus.

Et vous garces à chienne, croupions invaincus,
Quoi de nos braquemarts vous faites des quenouilles,
Dame du Putanisme, agréables gargouilles,
Vous, lâches empaleurs et chaussonneurs de crus.

Venez tous au bordel de ces Muses lubriques :
L’esprit qui prend plaisir au discours satyriques
Déchargera sans doute, entendant ces accords.

Ce livre fleurira sans redouter les flammes.
On souffle icy des lieux pour le plaisir des corps,
On en souffrira bien pour le plaisir des âmes.

(In : "Bordel des Muses ou les 9 pucelles putains")

_________________________

AUX PRÉCIEUSES

SONNET

Courtisanes d’honneur, putains spirituelles,
De qui tous les péchés sont des péchés d’esprit,
Qui n’avez du plaisir qu’en couchant par escrit,
Et qui n’aimez les lits qu’à causes des ruelles ;

Vous chez qui la nature à des fleurs éternelles,
Précieuses du temps, mes chères sœurs en Christ,
Puisque l’occasion si justement vous rit,
Venez dans ce bordel vous divertir, mes belles.

Si l’esprit a son vit aussi bien que le corps,
Vostre âme y sentira des traits et des transports
A faire descharger la femme la plus froide ;

Et si le corps enfin est par l’amour fléchi,
Ce livre en long roulé, bien égal et bien roide,
Vaudra bien un godemichi.

(In : "Bordel des Muses ou les 9 pucelles putains")


[/center]

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Sam 18 Nov 06, 14:17
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