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Section animée par André
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andré
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Inscription: Mer 27 Juil 05, 13:06 Messages: 14651 Localisation: Marseille Pays:
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 Re: Petits poèmes érotiques.
Benedict BADDEL
D'UNE FOURMIS
Ah ! si j'étais une FOURMIS, Je m'en irais sans plus attendre Me mettre au travers du treillis, De ma belle la basse-chambre.
Je vous feray si bien mon cas, Qu'après avoir la promenade Fait tout autour ; dedans son BAS Je lui donnerais une pinçade.
Après cela, incontinent Qu'elle voudrait de sa main tendre Cette FOURMIS tout doucement Attrapper ; je lui ferais prendre
Une FOURMIS, ô quel plaisir ! Qui à l'autre est bien différente. Car de celle-ci, pour ne mentir, La race en est plus excellente.
Elle sait si bien fourmiller, Chatouiller, trouver sa tanière, Qu'elle ne veut point sommeiller, Mais va cherchant sa fourmillière :
Et suis assuré, qu'une fois Qu'elle l'aurait en main tenue, Elle voudrait cent mille fois Sur un jour coucher toute nue.
Elle ne souhaiterait mieux Que ma FOURMIS bien fourmillante, Pour aplanir son BAS rabotteux, Que toujours dedans fut glissante.
Laisse donc belle ma FOURMIS Fourmiller, par ton descendre, Tu connaîtras que morts et VIES Sont pour conjoint, à toi se rendre.
_________________ La poésie se nourrit aux sources de la prose et s'embellit au concerto des mots.
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| Ven 02 Jan 09, 13:47 |
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andré
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Inscription: Mer 27 Juil 05, 13:06 Messages: 14651 Localisation: Marseille Pays:
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 Re: Petits poèmes érotiques.
Denis Sanguin de SAINT-PAVIN
SONNET
Caliste, propre et bien frisée, Forçant l'ordre de son destin, Pour venir me voir un matin S'était en page déguisée.
La petite assez avisée Craignait qu'en jupe de satin A son teint délicat et fin La porte lui fut refusée.
A l'aspect de ses doux appats J'arçay*, je ne m'en défends pas, Mais elle parut si gentille
Que pour la sauver du sopçon Je la trattais comme une fille Qui voulait passer pour garçon.
* Se tendre comme un arc - par extension : être en érection.
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| Sam 03 Jan 09, 13:12 |
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Gabé-nelly
Conseil Régional
Inscription: Mer 01 Juin 05, 9:40 Messages: 14937 Localisation: SUD Pays:
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 Re: Petits poèmes
érotiques.
oupss manque un "u" a soupçon mais vite pardonné André la musicalité reste la même
_________________
 "" c'était décidement son destin.Elle n'était pas seulement abonnée à Orange .Mais aussi , mais surtout , au désir d'être aimée .Un abonnement à perpétuité ."
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| Sam 03 Jan 09, 13:43 |
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andré
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Inscription: Mer 27 Juil 05, 13:06 Messages: 14651 Localisation: Marseille Pays:
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 Re: Petits poèmes érotiques.
Bonjour chère NELLY,
Si la poésie avait été écrite en français moderne, il aurait bien manqué un "U" à soupçon. Mais il s'agit là d'un poème de 17e siècle dont j'ai conservé la forme originale afin de ne pas en dénaturer la nature intrinsèque. En ces temps là, le mot soupçon s'écrivait bien SOPÇON.
J'espère que tu ne soupçonneras pas mon affirmation. En cas de doute, tu peux vérifier en cliquant sur le lien ci-dessous :
CLIC ICI
du voisin.
Allez je vais vite allez chez "U" pour faire quelques courses de dernière minute.
ANDRÉ
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| Sam 03 Jan 09, 14:47 |
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andré
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Inscription: Mer 27 Juil 05, 13:06 Messages: 14651 Localisation: Marseille Pays:
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 Re: Petits poèmes érotiques.
Denis Sanguin de SAINT-PAVIN
L’ÉNIGME
Je vis un jour dans l'île fortunée Un petit mont qu'on ne peut trop chérir ; II a des fleurs tous les mois de l'année, Et quelquefois est neuf mois sans fleurir : Vers le penchant un sentier le partage, Tout rebordé de roses à l'entour ; Là, dans un temple, au milieu d'un bocage On va traiter les mystères d'amour.
Le pélerin peu de temps y demeure, Pour la santé c'est un lieu dangereux ; Si par hazard il advient qu'il y meure, II ressuscite, et refait d'autres vœux. De ce coteau découle une fontaine ; On le cultive, il est ensemencé : En y montant souvent on perd haleine,
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| Dim 04 Jan 09, 14:13 |
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andré
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Inscription: Mer 27 Juil 05, 13:06 Messages: 14651 Localisation: Marseille Pays:
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 Re: Petits poèmes érotiques.
Raoul PONCHON
LESBOS Mère des jeux latins et des voluptés grecques, Lesbos, où les baisers, languissants ou joyeux, Chauds comme les soleils, frais comme les pastèques , Font l’ornement des nuits et des jours glorieux, Mère des jeux latins et des voluptés grecques,
Lesbos, où les baisers sont comme les cascades Qui se jettent sans peur dans les gouffres sans fonds Et courent, sanglotant et gloussant par saccades, Orageux et secrets, fourmillants et profonds ; Lesbos, où les baisers sont comme les cascades !
Lesbos, où les Phrynés l’une l’autre s’attirent, Où jamais un soupir ne resta sans écho, A l’égal de Paphos les étoiles t’admirent, Et Vénus à bon droit peut jalouser Sapho ! Lesbos, où les Phrynés l’une l’autre s’attirent,
Lesbos, terre des nuits chaudes et langoureuses, Qui font qu’à leurs miroirs, stérile volupté ! Les filles aux yeux creux, de leur corps amoureuses, Caressent les fruits mûrs de leur nubilité ; Lesbos, terre des nuits chaudes et langoureuses,
Laisse du vieux Platon se froncer l’œil austère ; Tu tires ton pardon de l’excès des baisers, Reine du doux empire, aimable et noble terre, Et des raffinements toujours inépuisés. Laisse du vieux Platon se froncer l’œil austère ;
Tu tires ton pardon de l’éternel martyre, Infligé sans relâche aux cœurs ambitieux, Qu’attire loin de nous le radieux sourire Entrevu vaguement au bord des autres cieux ! Tu tires ton pardon de l’éternel martyre,
Qui des Dieux osera, Lesbos, être ton juge Et condamner ton front pâli dans les travaux, Si ses balances d’or n’ont pesé le déluge De larmes qu’à la mer ont versé tes ruisseaux ? Qui des Dieux osera, Lesbos, être ton juge ?
Que nous veulent les lois du juste et de l’injuste ? Vierges au cœur sublime, honneur de l’Archipel, Votre religion comme une autre est auguste, Et l’amour se rira de l’Enfer et du Ciel ! Que nous veulent les lois du juste et de l’injuste ?
Car Lesbos entre tous m’a choisi sur la terre Pour chanter le secret de ses vierges en fleurs, Et je fus dès l’enfance admis au noir mystère Des rires effrénés mêlés aux sombres pleurs ; Car Lesbos entre tous m’a choisi sur la terre.
Et depuis lors je veille au sommet de Leucate , Comme une sentinelle à l’œil perçant et sûr, Qui guette nuit et jour brick, tartane ou frégate , Dont les formes au loin frissonnent dans l’azur ; Et depuis lors je veille au sommet de Leucate,
Pour savoir si la mer est indulgente et bonne, Et parmi les sanglots dont le roc retentit Un soir ramènera vers Lesbos, qui pardonne, Le cadavre adoré de Sapho, qui partit Pour savoir si la mer est indulgente et bonne !
De la mâle Sapho, l’amante et le poète, Plus belle que Vénus par ses mornes pâleurs ! - L’œil d’azur est vaincu par l’œil noir que tachette Le cercle ténébreux tracé par les couleurs De la mâle Sapho, l’amante et le poète !
- Plus belle que Vénus se dressant sur le monde Et versant les trésors de sa sérénité Et le rayonnement de sa jeunesse blonde Sur le vieil Océan de sa fille enchanté ; Plus belle que Vénus se dressant sur le monde !
- De Sapho qui mourut le jour de son blasphème, Quand, insultant le rite et le culte inventé, Elle fit son beau corps la pâture suprême D’un brutal dont l’orgueil punit l’impiété De celle qui mourut le jour de son blasphème.
Et c’est depuis ce temps que Lesbos se lamente, Et, malgré les honneurs que lui rend l’univers, S’enivre chaque nuit du cri de la tourmente Que poussent vers les cieux ses rivages déserts . Et c’est depuis ce temps que Lesbos se lamente !
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| Lun 05 Jan 09, 13:52 |
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andré
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 Re: Petits poèmes érotiques.
François De LOUVENCOURT
O sein plus blanc que ne sont ces oiseaux Qui vont chantant sur les bords de Méandre, Beau sein pour qui je trouve que Léandre Eu bien cent fois retraversé les eaux.
Oeil plus flammeux que ces astres jumeaux Qu'on voit leurs rais si clairement étendre ; Bel oeil, vrai nid où mille Amours nouveaux Tous les matins vont leur naissance prendre.
Et vous tétons fermement arrondis : Si je n'avais les doigts tant engourdis, Si je pouvais chanter ainsi qu'Homère,
Sein, tu serais un pur étang de lait, Oeil un soleil, et toi, mont jumelet, Un vrai Parnasse au mignon de Cythère.
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| Jeu 08 Jan 09, 22:49 |
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andré
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 Re: Petits poèmes érotiques.
Albert GLATINY
À LOUISE CALLIPYGE*
Ce n'est point votre soueur, marquises et comtesses, Celle qui dans mes sens fait couler le désir ; Le robuste idéal de mon charnel loisir, C'est une grosse fille avec de grosses fesses.
Elle a le corps poilu comme aux rudes faunesses Et des yeux grands ouverts distillant le plaisir. Mais dans sa belle chair, le meilleur à saisir C'est son cul souple et dur, si frais sous les caresses ;
Plus frais qu'en juin la source et qu'aux prés le matin, Quand il vient en levrette avec un jeu mutin Au ventre s'adapter d'harmonieuse manière ;
Et rien alors n'est plus gai pour le chevaucher Que de voir, dans un cadre ondoyant de blancheur, Le joyeux va-et-vient de l'énorme derrière...
* par allusion à la statue antique de Vénus Callipyge : qui a de belles fesses.
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| Dim 11 Jan 09, 11:36 |
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andré
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 Re: Petits poèmes érotiques.
Francisco Acuna De Figueroa (~1790-1862)
ÉPIGRAMME
Cornelio grondait en termes peu courtois
Sa femme trop sensible à tant de bons apôtres
Pour les accrocs faits à sa foi.
Elle répond : "C'est vrai, ma foi!
Mais, à l'église, avec des patenôtres,
Quand on me fit dire "oui" à toi,
J'ai oublié de dire "non" aux autres."
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| Lun 12 Jan 09, 13:09 |
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andré
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 Re: Petits poèmes érotiques.
Eustorg De BEAULIEU
BLASON DU C..
Sans déroger aux premiers Blasonneurs Du trou du Cul, et sauves leurs honneurs, Et de tous ceux qui ont savoir condigne Pour blasonner une chose tant digne, Je derechef lui don’rai un Blason Car sa louange est toujours de saison. Et, tout premier, dis que, sans menterie, Le cul au corps a haute seigneurie; Et, qu’ainsi soit, la force de son sens Vient parforcer tous les autres cinq sens À consentir aux sentences mucées Dans son cerveau, puis par lui prononcées Si justement qu'on n'en peut appeler Ne contre lui, fors en vain, rebeller. Puis les cheveux, front, sourcils, yeux et bouche Sont amortis quand la mort le cul bouche, Si sont tétins, nez, joues, et menton, Gorge, estomac, ventre, cuisses, et con, Jambes, et bras, pieds, mains, aussi oreilles, Cols blancs et droits, et corps faits pour merveilles. Mais on peut perdre un oeil, ou tous deux, La jambe, un bras, le nez, ou les cheveux Que pour cela monsieur le cul, derrière, N'en mourra point, ne fera pire chère. Donc, il n'est rien en tout le corps humain Que, si le cul ne lui tient forte main, Puisse échapper que ne perde la vie Ou, pour le moins, ne tombe en maladie. Et si d'icelle attend la guérison, Faut que le cul en fasse la raison En lui donnant force suppositoires, Poudres, senteurs, doux huiles, et clystères Pour l'apaiser, voire jusques à tant Qu'il crachera le mal au corps latent. Ô doncques, cul, de santé le vrai signe Où maint docteur, en l'art de médecine, Prend son avis et visite ton fait, Sans toi n’est corps qui ne soit imparfait. Et outre plus n’est requis que je taise Comment tout prince, et grand seigneur, te baise Au départir du ventre maternel, Qui est à toi un los bien solennel, Car ce tribut te doit tout fils de mère Soit pauvre ou riche, aussi nul n’y diffère. Et qu’aucun dit que tu es sale, et ord Et inutile, il te blasonne à tort, Car j’ai raison pour toi tout au contraire Dieu sait de qui! et voici l‘exemplaire : Ne lit-on pas aux livres anciens Ce qu’un grand clerc mande aux Corinthiens? Ne sais si c’est en l’épître première … Si* l’aille voir qui ne te prise guère Et revenons au cul en joie et ris. Ô donc gros cul à facon de Paris, Cul qu’en allant te dégoises et branles, Comme en dansant basses danses, ou branles Pour démontrer – si bien ta geste on lit – Que tu ferais bien branler un chalit Cul qu’à ta garde as dix ou douze armures De linge, toile, en drap, soie, ou doublures, Outre le beau, frisque, et gaillard derrier, Mais de surcroît, pour être plus gorrier. Cul enlevé trop mieux qu’une coquille, Ô cul de femme! Ô cul de belle fille! Cul rondelet, cul proportionné, De poil frisé pour haie environné Où tu te tiens toujours la bouche close, Fors quand tu vois qu’il faut faire autre chose. Cul bien froncé, cul bien rond, cul mignon, Qui fais heurter souvent ton compagnon Et tressaillir, quand s’amie on embrasse Pour accomplir le jeu de meilleur grâce. Cul rembourré comme un beau carrelet, Qui prends les gens plus au nez qu’au collet. Cul préféré à chacun autre membre, Qui le premier couche au lit de sa chambre Et le dernier en sort gai et léger, Comme de table à l’heure de manger. Cul anobli, et à qui fait hommage La blanche main, voire tête et corsage S’enclinant bas pour te pouvoir toucher Et tous les jours révéremment torcher. Et, qui plus est, ce temps, chacun s’essaye De te vêtir de drap d’or, et de soie Et peut-on voir maints braves testonnés Qui ont leurs bas de chausse, et leurs bonnets, Robe et pourpoint de draps de moindre enchère Que n’est leur haut-de-chausse et leur derrière. Ô puissant cul, que tu es à douter, Car tu fais seul par ta force arrêter Où il te plaît, seigneurs, serfs, fols et sages Dont les uns ont pour te moucher des pages. Qu’il soit ainsi : par toi jadis on vit Le Roi Saül, qui poursuivait David, Si très-forcé, qu’à David se vint rendre Sans y penser, lequel ne le vint prendre Ni ne l’occit, quoiqu’il l’eût en sa main, Plus aimant paix, qu’épandre sang humain. Cul imprenable, assis mieux que sur roche Entre deux monts, où ennemi n’approche Qui tôt ne soit en la male heure houssé, Et par ta force et canons repoussé. Dirai-je rien de ta grande franchise? Las, si ferai! car tu peux dans l’église – À un besoin – soupirer et péter Quoique le nez s’en veuille dépiter Et qu’on te dît que tu es sacrilège, Qui est à toi un très-beau privilège. Cul désiré d’être souvent baisé De maint amant de sa dame abusé S’elle voulait moyennant telle offrande Lui octroyer ton prochain qu’il demande. Je dis encor, ô cul de grand’valeur, Que ton teint fait de brunette couleur Ne changera tant que seras en règne, Et le teint blanc qu’aux autres membres règne Par cours de temps peu à peu viendra laid. Ô doncques cul, réjouis-toi seulet Puis que tu as tant de vertu et grâce Que tout beau teint, fors que le tien, s’efface Et, advenant qu’il se pût effacer, Mieux que d’un autre on se pourrait passer. Et, pour renfort de ta louange écrire, Dis que tu tiens de tous membres l’empire, Pource que peux leurs beautés disposer Ou leur laisser, ou leur faire poser : C’est quand tu es aux œuvres naturelles Prompt et hardi, ou quand te lâches d’elles, Et de toi pend leur joie, ou leur tristesse. Ô cul vaillant et rempli de prouesse, Combien heureux sont – donc – les membres tous Tant que tu as la foire, ou bien la toux? Car, ce pendant, la crainte ne les mord D’être mordus, en chiant, de la mort. Confessent donc que sans tes bénéfices Ils n’ont beauté, teint, plaisirs ne délices.
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| Mar 13 Jan 09, 10:58 |
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andré
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 Re: Petits poèmes érotiques.
Germain NOUVEAU
FÊTES GALANTES
Votre âme est un Colbert à deux louis, Que, loin de l'oeil mauvais des maquerelles, Charment, la nuit, des anges inouïs Dont un fard sombre allume les prunelles ;
Tout en gardant le calme des Indous Chacun, parmi les claires mousselines, Vous en taille une avec un geste doux, Et leur parfum se mêle au jet des pines.
Au brusque jet des pines, si savant Qu'il faut tomber les âmes en extase Et s'humecter d'amour chaque divan, Et se pâmer les fleurs au bord des vases !
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| Mer 14 Jan 09, 11:16 |
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andré
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Inscription: Mer 27 Juil 05, 13:06 Messages: 14651 Localisation: Marseille Pays:
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 Re: Petits poèmes érotiques.
FRANCOPHONIA François MAYNARD
ADIEUX À LYSE
Adieu, Lyse, je vais descendre Où Malherbe fait des chansons Pour divertir l’horrible gendre De la Déesse des Moissons.
On a beau dire que le sage Suit le destin sans murmurer, J’appréhende ce long voyage, Et voudrais bien le différer.
Quand j’aurai passé le Cocyte, Il est juste que je visite Les Manes de votre cocu,
Pour lui dire en quelle posture Vous m’avez, à grands coups de cul, Fait tomber dans la sépulture.
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| Jeu 15 Jan 09, 13:23 |
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andré
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Inscription: Mer 27 Juil 05, 13:06 Messages: 14651 Localisation: Marseille Pays:
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 Re: Petits poèmes érotiques.
Jacques Brindejont-OFFENBACH
Les voyages avaient éclairci ses cheveux, Et ses tempes de jais étaient, à présent, blanches ; Déjà vieux, mais voulant satisfaire à ses voeux, Un seul jour par semaine, il craignait les dimanches.
Une nuit qu'il traînait dans quelque Napoli Ses désirs refroidis et son âme inquiète, Une matrone épaisse, avec un ton poli, À son vice inactif proposa sa fillette.
Tout pour le sacrifice était prêt : en bâillant, La victime attendait un prélude brillant : Il y manquait la flamme impossible à soustraire.
C'est alors que le fruit, encore acidulé, Narguant ses efforts vains, le regard désolé, Proposa simplement : "Veux-tu mon petit frère".
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| Ven 16 Jan 09, 13:06 |
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andré
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 Re: Petits poèmes érotiques.
Marie de BRABANT
FILLE DE PRINCE
Filles de prince excellente, Combien est nette la plante De tes pieds nets et polis Dans ta chaussure jolie !
Quel est le joyau bien fait De main d'un ouvrier parfait, Plein de riches entaillures ? Tel est le tour façonné De tes cuisses rond tourné Avec de belles jointures.
Combien est une tasse ronde Qui toute en liqueur abonde Faite d'ouvrage subtil ? Tel est on petit nombril.
Et ton ventre proprement Semble un monceau de froment Duquel la plante est bordée De beaux lis resplendissants Et d'une odeur embaumée. Tes tétins sur ton corsage Sont de la biche sauvage, Pareils aux petits gémeaux Tant ils sont polis et beaux...
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| Sam 17 Jan 09, 21:13 |
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andré
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 Re: Petits poèmes érotiques.
Alphonse GALLAIS
LA CROUPE
De Séville à Burgos, près la blonde ou la brune, Alors que le soir tombe, endeuillant les objets, Qui - humant les blondeurs ou mignottant le jais - N'a détaillé, ravi, les quartiers de la lune ?
Est-il, de Paris-Roi jusqu'à Pampelune, Un galant, inexpert en les doctes projets, Naïf et sot au point de ne lancer les jets De son regard quêteur à l'astre de chacune ?
Le cavalier qu'attire à la vivante coupe Un éclair vif dardé par une paire d'yeux Ne laisse point couvert le rose mont des dieux...
Et quand le bienheureux, oubliant sa chaloupe, Abandonne la rame au seuil du parc des cieux : Il se retient, mourrant, aux rondeurs de la croupe !
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| Lun 19 Jan 09, 13:06 |
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andré
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 Re: Petits poèmes érotiques.
Alphonse GALLAIS
LA CUISSE
Rosoyante et galbeuse au contour génial, La cuisse de la femme est l’étau du miracle, Dont chaque serrement, au sein du tabernacle, Pousse à son paroxysme un frisson idéal !
Elle est d'une souplesse étrange, et quand l'oracle A la péroraison* se meurt - au point final - Sa brûlure au rein souple étend, phénoménal, Le spasme aigu qui brise entier l'iconolâtre**...
A la douceur joignant la force merveilleuse, Ses pressements soudains, au seuil du frisson cher, Font vibrer tous les nerfs en la danse joyeuse...
Et c'est, sous des cris vifs que les baisers étouffent, L'Hymen sacré qui fait se croiser chaque touffe : Triomphal exclamé vers les cieux par la chair.
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| Mar 20 Jan 09, 11:08 |
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andré
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 Re: Petits poèmes érotiques.
François FABERT
LE SPHINX LESBIEN
Hautes, lourdes du cul, grassement tétonnées, Elles s'en vont indolemment, tous poils dehors, Et la maturité superbe de leurs corps Frissonne sous leurs mains longuement promenées.
La tiède nuit lunaire a bleui leur blancheur. Sur le bancc du rond-point, plus propice à la halte, Un désir les unit qui murmure et s'exalte, Préparant leur prurit d'un long baiser lécheur.
A les voir dans le vague éclat de la clairière, L'une dressant le torse et l'autre se courbant Croupe tendue, on imagine au bord du banc, Un beau monstre éperdu qui regarde en arrière.
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| Mer 21 Jan 09, 20:24 |
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 Re: Petits poèmes érotiques.
Arhur RIMBAUD
PREMIÈRE SOIRÉE
"- Elle était fort déshabillée Et de grands arbres indiscrets Aux vitres jetaient leur feuillée Malinement, tout près, tout près.
Assise sur ma grande chaise, Mi-nue, elle joignait les mains. Sur le plancher frissonnaient d'aise Ses petits pieds si fins, si fins
- Je regardai, couleur de cire Un petit rayon buissonnier Papillonner dans son sourire Et sur son sein, - mouche ou rosier
- Je baisai ses fines chevilles. Elle eut un doux rire brutal Qui s'égrenait en claires trilles, Un joli rire de cristal
Les petits pieds sous la chemise Se sauvèrent : "Veux-tu en finir !" - La première audace permise, Le rire feignait de punir !
- Pauvrets palpitants sous ma lèvre, Je baisai doucement ses yeux : - Elle jeta sa tête mièvre En arrière : "Oh ! c'est encor mieux !...
"Monsieur, j'ai deux mots à te dire..." - Je lui jetai le reste au sein Dans un baiser, qui la fit rire D'un bon rire qui voulait bien.....
- Elle était fort déshabillée Et de grands arbres indiscrets Aux vitres jetaient leur feuillée Malinement, tout près, tout près.
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| Jeu 22 Jan 09, 13:12 |
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andré
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 Re: Petits poèmes érotiques.
Edmond HARAUCOURT
LA LEGENDES DES SEXES
Avez-vous jamais vu le serpent que l'on chasse ? De droite à gauche, errant, affolé, tête basse, en avant, en arrière, il va sans savoir où. il s'élance ; il recule, il cherche ; il veut un trou, un asile où cacher sa fureur écumante. Il cherche : il ne voit rien, et son angoisse augmente. Mais lorsqu'il aperçoit l'abri qu'il a rêvé, il entre et ne sort plus - Adam avait trouvé !
Un cri, puis des soupirs : l'homme a compris la femme. Les deux corps enlacés semblaient n'avoir qu'une âme. Ils se serraient, ils se tordaient, ils bondissaient. Les chairs en feu frottaient les chairs, s'électrisaient.
Les veines se gonflaient. Les langues acérées cherchaient une morsure entre les dents serrées, des nerfs tendus et fous, des muscles contractés, des élans furieux, des bonds de volupté… Plus fort ! Plus vite ! Enfin, c'est la suprême étreinte, le frison convulsif….
Eve alanguie, éteinte, se pâme en un soupir et fléchit sur ses reins ! Ses yeux cherchent le ciel ; son coeur bat sous ses seins. Son beau corps souple, frêle, et blanc comme la neige,
s'arrondit, s'abandonne au bras qui la protège. Adam, heureux et las, se couche à son côté. Puis tous deux, lourds, le sein doucement agité comme s'ils écoutaient de tendres harmonies, rêvent, dans la langueur des voluptés finies.
Mais Eve : “Dieu, vois-tu, ne fait rien sans raison, Dieu fait bien ce qu'il fait… Viens là ! Recommençons…. ”
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| Sam 24 Jan 09, 11:19 |
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andré
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 Re: Petits poèmes érotiques.
Jean MORÉAS (1856-1910)
SENSUALITÉ
N'écoute plus l'archet plaintif qui se lamente Comme un ramier mourant le long des boulingrins ; Ne tente plus l'essor des rêves pérégrins Traînant des ailes d'or dans l'argile infamante.
Viens par ici : voici les féeriques décors, Dans du Sèvres les mets exquis dont tu te sèvres, Les coupes de Samos pour y tremper tes lèvres, Et les divans profonds pour reposer ton corps.
Viens par ici : voici l'ardente érubescence Des cheveux roux piqués de fleurs et de béryls, Les étangs des yeux pers, et les roses avrils Des croupes, et les lis des seins frottés d'essence
Viens humer le fumet et mordre à pleines dents A la banalité suave de la vie, Et dormir le sommeil de la bête assouvie, Dédaigneux des splendeurs des songes transcendants.
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| Dim 25 Jan 09, 12:24 |
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andré
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 Re: Petits poèmes érotiques.
Tristan CORBIÈRE
À L'ÉTERNEL MADAME
Mannequin idéal, tête-de-turc du leurre, Éternel Féminin !… repasse tes fichus ; Et viens sur mes genoux, quand je marquerai l’heure, Me montrer comme on fait chez vous, anges déchus.
Sois pire, et fais pour nous la joie à la malheure, Piaffe d’un pied léger dans les sentiers ardus. Damne-toi, pure idole ! et ris ! et chante ! et pleure, Amante ! Et meurs d’amour !… à nos moments perdus.
Fille de marbre ! en rut ! sois folâtre !… et pensive. Maîtresse, chair de moi ! fais-toi vierge et lascive … Féroce, sainte, et bête, en me cherchant un cœur…
Sois femelle de l’homme, et sers de Muse, ô femme, Quand le poète brame en Ame, en Lame, en Flamme ! Puis – quand il ronflera – viens baiser ton Vainqueur !
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| Lun 26 Jan 09, 19:12 |
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andré
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 Re: Petits poèmes érotiques.
Ernest D’HERVILLY
SUR LES BORDS DU SAUBAT
À Théophile Gautier
Ma maîtresse est très belle, et vaut cher ! Ses oreilles Pendantes sur son col ont des anneaux de fer; Ses dents sont d'un beau jaune; et ses lèvres pareilles Au fruit du jujubier, semblent embrasser l'air. Ses seins noirs et luisants, dressés sur sa poitrine, Ont l'air de deux moitiés d'un boulet de canon; Au coin de son nez plat, passé dans la narine, Pendille, et - c'est ma joie - un fragment de chaînon. Ses cheveux courts, tressés, ont l'aspect de la laine; Sa prunelle se meut, noire sur un fond blanc, Humide, transparent comme la porcelaine; Et son regard vous suit, placide, doux et lent. Ses membres sont ornés de bracelets de graines Eclatantes; elle a des joyaux plus coquets : Pour lui faire un manteau comme en portent les reines. J'ai tué dans les bois plus de cent perroquets ! Moi seul l'ai tatouée, et moi seul sur sa joue Ai peint en vermillon de bizarres oiseaux, Ou bien, à l'ocre jaune, une charmante roue. Chef grave, j'ai construit son ombrelle en roseaux ! Pour vos maigres tailleurs, j'ai gardé peu d'estime : La peau d'un buffle noir enveloppe mes reins, Et sur son cuir tanné j'inscris chaque victime De ma zagaie, où flotte une touffe de crins ! Notre couple effrayant en tous lieux a la vogue; On le cite à la danse, au festin, au combat; Nul ne sait mieux que nous conduire une pirogue Sur les flots encombrés de nasses du Saubat. Ma négresse est mon dieu ! je l'avoue à voix basse; Et, quand j'ai vendu deux défenses d'éléphant, Je lui verse du rhum à pleine calebasse; Et pendant qu'elle boit, je porte son enfant. Alors, je suis heureux ! Je hurle en vrai sauvage ! Mes trois colliers de dents rendent un son hideux ! Je bondis ! et mon cœur ne voit plus le rivage Où vit, en m'oubliant, une femme aux yeux bleus.
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| Mar 27 Jan 09, 10:24 |
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andré
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 Re: Petits poèmes érotiques.
Renée VIVIEN
LUCIDITÉ
L’art délicat du vice occupe tes loisirs, Et tu sais réveiller la chaleur des désirs Auxquels ton corps perfide et souple se dérobe. L’odeur du lit se mêle aux parfums de ta robe. Ton charme blond ressemble à la fadeur du miel. Tu n’aimes que le faux et l’artificiel, La musique des mots et des murmures mièvres. Ton baiser se détourne et glisse sur les lèvres. Tes yeux sont des hivers pâlement étoilés. Les deuils suivent tes pas en mornes défilés. Ton geste est un reflet, ta parole est une ombre. Ton corps s’est amolli sous des baisers sans nombre, Et ton âme est flétrie et ton corps est usé. Languissant et lascif, ton frôlement rusé Ignore la beauté loyale de l’étreinte. Tu mens comme l’on aime, et, sous ta douceur feinte, On sent le rampement du reptile attentif. Au fond de l’ombre, elle une mer sans récif, Les tombeaux sont encor moins impurs que ta couche… O Femme ! Je le sais, mais j’ai soif de ta bouche !
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| Mer 28 Jan 09, 12:36 |
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andré
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 Re: Petits poèmes érotiques.
Ernest D'HERVILLY
PUÉRILITÉ
Ô polkas ! - Je devins son esclave ordinaire Un soir de " sauterie ". " Amo, dis-je, ergo sum ! " Depuis lors, en l'honneur de cette pensionnaire, Tu fus fleuri de vers, Gradus-ad-Parnassum !
Une étoile daignait sourire au ver de terre !... Deux nattes frétillaient, châtaines, sur son dos. Un bonbon, une fleur, donnés avec mystère, Étaient pour nos coeurs neufs les plus tendres cadeaux.
Tandis qu'elle écorchait, avec foi, les sonates De quelque malheureux pianiste européen, Je baisais du regard ses lèvres incarnates ;
Et, parfois me baissant, - bonheur élyséen ! J'effleurais le ruban pommadé de ses nattes De ma bouche d'imberbe et maigre lycéen.
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| Jeu 29 Jan 09, 20:10 |
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andré
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 Re: Petits poèmes érotiques.
Renée VIVIEN
LE TOUCHER
Les arbres ont gardé du soleil dans leurs branches. Voilé comme une femme, évoquant l’autrefois, Le crépuscule passe en pleurant… Et mes doigts Suivent en frémissant la ligne de tes hanches. Mes doigts ingénieux s’attardent aux frissons De ta chair sous la robe aux douceurs de pétale… L’art du toucher, complexe et curieux, égale Les rêves des parfums, le miracle des sons. Je suis avec lenteur le contour de tes hanches, Tes épaules, ton col, tes seins inapaisés. Mon désir délicat se refuse aux baisers ; Il effleure et se pâme en des voluptés blanches.
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| Ven 30 Jan 09, 14:02 |
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