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 Petits poèmes érotiques. 
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Message Re: Petits poèmes érotiques.
Marc Papillon de LASPHRISE


Quand viendra l'heureux jour que je sacrifierai
Mon corps sur votre autel que saint DESIR dédie,
Que j'épendrai mon sang en mémoire infinie
D'avoir par une erreur si longtemps soupiré ?


Quand viendra l'heureux jour que je vous offrirai
Un bénit cierge ardent avec cérémonie,
Etant à deux genoux près de vous accomplie,
Afin d'avoir pitié de mon coeur martyrisé ?


Hé ! quand serai-je orné dans votre sacré temple,
Servant vos déités que dévot je contemple ?
Quand accepterez-vous ma chère oblation*,


Pour fidèle témoin de mes peines souffertes ?
Mais quand en recevant mes divines offertes
Aurai-je de vos mains la bénédiction ?


* offrande à Dieu


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Ven 20 Mar 09, 11:52
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Message Re: Petits poèmes érotiques.
Augusta Holmès (1847-1903)

SÉRÉNADE PRINTANIÈRE

Hier comme aujourd'hui, ce soir comme demain,
Je t'adore !
Quand je vois ton regard, quand je frôle ta main,
C'est l'aurore !
Qui donc nous avait dit que le monde est méchant,
Que l'on souffre,
Que la vie est un pont qui tremble, se penchant
Sur un gouffre ?
Où donc sont les ennuis, les erreurs, les dangers,
Les désastres ?
Avril gazouille et rit dans les tendres vergers
Fleuris d'astres !
Le sombre hiver a fui ; le radieux printemps
Nous délivre.
Viens mêler à mes pleurs tes baisers haletants ;
Je veux vivre !
Nos coeurs sont confondus, nos âmes pour toujours
Sont unies ;
Nous avons épelé le livre des amours
Infinies !
Et je ne vois plus rien que l'éclair de tes yeux
Pleins de fièvres...
Viens ! je veux soupirer les suprêmes aveux
Sur tes lèvres !...


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Sam 21 Mar 09, 12:34
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Message Re: Petits poèmes érotiques.
VictorHUGO

SARA LA BAIGNEUSE

Sara, belle d'indolence,
Se balance
Dans un hamac, au-dessus
Du bassin d'une fontaine
Toute pleine
D'eau puisée à l'Ilyssus;

Et la frêle escarpolette
Se reflète
Dans le transparent miroir,
Avec la baigneuse blanche
Qui se penche,
Qui se penche pour se voir.

Chaque fois que la nacelle,
Qui chancelle,
Passe à fleur d'eau dans son vol,
On voit sur l'eau qui s'agite
Sortir vite
Son beau pied et son beau col.

Elle bat d'un pied timide
L'onde humide
Où tremble un mouvant tableau,
Fait rougir son pied d'albâtre,
Et, folâtre,
Rit de la fraîcheur de l'eau.

Reste ici caché : demeure !
Dans une heure,
D'un œil ardent tu verras
Sortir du bain l'ingénue,
Toute nue,
Croisant ses mains sur ses bras.

Car c'est un astre qui brille
Qu'une fille
Qui sort d'un bain au flot clair,
Cherche s'il ne vient personne,
Et frissonne,
Toute mouillée au grand air.

Elle est là, sous la feuillée,
Éveillée
Au moindre bruit de malheur;
Et rouge, pour une mouche
Qui la touche,
Comme une grenade en fleur.

On voit tout ce que dérobe
Voile ou robe;
Dans ses yeux d'azur en feu,
Son regard que rien ne voile
Est l'étoile
Qui brille au fond d'un ciel bleu.

L'eau sur son corps qu'elle essuie
Roule en pluie,
Comme sur un peuplier;
Comme si, gouttes à gouttes,
Tombaient toutes
Les perles de son collier.

Mais Sara la nonchalante
Est bien lente
A finir ses doux ébats;
Toujours elle se balance
En silence,
Et va murmurant tout bas

« Oh ! si j'étais capitane,
Ou sultane,
Je prendrais des bains ambrés,
Dans un bain de marbre jaune,
Près d'un trône,
Entre deux griffons dorés !

« J 'aurais le hamac de soie
Qui se ploie
Sous le corps prêt à pâmer;
J'aurais la molle ottomane
Dont émane un parfum qui fait aimer.

« Je pourrais folâtrer nue,
Sous la nue,
Dans le ruisseau du jardin,
Sans craindre de voir dans l'ombre
Du bois sombre
Deux yeux s'allumer soudain.

« Il faudrait risquer sa tête
Inquiète,
Et tout braver pour me voir,
Le sabre nu de l'heiduque,
Et l'eunuque
Aux dents blanches, au front noir !

« Puis, je pourrais, sans qu'on presse
Ma paresse,
Laisser avec mes habits
Traîner sur les larges dalles
Mes sandales
De drap brodé de rubis. »

Ainsi se parle en princesse,
Et sans cesse
Se balance avec amour,
La jeune fille rieuse,
Oublieuse
Des promptes ailes du jour.

L'eau, du pied de la baigneuse
Peu soigneuse,
Rejaillit sur le gazon,
Sur sa chemise plissée,
Balancée
Aux branches d'un vert buisson.

Et cependant des campagnes
Ses compagnes
Prennent toutes le chemin.
Voici leur troupe frivole
Qui s'envole
En se tenant par la main.

Chacune, en chantant comme elle,
Passe, et mêle
Ce reproche à sa chanson :
Oh ! la paresseuse fille
Qui s'habille
Si tard un jour de moisson !


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Dim 22 Mar 09, 11:57
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Message Re: Petits poèmes érotiques.
Guillaume de LORIS

LE ROMAN DE LA ROSE

Elle était blanche comme un lys,
Le teint, le front clairs et polis,
La chair tendre comme rosée
Et simple comme une épousée:
Taille grêle, ensemble charmant,
Sans fard et sans déguisement,
Car elle n'avait, je vous jure,
Besoin d'atours ni de parure.
Ses blonds cheveux étaient si longs
Qu'ils venaient battre ses talons,
Bien faits son nez, ses yeux, sa bouche.
Moult grand' douceur au coeur me touche
(M'assiste Dieu!) quand je revois
Tous ses charmes comme autrefois!
N'était si belle femme au monde!
Bref, elle était jeunette et blonde,
Au regard doux, sade et plaisant,
Au corps rondelet, svelte et gent.


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Lun 23 Mar 09, 9:25
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Message Re: Petits poèmes érotiques.
Guillaume De CABESTAN

Le jour que je vous vis, Dame, pour la première fois,
Quand il vous plut de me laisser vous voir,
Tout mon coeur quitta autres pensées,
Et fut ferme en vous tout mon vouloir :
Ainsi vous m'avez mis, Dame, au coeur le désir
Avec un doux sourire et un simple regard ;
Moi-même et tout ce qui existe me fîtes oublier.

Car la grande beauté et la conversation avenante
Et le dit courtois et l'amoureux plaisir
Que vous me sûtes faire dérobèrent si bien le sens
Que depuis lors, Dame, je ne puis l'avoir ;
A vous l'octroie, à qui mon fidèle coeur crie merci
Pour exalter votre prix et l'honorer ;
A vous je me rends, que mieux on ne peut aimer.

Car je vous aime, Dame, si fidèlement
Qu'une autre aimer, Amour ne me donne pouvoir,
Mais il me permet ue je courtise une autre gentiment,
Par qui je crois de moi la cruelle douleur écarter ;
Puis quand je pense à vous qui me donnez la joie,
Tout autre amour j'oublie et abandonne,
Avec vous je reste, qui m'êtes au coeur plus chère.

Et qu'il vous souvienne, s'il vous plait, de la bonne promesse
Que vous me fîtes lors de la séparation,
Dont j'ai le coeur jusqu'ici gai et joyeux
Pour la bonne attente que me mandez de garder :
J'en ai grande joie quoique le mal s'aggrave,
Et j'en urai, quand il vous plaira, encore,
Bonne Dame, car je vis dans l'espoir.

Et nulle souffrance ne me donne épouvante,
Pourvu que je croie dans ma vie en avoir
De vous, Dame, quelque récompense ;
Mais les souffrances me font joie et plaisir
Pour cela seulement que, je le sais, Amour assure,
Que fidèle amant doit à grands torts pardonner
Et subir gentiment les souffrances pour gagner.

Ah ! si elle venait, Dame, l’heure où je voie
Que par pitié me veuilliez tant honorer
Que seulement ami me daigniez appeler.


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Mar 24 Mar 09, 13:02
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Message Re: Petits poèmes érotiques.
Jean LORRAIN

KYTHERÉ

Droite et foulant aux pieds des croupes de dauphins,
Kytheré, fille amère en trahisons féconde,
Secoue en perles d'or et de sang sur le monde
Sa toison d'astre en feu qu'elle étreint à deux mains ;

Et de sa nuque fauve à ses aisselles blondes
Ses cheveux roux, tordus entre ses doigts divins,
Couleut en ruisseaux d'or sur ses hanches profondes,
Allumant des clartés aux pointes de ses seins.

Debout dans la splendeur de ses cheveux d'aurore,
La fille amère rit et son rire sonore
De rut et de folie embrase l'univers ;

Et tandis qu'elle rit, montrant ses dents de nacre,
Des soudaines rougeurs de meurtre et de massacre
Montent, comme une flamme, au fond de ses yeux verts.


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Mer 25 Mar 09, 13:56
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Message Re: Petits poèmes érotiques.
François De LOUVENCOURT

O sein plus blanc que ne sont ces oiseaux
Qui vont chantant sur les bords de Méandre,
Beau sein pour qui je trouve que Léandre
Eu bien cent fois retraversé les eaux.

Oeil plus flammeux que ces astres jumeaux
Qu'on voit leurs rais si clairement étendre ;
Bel oeil, vrai nid où mille Amours nouveaux
Tous les matins vont leur naissance prendre.

Et vous tétons fermement arrondis :
Si je n'avais les doigts tant engourdis,
Si je pouvais chanter ainsi qu'Homère,

Sein, tu serais un pur étang de lait,
Oeil un soleil, et toi, mont jumelet,
Un vrai Parnasse au mignon de Cythère.


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Jeu 26 Mar 09, 12:58
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Message Re: Petits poèmes érotiques.
André CHENIER

L'AMOUR ET LE BERGER

Loin des bords trop fleuris de Gnide et de Paphos,
Effrayé d'un bonheur ennemi du repos,
J'allais, nouveau pasteur, aux champs de Syracuse
Invoquer dans mes vers la nymphe d'Aréthuse,
Lorsque Vénus, du haut des célestes lambris,
Sans armes, sans carquois, vint m'amener son fils.
Tous deux ils souriaient : " Tiens, berger, me dit-elle,
Je te laisse mon fils, sois son guide fidèle ;
Des champêtres douceurs instruis ses jeunes ans ;
Montre-lui la sagesse, elle habite les champs. "
Elle fuit. Moi, crédule à cette voix perfide,
J'appelle près de moi l'enfant doux et timide.
Je lui dis nos plaisirs et la paix des hameaux ;
Un dieu même au Pénée abreuvant des troupeaux ;
Bacchus et les moissons ; quel dieu, sur le Ménale,
Forma de neuf roseaux une flûte inégale.
Mais lui, sans écouter mes rustiques leçons,
M'apprenait à son tour d'amoureuses chansons :
La douceur d'un baiser et l'empire des belles ;
Tout l'Olympe soumis à des beautés mortelles ;
Des flammes de Vénus Pluton même animé ;
Et le plaisir divin d'aimer et d'être aimé.
Que ses chants étaient doux ! je m'y laissai surprendre.
Mon âme ne pouvait se lasser de l'entendre.
Tous mes préceptes vains, bannis de mon esprit,
Pour jamais firent place à tout ce qu'il m'apprit.
Il connaît sa victoire, et sa bouche embaumée
Verse un miel amoureux sur ma bouche pâmée.
Il coula dans mon cœur ; et, de cet heureux jour,
Et ma bouche et mon coeur n'ont respiré qu'amour.


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Ven 27 Mar 09, 21:34
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Message Re: Petits poèmes érotiques.
Monsieur André, bonsoir et merci pour ces douces et chaudes lectures.

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Ven 27 Mar 09, 22:51
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Message Re: Petits poèmes érotiques.
pascale a écrit:
Monsieur André, bonsoir et merci pour ces douces et chaudes lectures.


Je me suis toujours refusé à l'image de cette poésie rébarbative dans laquelle on a trop tendance à la situer. Mettre l'humour dans la poésie ou un brin de gaillardise permet de se rendre compte qu'elle est une littérature à part entière, et que tous ces "morceaux" qu'on ne nous apprend pas à l'école, bien entendu, grace au Net, peut lui redonner une seconde jeunesse, et, qui sait, peut être à la faire apprécier et aimer aussi davantage.

Un grand merci pour cet encouragement qui m'a beaucoup touché.

Excellent week-end. Et ma plus chaleureuse amitié poétique.

ANDRÉ

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Sam 28 Mar 09, 13:35
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Message Re: Petits poèmes érotiques.
MALLEVILLE

LA BELLE MATINEUSE

Le silence régnait sur la terre et sur l'onde ;
L'air devenait serein et l'Olympe vermeil,
Et l'amoureux Zéphyre affranchi du sommeil
Ressuscitait les fleurs d'une haleine féconde.

L'Aurore déployait l'or de sa tresse blonde
Et semait de rubis le chemin du Soleil ;
Enfin ce dieu venait au plus grand appareil
Qu'il soit jamais venu pour éclairer le monde,

Quand la jeune Philis au visage riant,
Sortant de son palais plus clair que l'Orient,
Fit voir une lumière et plus vive et plus belle.

Sacré flambeau du jour, n'en soyez point jaloux !
Vous parûtes alors aussi peu devant elle
Que les feux de la nuit avaient fait devant vous.


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Sam 28 Mar 09, 13:35
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Message Re: Petits poèmes érotiques.
Antoine De TORCHE (1635-1675)

Depuis cet heureux jour que vous futes ma femme,
Et que l'amour conclut un hymen entre nous,
Je sens je ne sais quoi dans l'âme
Qui me fait soupirer comme un mari jaloux.

Mais, charmante beauté dont mon âme est ravie,
En goûtant les plaisirs d'un commerce innocent,
Qu'il ne vous prenne point envie
De vous plaindre de moi comme d'un impuissant.

Si vous ne recevez qu'une joie imparfaite,
Je sais former des vœux pour vos charmans appas,
Et pour vous rendre satisfaite,
Je voudrais bien avoir ce que vous n'avez pas.

En esprit, en attraits, en mérite, en naissance,
Il est bon avec vous d'avoir tous ces rapports,
Ici le trop de ressemblance
Arrête nos desseins, et nos plus doux transports.

Pour trop vous ressembler, bien souhait je murmure
Ressembler car pour combler de biens notre société,
Il eut fallu que la Nature
Eut mis entre nous deux quelque inégalité.

Privez de doux plaisirs que l'Hymen se propose,
Nous allons endurer un tourment sans égal ;
Et sans une métamorphose,
Ma foi, je ne voy point de remède à ce mal.


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Lun 30 Mar 09, 12:05
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Message Re: Petits poèmes érotiques.
Jean RICHEPIN

TU DORS… ?

Tu dors ? Ce n'est pas vrai, folle, tu fais semblant
Tu sais bien que ton corps est plus rose et plus blanc
Quand il se laisse aller à cette nonchalance
Dans le hamac de soie où ma main te balance,
Tu sais que la langueur tranquille du sommeil
Te rend la peau plus fraîche et le sang plus vermeil,
Et que tes deux tétins, tandis que tu reposes,
Sont deux bouquets de lis et deux boutons de roses ;
Tu sais que tous ces fruits dont ta chair me régale,
Je ne puis les flairer sans avoir la fringale ;
Car tu sens mon désir dont le regard flamboie
Planer sur ton sommeil comme un oiseau de proie.


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Mar 31 Mar 09, 11:08
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Message Re: Petits poèmes érotiques.
Théophile GAUTIER

À BOURGUEREAU

Dans un bosquet plein de mystère
La Baigneuse de Bouguereau,
Posant comme pour un clystère,
Montre son c.. au bord de l’eau.

L’attitude n'est pas vulgaire ;
Elle développe un contour
Commode pour l’apothicaire
Et plus commode pour l’Amour !


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Mer 01 Avr 09, 10:41
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Message Re: Petits poèmes érotiques.
Jean RICHEPIN

DECLARATION

L'amour que je sens, l'amour qui me cuit,
Ce n'est pas l'amour chaste et platonique,
Sorbet à la neige avec un biscuit ;
C'est l'amour de chair, c'est un plat tonique.

Ce n'est pas l'amour des blondins pâlots
Dont le rêve flotte au ciel des estampes.
C'est l'amour qui rit parmi des sanglots
Et frappe à coups drus l'enclume des tempes.

C'est l'amour brûlant comme un feu grégeois.
C'est l'amour féroce et l'amour solide.
Surtout ce n'est pas l'amour des bourgeois.
Amour de bourgeois, jardin d'invalide.

Ce n'est pas non plus l'amour de roman,
Faux, prétentieux, avec une glose
De si, de pourquoi, de mais, de comment.
C'est l'amour tout simple et pas autre chose.

C'est l'amour vivant. C'est l'amour humain.
Je serai sincère et tu seras folle,
Mon coeur sur ton coeur, ma main dans ta main.
Et cela vaut mieux que leur faribole !

C'est l'amour puissant. C'est l'amour vermeil.
Je serai le flot, tu seras la dune.
Tu seras la terre, et moi le soleil.
Et cela vaut mieux que leur clair de lune !





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Jeu 02 Avr 09, 12:25
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Message Re: Petits poèmes érotiques.
Lucie DELARUE-MARDRUS

PORTRAIT

Une clarté blanche en des habits sombres,
Des traits durs raillés par une douceur
D'yeux bleus, de cheveux presque sans couleur,
Ma garce blonde,

Des ordres jetés d'une voix de songe,
Une ouche fraîche au rire rouillé,
Un regard pervers mais jamais souillé
Par le mensonge,

Au rythme dansant de hanches flexibles
Un vice natif qui pleure et qui rit,
Impudique rêve et dernier grand cri
Vers l'impossible,

Un désir tout prêt pour toutes les belles
Ne pouvant finir qu'en se contentant,
Vérité d'un coeur qui, d'être inconstant,
Est seul fidèle,

Une coupe froide en laquelle abonde
Tout ce vin brûlant d'intime anarchie,
- Ma joie et mon mal, ma mort et ma vie,
Ma garce blonde !


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Ven 03 Avr 09, 10:39
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Message Re: Petits poèmes érotiques.
Jean RICHEPIN

AU THEÂTRE

Nous n'étions pas au fond d'une baignoire obscure,
Mais en pleine avant-scène. Oh ! J'ai mal conservé
Dans ma mémoire si l'on jouait de l'herVé
ou du Donizetti : je n'en avais pas cure.

Nous nous tenions la main. Je sentais la piqûre
Du désir s'enfoncer dans mon coeur énervé ;
Et le désir croissait, de se voir observé.
Oh ! L'âpre volupté que le danger procure !

Nous aurions pu si bien nous embrasser chez nous,
Où j'aurais mis ton corps tout nu sur mes genoux
Pour te porter au lit comme un enfant qu'on couche.

Mais ici, c'était fou ! Tous ces yeux à l'entour !
Soudain je fis claquer mon baiser sur ta bouche,
Et ce baiser valait toute une nuit d'amour.


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Sam 04 Avr 09, 10:18
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Message Re: Petits poèmes érotiques.
Michel-Nicolas BALISSON, Baron de ROUGEMONT (1781-1840)

LES BAISERS

Hier, je pinçais de la guitare.
Mon cousin admirait ma main ;
Pour la baiser il s'en empare ;
Moi, je la retire soudain.
En fille sage et bien apprise,
J'ai toujours cet avis présent,
Qu'il faut, de peur d'une surprise,
Savoir se retirer avant.

Mon cousin fit un peu la moue;
Puis, en se levant brusquement,
Il m'appliqua sur chaque joue
Deux baisers un peu lestement
Je fis semblant d'être sévère
Et, sachant à propos rougir,
Je lui montrai de la colère
Afin de cacher mon plaisir.

On eût dit, à mon air farouche,
Que rien ne pouvait m'apaiser,
Lorsqu'Armand me ferme la bouche
En la couvrant d'un long baiser.
C'est bien à tort que l'on répète
Que notre sexe aime à jaser ;
Je resterais cent ans muette
Au prix d'un semblable baiser.

En jouant, mon fichu s'envole,
Et mon cousin, fort peu décent,
Reste tout debout et se colle
Sur deux jumeaux qui n'ont qu'un an.
De mon corps une douce flamme
Embrasa le plus petit coin ;
Je n'aurais pas cru, sur mon âme,
Qu'un baiser pût aller si loin.

Le soir, vêtue à la légère,
Et quoiqu'il fît un peu de vent,
Je m'endormis sur la fougère ;
J'y fus surprise par Armand.
Hélas ! dans ce lieu solitaire,
Le fripon, en déterminé,
Me donne un baiser où mon père
Ne m'en avait jamais donné.

Pour échapper au téméraire,
Le lendemain, dans le vallon,
Je dormis les yeux, contre terre
Et les deux mains dessus mon front.
Je ris en le voyant paraître
Et je crus son espoir déçu...
Il s'approche, il me prend, le traître !...
Par bonheur, je n'en ai rien vu.

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Dim 05 Avr 09, 9:07
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Message Re: Petits poèmes érotiques.
Jean RICHEPIN

Tes paroles ont des musiques cristallines.
Rien qu'à les écouter, que de fois j'ai joui !
Je pâme, les yeux clos, et presque évanoui,
Quand, pour me parler bas, dans le cou, tu t'inclines.

Ce n'est pas de ton souffle embaumant les pralines
Que je me grise alors ; c'est du ton inouï
Que tu mets dans un mot quelconque un simple oui.
Ta bouche a des façons de prononcer câlines.

Voilà ce qui me fait tous les sens engourdis.
Je t'écoute, mais sans savoir ce que tu dis,
Comme si tu parlais une langue inconnue ;

Je me laisse couler dans l'extase ; et je sens
Une invisible main passer sur ma peau nue,
Car tes paroles mêmes ont des doigts caressants.


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Lun 06 Avr 09, 13:41
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Message Re: Petits poèmes érotiques.
Marie-Catherine DESJARDINS de VILLEDIEU (1632-1683)

JOUISSANCE

Aujourd'hui dans tes bras j'ai demeuré pâmée,
Aujourd'hui, cher Tirsis, ton amoureuse ardeur
Triomphe impunément de toute ma pudeur
Et je cède aux transports dont mon âme est charmée.

Ta flamme et ton respect m'ont enfin désarmée ;
Dans nos embrassements, je mets tout mon bonheur
Et je ne connais plus de vertu ni d'honneur
Puisque j'aime Tirsis et que j'en suis aimée.

O vous, faibles esprits, qui ne connaissez pas
Les plaisirs les plus doux que l'on goûte ici-bas,
Apprenez les transports dont mon âme est ravie !

Une douce langueur m'ôte le sentiment,
Je meurs entre les bras de mon fidèle Amant,
Et c'est dans cette mort que je trouve la vie.



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Mar 07 Avr 09, 13:27
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Message Re: Petits poèmes érotiques.
Jean RICHEPIN

UNE FANTAISIE

C'est toi qui l'as voulu. Tu faisais ton devoir
De femme curieuse, et ton désir de voir
Etait si fort que j'ai cédé, petite folle.
Comme un saint fatigué du poids de l'auréole
Qui voudrait dans l'enfer se promener un peu,
Comme un enfant gâté qui joue avec le feu,
Il te plaisait d'entrer au coeur de la fournaise
Où le Paris viveur fait la noce à son aise
Et c'est pourquoi je t'ai conduite sans ennui,
Dans un de ces cafés ouverts toute la nuit,
Où rôde sur le gras velours d'une banquette
La Prostitution comme une chienne en quête.
Le gaz, le ruolz (1) clair, les cristaux découpés,
Mêlaient leurs flamboiements aux fumets des soupers ;
Tout chantait, les baisers, le champagne, la soie,
Les bijoux, les louis ; et tu connus la joie
D'être servie, au bruit grisant du bacchanal (2)
Par un garçon pressé, bouffi, glabre et banal.
Quelle drôle de chose est une Parisienne !
Dans ce milieu nouveau tu semblais une ancienne.
Avec un tact exquis tu t'étais sans façon,
Pour ne pas détonner, mise au diapason,
Malgré le luxe moins voyant de ta toilette,
Malgré l'enroulement d'une chaste violette,
Et le bon goût des fleurs qui semaient ton chapeau,
Tu sentais la débauche et portais à la peau ;
Si bien qu'en te voyant les coudes sur la table,
Rieuse, le tient chaud et l'air peu respectable,
J'ai mené notre amour, les prunelles en feu,
Achever le dessert dans un cabinet bleu.



(1) alliage de métaux
(2) tapage festif - emprunté au latin bacchanal : "lieu où l'on célèbre les mystères de Bacchus"



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Mer 08 Avr 09, 11:09
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Message Re: Petits poèmes érotiques.
Pierre TOURNEMINE

THOMAS ET LISETTE

Piron plus gai que délicat,
Sans nul préliminaire,
Dit partout qu'un chat est un chat.
Moi, je suis plus sévère.
Souvent un seul mot
En dit beaucoup trop;
Mais qu'un gaze fine,
Sans cacher les traits,
Voile les portraits,
Le reste se devine.

Lisette aimait le beau Thomas,
La chose est naturelle.
Thomas était joli garçon, avait su lui plaire;
Mais, sages tous deux,
Chacun sent fort bien
Que, chez leurs pèr's et mères,
Ils ne pouvaient pas,
Par rapport aux mœurs...
Le reste se devine.

Cependant, suivez-bien le fil
De cette triste histoire.
Thomas, revenant du hameau,
Aux champs surprit Lisette.
Soudain, chapeau bas
Et fort poliment,
Il lui tint ce langage:
"M'aimes-tu toujours?"
Lisette dit: "Oui."
Le reste se devine.

Ils avaient fort longtemps bavardé
Sur la verte fougère
Et l'eau qui tomba par torrents
Les surprit dans la plaine.
Lors, pour mieux courir,
Lisette troussa
Ses jupons et sa robe;
Puis, prenant la main
De l'heureux berger,
Le reste se devine.

Il n'était pas encor très tard,
Ce qui fut bientôt cause
Que, lorsque la belle rentra,
Ses parents l'aperçurent.
Las! en quel état
L'amoureux Thomas
Avait-il mis la belle!
Son œil était vif,
Son cœur était gros,
Le reste se devine.

Après avoir examiné
La tremblante bergère,
Sa mère lui dit: "Se peut-il?
Il n'est donc plus de doute?
Vos bas sont salis,
Vos jupons fripés,
Votre marche est gênée,
Vos yeux sont brillants,
Votre dos est vert...
Le reste se devine"

La fillette allait s'excuser
Quand le père, en colère,
Se lève de contre le feu
Et dit, cassant sa pipe:
"Ah! je n'y tiens plus.
C'est un peu trop fort!
Sors d'ici, malheureuse"
Puis, armant son bras
D'un manche à balai,
Le reste se devine.

Sans se le faire répéter,
La tremblante bergère,
Au troisième coup de balai,
S'enfuit à toutes jambes.
Dans son désespoir,
Passant sur un pont
Elle eut assez de force
Pour prier le ciel;
Et, du parapet,...
Le reste se devine.

Dieu l'écouta probablement
Puisque, par un miracle,
Thomas se trouvait près du pont
Qui pêchait à la ligne.
La voyant tomber,
Plus prompt que l'éclair.
Il se jette et fend l'onde.
Saisit son jupon
Et, par ce moyen,...
Le reste se devine.

Les parents sentirent alors
Qu'à moins d'être fort bêtes
Ils devaient unir les amants
Si bien faits l'un pour l'autre.
Bientôt le curé
Les unit tous deux
Et, la noce étant faite,
Les nouveaux époux
Furent se coucher...
Le reste se devine.

Amis, si vous êtes contents
De cette chansonnette,
Si vous vous êtes attendris
Sur cet amoureux couple,
Prouvez-le gaîment
Et qu'ici, ce soir,
Retroussant tous vos manches,
De suite et d'accord,
Elevant vos bras...
Le reste se devine.


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Jeu 09 Avr 09, 12:45
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Message Re: Petits poèmes érotiques.
VOLTAIRE

L’ABBE DESFONTAINES ET LE RAMONEUR

Un ramoneur à face basanée,
Le fer en main, les yeux ceints d'un bandeau,
S'allait glissant dans une cheminée,
Quand de Sodome un antique bédeau,
Qui pour l'Amour prenait ce jouvenceau,
Vint endosser son échine inclinée.
L'Amour cria ; le quartier accourut.
On verbalise, et Des Fontaines en rut,
Est encagé dans le clos de Bicêtre.
On vous le lie, on le fait dépouiller.
Un bras nerveux se complaît d'étriller
Le lourd fessier du sodomite prêtre,
Filles riaient, et le cuistre écorché
Criait : " Monsieur, pour Dieu soyez touché ;
Lisez de grâce et mes vers et ma prose. "
Le fesseur lut, et soudain plus fâché,
Du renégat il redoubla la dose ;
Vingt coups de fouet pour son vilain péché,
Et trente en sus pour l'ennui qu'il nous cause.



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Ven 10 Avr 09, 10:45
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Message Re: Petits poèmes érotiques.
Evariste de Forges de PARNY (1753-1814)

LE LENDEMAIN

" Enfin, ma chère Eléonore,
Tu l'as connu ce péché si charmant.
Que tu craignais même en le désirant :
En le goûtant, tu le craignais encore.
Eh bien, dis-moi, qu'a-t-il de si effrayant?
Que laisse-t-il après lui dans ton âme?
Un léger trouble, un tendre souvenir,
L'étonnement de sa nouvelle flamme,
Un doux regret, et surtout un désir "


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Sam 11 Avr 09, 11:37
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Message Re: Petits poèmes érotiques.
Théophile GAUTIER (1811-1872)

UN JOUR

Un jour, au doux rêveur qui l'aime,
En train de montrer ses trésors,
Elle voulut lire un poème,
Le poème de son beau corps.

D'abord, superbe et triomphante
Elle vint en grand apparat,
Traînant avec des airs d'infante
Un flot de velours nacarat :

Telle qu'au rebord de sa loge
Elle brille aux Italiens,
Ecoutant passer son éloge
Dans les chants des musiciens.

Ensuite, en sa verve d'artiste,
Laissant tomber l'épais velours,
Dans un nuage de batiste
Elle ébaucha ses fiers contours.

Glissant de l'épaule à la hanche,
La chemise aux plis nonchalants,
Comme une tourterelle blanche
Vint s'abattre sur ses pieds blancs.

Pour Apelle ou pour Cléomène,
Elle semblait, marbre de chair,
En Vénus Anadyomène
Poser nue au bord de la mer.

De grosses perles de Venise
Roulaient au lieu de gouttes d'eau,
Grains laiteux qu'un rayon irise,
Sur le frais satin de sa peau.

Oh ! quelles ravissantes choses,
Dans sa divine nudité,
Avec les strophes de ses poses,
Chantait cet hymne de beauté !

Comme les flots baisant le sable
Sous la lune aux tremblants rayons,
Sa grâce était intarissable
En molles ondulations.

Mais bientôt, lasse d'art antique,
De Phidias et de Vénus,
Dans une autre stance plastique
Elle groupe ses charmes nus.

Sur un tapis de Cachemire,
C'est la sultane du sérail,
Riant au miroir qui l'admire
Avec un rire de corail ;

La Géorgienne indolente,
Avec son souple narguilhé,
Etalant sa hanche opulente,
Un pied sous l'autre replié.

Et comme l'odalisque d'Ingres,
De ses reins cambrant les rondeurs
En dépit des vertus malingres,
En dépit des maigres pudeurs !

Paresseuse odalisque, arrière !
Voici le tableau dans son jour,
Le diamant dans sa lumière ;
Voici la beauté dans l'amour !

Sa tête penche et se renverse
Haletante, dressant les seins,
Aux bras du rêve qui la berce,
Elle tombe sur ses coussins.

Ses paupières battent des ailes
Sur leurs globes d'argent bruni,
Et l'on voit monter ses prunelles
Dans la nacre de l'infini.

D'un linceul de point d'Angleterre
Que l'on recouvre sa beauté :
L'extase l'a prise à la terre ;
Elle est morte de volupté !

Que les violettes de Parme,
Au lieu des tristes fleurs des morts
Où chaque perle est une larme,
Pleurent en bouquets sur son corps !

Et que mollement on la pose
Sur son lit, tombeau blanc et doux,
Où le poète, à la nuit close,
Ira prier à deux genoux.


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Dim 12 Avr 09, 9:53
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